Compte-rendus

Compte-rendu de la réunion du Conseil d’Administration du 2 juin 2020

Présents : René-Augustin BOUGOURD, Robert HALIFAX, Christian BAUSSON, Jean-Louis SOLBES, Daniel QUEMENER, Stéphane SCHURCK, Jean-Louis KARKIDES

Excusée : Évelyne BLAZA

Démissionnaire : Chantal WOLLBERG

Ordre du jour : s’agissant d’une réunion de reprise, il n’y avait pas d’ordre du jour.

La coupure de trois mois et le résultat des élections nous ont amenés à faire un rapide bilan de notre action.

Le bureau estime que l’association a rempli sa mission d’information sur l’état du cadre de vie et les projets urbains passés et à venir.

Concernant l’information des Aulnaysiens, l’annonce de la prochaine parution d’une gazette mensuelle par l’équipe « Aulnay plus fière, plus forte » nous est apparu comme une bonne chose, en permettant à la population qui ne consulte pas les blogs de disposer d’une source différente de celle du bulletin municipal. Aulnay Environnement pourrait y publier des articles, en complément de la parution sur notre site et sur les blogs. 

L’Assemblé Générale est reportée à la rentrée. La date dépendra de l’évolution de la situation sanitaire.

La place Abrioux :

En période de chaleur comme celle qui a marqué le mois de mai, la place mérite une appellation nouvelle : « place du cagnard d’enfer ». Aulnay Environnement a suffisamment alerté la municipalité sur l’effet « point chaud » que la disparition des grands arbres et la création d’une surface hyper réfléchissante allait créer. Pour mesurer cet effet, décision est prise de faire un suivi photographique des usagers de la place cherchant les rares zones un peu ombragées, de même qu’un relevé comparatif des températures au sol entre la place et le parc Dumont afin d’en faire un bilan mensuel.

Le projet immobilier Allée des Charmilles

Stéphane Schurck, riverain a pris contact avec la personne qui nous avait alertés via notre site. Un groupe de riverains a adressé une lettre au maire dont Stéphane nous communiquera le fichier afin que nous en relayions l’essentiel sur le site et les blogs.

Immeuble Eiffel

Il nous semble que l’immeuble contrevient à certaines règles du PLU, avec augmentation d’un étage (qui n’est pas en retrait) et sans doute de la hauteur totale. Dans l’ensemble il entraîne une nette dégradation du cadre de vie des riverains. Nous devons nous en servir comme exemple de ce que le même promoteur risque fort de commettre bientôt dans le vaste ilot situé sur la face ouest de la place de la gare.

La Charte de l’arbre

Nous avions refusé de participer aux travaux de préparation de cette Charte, qui s’inscrivait dans une période de propagande électorale. Nous allons à présent relancer Mme Luca, responsable des espaces verts pour savoir si le projet est toujours d’actualité. Notre position fondamentale est que ce document ne doit pas seulement concerner le patrimoine municipal, mais tout autant le patrimoine privé, encore mis à mal ces derniers par de nouveaux propriétaires, avenue Vercingétorix, des Pavillons, et rue de Dijon, entre autres.

Si le projet de Charte perdure, il s’agit d’une fenêtre d’opportunité qui justifie une relance auprès de M. Feterman, des l’association ARBRES, un contact auquel nous n’avions pas donné suite, conscients de l’indifférence de la municipalité à ces aspects environnementaux.

Le site PSA

À une réunion du SAGE, Robert Halifax a eu connaissance de l’éventualité de l’implantation d’un site SEVESO sur le site PSA, ce qui serait conforme à une annonce du Maire laissant penser que la municipalité aurait comme priorité d’attirer des industries sur le site. Affaire à suivre, après étude du dossier communiqué par Robert.

La circulation douce

JL Solbès, cycliste confirmé est chargé de ce dossier, en prenant contact avec les associations.

Fin de la réunion : 20 h 00 

Prochaine réunion du bureau   Mardi  30 juin 2020 chez Stéphane Schurck, horaire à définir.  

Place Abrioux

Réponse à la Lettre de Monsieur SOUMY 07/02/2020

M. SOUMY

Direction des Services Techniques

Mairie d’Aulnay-sous-Bois

Monsieur le Directeur,

Nous avons bien reçu votre lettre du 23 janvier, et nous sommes au regret de vous dire que sans doute délibérément, vous ignorez le sens des mots. Vous prétendez que nous apportons « une nouvelle fois » de la « désinformation auprès des Aulnaysiens ».

Relisez, je vous prie,  le texte publié sur les blogs aulnaysiens. Nous avons bien pris soin d’user de la plus grande prudence : « il n’est pas sûr », « des bruits courent » « on est très tenté de prêter foi à ces rumeurs ». Et dans le 6e paragraphe, nous attendons qu’on nous fournisse une explication.

Sans doute allez-vous nous répondre qu’avant de poser la question sur les blogs, nous aurions dû vous écrire  pour demander une explication. Mais pas du tout, M. Soumy ! C’était à vous de prendre les devants. Par vous, j’entends l’équipe municipale et son chef, car nous le savons, rien ne se fait à Aulnay qui ne découle directement de la volonté du Maire. C’était à vous d’aller au-devant des inquiétudes et des questionnements de la population. Car les responsables de l’action municipale et leurs exécutants ne sont pas de droit divin : ils sont au service de la population. Être au service, cela signifie être à son écoute, tout simplement la respecter.

Vous devez savoir que l’inondation est une hantise pour les Aulnaysiens, véritablement traumatisés par des décennies d’irruption des eaux dans leurs sous-sols. Vous me direz peut-être que vous savez ce qu’est une inondation, mais dans ce cas vous n’en seriez que plus coupable d’absence d’empathie. Vous devez pouvoir comprendre que pour nous, toucher à la nappe phréatique est hautement anxiogène. Aulnay Environnement étant l’héritière d’une « Association des inondés », nous sommes parfaitement dans notre rôle, nous aurions dû être dès le début des interlocuteurs privilégiés.

Le problème, c’est que tout le projet de l’ex-place Camélinat a été un acte de violence continue contre les habitants. Sans consulter personne, on a débaptisé la place,  on a lancé le projet de parking souterrain sans jamais prendre au sérieux une proposition alternative qui n’aurait pas risqué de perturber les équilibres du sous-sol, on a arraché des arbres centenaires en dépit d’une pétition qui a recueilli des centaines de signatures, et pour toute information (je ne parle pas de la propagande sur le bulletin municipal), on a organisé une réunion dans un restaurant, sur invitation ! Mais comment pouvez-vous protester contre ce que vous appelez de la « désinformation » quand le mépris des habitants a été si constant ?

Nous prenons acte des informations que donnent votre lettre, mais qui viennent bien tard. Nous sommes soulagés d’apprendre que la nappe ne pénétrera pas dans ce parking grâce au cuvelage,  mais cela n’apaise pas nos craintes sur les effets de la nappe ainsi contrainte dans les sous-sols des immeubles non cuvelés. Et nous formons le vœu, en cas de très grosses précipitations comme nous en avons déjà connu, que l’eau ait la sagesse de se diriger vers le petit bassin de 76m3 sans céder à la tentation de se déverser le long de la pente d’accès. 

Nous vous prions de croire, Monsieur le Directeur, en l’expression de nos salutations distinguées.

Pour le Bureau,

Le Président d’Aulnay Environnement

ANNEXE : lettre de monsieur SOUMY

Place Abrioux

AU CAPRICE DU ROI

Samedi matin, on festoyait place Abrioux. C’était le triomphe d’un parti. Un parti qui fêtait la défaite du parti vaincu. C’était la défaite de tous ceux qui pensaient qu’on pouvait supprimer le parking sans arracher les tilleuls, ceux qui par centaines, avaient signé une pétition pour les défendre. La défaite de tous ceux qui prêtaient foi à la lecture du rapport de la commission patrimoniale du département, considérant la place comme de qualité patrimoniale, à préserver. C’était la victoire de l’urbanisme brutal, qui se moque de l’histoire et fait table rase du passé. La victoire d’un parti qui confond démocratie représentative et monarchie de droit divin, et considère tous ceux qui ne partagent pas ses vues comme des grincheux, des nyaqu’à, des fautqu’on, des déclinologues, bref, le parti du mépris de l’avis des autres, ou tout simplement du mépris des autres. Le parti du rouleau-compresseur et du tapis rouge déroulé pour le promoteur. Un parti qui porte au pinacle la trouvaille de son chef : poser des oliviers en pot sur une place, comme symbole de paix. C’est la paix des cimetières. Le cimetière des promesses électorales : « Après diverses études menées en concertation avec la population, je mettrai au suffrage des habitants différents projets qui respecteront le cadre de vie existant ». On nous dira qu’il s’agissait là du terrain de l’hôtel des Impôts, avenue de la Croix Blanche. C’est surtout qu’on était en mars 2014, et qu’il s’agissait de gagner les élections. Il est vrai que la place Abrioux, c’est autre chose. Bruno Beschizza, qui a tout décidé, du nom jusqu’aux plantations, sans rien vouloir entendre, a voulu en faire la vitrine de sa mandature. De ce point de vue, parachuter des arbres poussés à quelques milliers de kilomètres est sans doute une bonne idée.

Place Abrioux

Que se passe-t-il sous la place Abrioux ?

Ce qui se passe sur la place Abrioux, nous le savons : une « végétalisation » hors sol qui n’a rien à voir avec les espèces locales, ni avec les façades du début du siècle dernier qui ornent le côté nord de la place ; ce qu’on pourra un jour nommer le « style Beschizza ». Tout étant affaire de goût (nous sommes tentés de dire : de bon goût) et comme les avis sont partagés, inutile de nous étendre sur ce qui nous apparaît comme une belle illustration de l’urbanisme brutal qui à grande vitesse défigure notre ville.

Certains diront que c’est toujours mieux que le parking aérien précédent. Nous leur répéterons qu’une autre solution était possible, celle d’un parking en silo avec façade végétalisée rue des Écoles, à la place de l’ancienne perception. Sa contenance aurait été moins grande, mais il n’est pas du tout sûr que ce parking souterrain soit utilisable au-delà de la moitié de sa capacité, soit l’équivalent du parking d’autrefois. Pourquoi ?

Des bruits courent : le deuxième niveau du parking serait inondé, de même que celui du nouvel immeuble Trevi .

On est très tenté de prêter foi à ces rumeurs : elles sont nourries par les riverains, qui entendent jour et nuit le bruit du pompage.

Venez place Abrioux écouter le doux chant des pompes !

Nul n’ignore que d’autres parkings souterrains sont régulièrement inondés. Ce n’est pas faute d’avoir averti la municipalité que l’affleurement de la nappe phréatique justifiait que l’on y réfléchisse à deux fois.

Mais nous avons affaire à une équipe municipale qui ne peut concevoir qu’on soit d’un avis différent du sien, et que les habitants, qui sont sur place depuis bien plus longtemps que notre maire actuel, puissent avoir une expertise. Il n’a donc jamais été question de leur demander leur avis, puisque la loi permet d’aller contre le bon sens. Nous pouvons faire confiance à l’imagination de la première adjointe pour nous fournir une explication et nous divertir encore : la dernière fois, toute l’eau venait de foreuses ! Avec la fin des travaux, il faudra trouver autre chose.

Autre question : où va toute cette eau ? Dans le réseau des eaux pluviales ! Financés par la Région, des réservoirs ont été crées pour pallier les crues qui affectent depuis des décennies tout le sud d’Aulnay. La surcharge du réseau causée par ce pompage ne va-t-elle pas annuler l’amélioration que l’on pouvait attendre de ces équipements ?  Sans parler de la dissolution du gypse qui va s’intensifier. N’oublions pas que la situation ne fera que s’aggraver : d’autres immeubles vont encore surgir en remplacement du centre Le Camus, et sur le dernier côté de la place, le maire a déjà pré-vendu au promoteur de Trevi le terrain du legs Pecoroni, donné pour des usages scolaires. Et l’eau qui ne parviendra pas à s’infiltrer dans tous ces parkings souterrains se reportera évidemment vers les sous-sols des pavillons et des immeubles anciens. Sans parler de la consommation débridée d’énergie de toutes ces pompes.

De cette équipe d’écologistes de la dernière heure avant les élections, il n’y a qu’une chose à dire : un stage de mise à niveau s’impose !

arbres

Charte de l’arbre : « Green washing » et contrefeu

Lundi 16 décembre, ouverture de la première réunion « Charte de l’arbre » : sur 15 Aulnaysiens invités, 7 présents. En période de grève des transports, maintenir  une telle réunion à 18h30 en dit long sur le souci de s’assurer de la présence des citoyens. Et dès la première image du Powerpoint (dont nous n’avons eu aucune version papier, à la différence du Maire-Adjoint et des personnels administratifs), tout est dit : un montage d’arbres abattus dans les parcs municipaux et d’arbres d’alignement malades. Nous ne sommes pas là pour construire un dispositif de gestion de l’ensemble du patrimoine arboré, public et privé, mais pour nous associer à une politique d’abattage.

Soyons clairs : nous ne contestons pas la réalité des maladies (encore faudrait-il qu’on nous communique les diagnostics précis, sans nous demander de tout croire sur parole), mais si comme on nous le dit, on ne peut rien faire, à quoi sert notre participation ?

Car les maladies naturelles ne sont pas les seuls ennemis des arbres. Il y en a bien d’autres : les nouveaux propriétaires des terrains, en particulier les promoteurs, dont le but est évidemment de rentabiliser au maximum l’espace. Sans oublier l’équipe municipale, qui envisage sans état d’âme de transformer en logements le 1/5e du parc Ballanger et qui est restée sourde à l’appel des 850 pétitionnaires qui demandaient d’épargner les tilleuls de l’ex place Camélinat !

Nous avons posé les conditions à notre  participation à l’élaboration d’un « Charte de l’arbre » :

  • La mise en place d’une commission permanente pour la gestion du patrimoine arboré, compétente dans l’attribution des permis de construire et les projets d’aménagement municipaux.
  • La mise à jour d’un état des lieux
  • Le réexamen du plan d’abattage systématique
  • L’inclusion du patrimoine privé dans la réflexion

Ces préconisations se retrouvent dans les documents mis en application dans un certains nombre de communes. On en trouvera un bon exemple sur le site de la ville de Bondy.

Ces textes relèvent d’une volonté politique affichée dès le départ. Il n’y a rien de tel à Aulnay.

Nous ne doutons pas de la bonne volonté des employés de la ville chargés de l’Espace public, mais leur domaine de compétence reste limité à la gestion du domaine public, à l’exclusion de projets comme celui de la place Abrioux ou du parc Ballanger. La politique globale relève des élus. Sans que cette volonté d’engagement global soit affichée clairement, les travaux du groupe de travail ne peuvent être que l’expression de vœux pieux. On nous accuse de procès d’intention, alors que nous nous contentons de tirer les leçons de l’expérience. Nous avons demandé il y a près de deux ans une telle « Charte de l’arbre ».  Aucune réponse, malgré une lettre de rappel, rien d’autre qu’une réponse verbale d’un maire-adjoint en séance de comité de pilotage de conseils de quartier : « il y a assez de réunions comme ça ! ». Comment faire confiance à une équipe municipale qui nous a traités avec un tel mépris ?

La vérité, c’est que le lancement de cette « Charte de l’arbre » n’est qu’un contrefeu. La municipalité sent combien est traumatisante pour les habitants l’abattage de nombreux arbres. Il s’agit de se donner un vernis écologique à 3 mois des élections municipales.

Aulnay Environnement ne se prêtera pas à cette opération de « Green washing ».

Notre participation ne pourra être effective qu’après les élections, à la condition qu’il s’agisse d’une véritable Charte contraignante pour tous les projets privés ou municipaux.

Place Abrioux

De la place Camélinat à Abrioux Amère et dérisoire victoire

Dans la mesure de ses faibles moyens (notre pétition a tout de même recueilli 850 signatures), Aulnay Environnement a lutté contre le projet jamais soumis à concertation, transformant la place Camélinat en place Abrioux au-dessus d’un parking souterrain. Nous avons fait la proposition d’un parking en silo (avec façade végétalisée) sur l’emplacement de l’ancienne perception, et critiqué le projet de remplacer une vingtaine d’arbres de haute tige par une dizaine d’arbres en pot, à nos yeux bien incapables d’apporter les mêmes avantages en matière d’ombre et de régulation thermique. Sans jamais avoir été écoutés, il semble que nous ayons été entendus sur un point : des végétaux de pleine terre ont été plantés ! Il nous faut vite crier victoire avant qu’on nous accuse, comme pour Val Francilia, d’avoir colporté des « fake news ».

Comme on le voit, la revégétalisation va bon train !

Le projet « ficelé » présenté aux riverains.
Nous avons écrit au maire pour nous inquiéter
de l’effet thermique de cette surface minérale claire en période de canicule,
mais on nous a répondu comme d’habitude,
en « langue de bois », à côté du sujet

Place Camélinat, mi-février 2019Place Abrioux, début décembre 2019

Novembre 2016 :

Des tilleuls centenaires qui respirent la santé

Novembre 2019 :
Un fier olivier bicentenaire
taillé en caniche et acheminé
à prix d’or depuis l’Espagne.
Qui ne voit pas ici le progrès ?

Compte-rendus

Bilan : 5 ans d’«Aulnay bouge»

Ces dernières semaines, nos boîtes aux lettres ont débordé de publications vantant le bilan de la municipalité (en s’appropriant souvent ce qui a été réalisé ou préparé par les équipes précédentes, comme le passage souterrain de la gare). Qu’en penser pour les domaines sur lesquels Aulnay Environnement porte sa réflexion, dans une optique de défense de l’intérêt général ?

La construction : une promesse non tenue.

Le programme de campagne de 2014 annonçait page 7: « nous nous engageons à mettre fin au bétonnage qui défigure la ville ». Chacun peut juger du respect de cette promesse. Nous laissons à cette équipe la responsabilité du terme « bétonnage ». Si cela signifie « construire », cette promesse était un leurre, car il fallait bien construire, Aulnay commençant à perdre des habitants après des décennies de quasi-immobilisme. C’est sur la promesse de ne pas  « défigurer » la ville que le manquement est le plus grave. De nombreuses constructions nouvelles en zone UD (zone de centralité et axes structurants) font fi de l’un des premiers articles du règlement du nouveau PLU : « Les constructions doivent être compatibles, notamment dans leur volumétrie, leurs matériaux et la composition des ouvertures et de l’accroche aux constructions limitrophes » (UD, 11/2).

L’urbanisme : une doctrine insensible à la qualité du paysage urbain

Si l’on promet de ne pas défigurer la ville, c’est qu’on a une conception de la « figure » de la ville. Celle-ci est au moins double : au nord, une dominance d’habitat collectif, tandis qu’au sud, c’est le pavillonnaire qui l’emporte. Mais les choses ne sont pas si tranchées, en particulier dans les « zones de centralité ». Là, le legs du passé, c’est une coexistence de pavillons et d’immeubles souvent anciens. Les ouvertures crées par les jardins des pavillons apportent verdure et lumière à nos rues souvent étroites, et c’est bien là le paysage qui fait la spécificité et le charme de notre ville. Or cette sensibilité au paysage n’existe pas : la doctrine officielle, c’est l’alignement, « la chasse aux dents creuses et la priorité donnée au cœur d’ilots ».

La grande liberté laissée aux promoteurs s’accompagne d’une indifférence à l’agrément, au confort et même à la sécurité des passants. Les Aulnaysiens souhaitent la construction en retrait : le règlement l’institue en règle. Ils refusent les balcons surplombant : le nouveau règlement les autorise (UA 6/1). Ils se plaignent de l’étroitesse de trottoirs non conformes à la réglementation nationale: jamais l’opportunité n’est saisie pour les élargir, comme cela se voit dans les communes voisines.

Un bel exemple de bétonnage : la place Abrioux

Supprimer le parking était souhaitable, mais cette grande surface claire et bétonnée sera un redoutable réverbérateur de chaleur que l’ombre de 9 arbres en pot ne saura pas compenser. Le parking souterrain qui a nécessité d’énormes travaux et perturbe la circulation de la nappe phréatique est d’abord un atout pour les promoteurs qui peuvent construire des immeubles sur des petites parcelles sans parking, alors qu’était promis en 2014 d’ « imposer la création de deux places de parking pour chaque nouveau logement » (page 17 du programme). C’est la commune qui paie : plus de 6M d’Euros ! La libération du terrain de l’ancienne perception offrait pourtant la solution bien moins onéreuse d’un parking en silo avec façade et toit végétalisés (comme à Paris !) de capacité équivalente à celui de la place. Et que dire de l’accès automobile dans un espace parcouru pas les centaines d’enfants de trois établissements scolaires !

La piscine : le choix du prestige au détriment des habitants

Alors qu’il était possible d’aménager le bassin extérieur pour permettre une continuité de l’apprentissage de la natation, le choix a été fait de tout raser pour construire un ensemble de loisirs concurrent de celui du Mesnil-Amelot. Après 5 années sans piscine, on nous promet des tarifs supérieurs à celui de tous les bassins des alentours. Ce que demandaient les Aulnaysiens, c’est une piscine pour apprendre à nager ! Les a-t-on consultés ? Et que dire du poids à venir sur les finances communales alors qu’on a échappé de justesse à la mise sous tutelle, au prix d’un contrat léonin avec le gouvernement !

Les espaces verts : le petit jardin qui cache la grande zone industrielle

Beaucoup de battage autour des nouveaux parcs, parfois minuscules (parc Félix Fessart). Le parc du quartier Balagny, à y regarder de près, donne directement sur l’autoroute avec toutes ses nuisances sonores et est collé à un stockage en plein air des montagnes d’échafaudages. Surtout il sert d’alibi à une mutation dont on ne nous dit rien : celle d’un vaste espace vert « à vocation sportive » et autrefois en partie légué spécifiquement pour les activités de plein air du club canin. Le club a disparu (400 adhérents) avec l’espace vert, au profit d’une zone industrielle qui ne demande qu’à s’étendre.

Val Francilia : l’opacité et la désinformation

Pour une fois, mais sans avoir jamais publié les images du projet, la municipalité a consulté les habitants, (150 volontaires maximum) et leur verdict a été sans appel : le projet qui prévoit de construire sur 5 hectares du parc Ballanger et de rayer de la carte I’IME Toulouse-Lautrec est rejeté par les Aulnaysiens. A quelques mois des municipales, la volte-face s’imposait. Le cabinet d’étude, seul coupable de n’avoir pas perçu l’attachement des habitants à leur parc, doit revoir son projet. Le Maire ne l’avait donc pas prévenu ?

La « Charte de l’arbre » : une année de perdue

Par une lettre au Maire datée du3 avril 2018, Aulnay Environnement demandait la création d’une commission chargée d’élaborer une Charte de l’arbre. Nous n’avons jamais eu de réponse. Voilà maintenant que la municipalité invite les Aulnaysiens à participer à un tel document. Mais notre demande reposait sur la création d’une commission mixte pérenne associant durablement les habitants à la gestion du patrimoine arboré. Cette demande sera-t-elle entendue ? Cette poussée de fièvre écologique sera-t-elle autre chose qu’une manœuvre électoraliste ?

La démocratie locale : un grave déficit

 En 2014, la promesse était de « consulter les riverains avant tout projet de modification de leur quartier » (p7). Force est de constater qu’on n’a jamais demandé aux habitants des quartiers sud, autour de l’ex-place Camélinat, s’ils étaient d’accord pour son total bouleversement. Jamais aucune proposition alternative n’a été étudiée. C’est le « fait du prince ».  
Aucune consultation des habitants sur le choix de construire un centre nautique qui pèsera très lourdement sur les budgets futurs, en privant durant 5 ans les Aulnaysiens d’une piscine.   Jamais la propagande municipale, si abondante, n’a publié de plan du projet Val Francilia.
Les conseils de quartier ne servent que de tribune pour les membres de la municipalité.  
Le Comité de pilotage des Conseils de quartier, dont on pourrait penser qu’il  doit recevoir les remontées des travaux et des demandes des Conseils, n’est que l’occasion donnée aux services municipaux de présenter un bilan positif de leur action.  
Le Conseil économique, Social et Environnemental est vite devenu une institution fantôme vouée à servir de public à l’information municipale.  
Les associations trop indépendantes de la municipalité sont sabordées lorsque c’est possible : ainsi l’Office de Tourisme, dont la présidente n’a été prévenue de la dissolution que le matin même du conseil municipal décisif. Celles qui disposent de terrains libres de toute construction subissent le même sort, comme le club canin.   

Sur tous les sujets évoqués ici, Aulnay Environnement a tenté de faire entendre la voix de l’intérêt général, par des articles dans les blogs, des pétitions, des tracts, des réunions publiques et des actions en justice. Elle a rarement été entendue.  Mais, grâce à la mobilisation très active d’autres associations (VME, CADA, ABC), le projet Val Francilia destructeur du parc Ballanger a été ajourné.

Dans l’avenir, nous pouvons craindre d’autres graves atteintes à notre patrimoine :  
La construction sur le centre gare, suspendue jusqu’aux élections par un « Périmètre d’étude » reprendra de plus belle, avec la disparition probable de beaux pavillons patrimoniaux.
Un nouvel immeuble pourra s’élever sur le côté sud de la place Abrioux, la privant de soleil en hiver.
Le projet « Val Francilia » renaîtra de ses cendres
Etc.  

En adhérant, renforcez Aulnay Environnement pour la défense de notre paysage urbain !

arbres, Place Abrioux

LA PLACE ABRIOUX ENFIN REVÉGÉTALISÉE !

Ce 22 octobre 2019 restera dans les mémoires de tous les vrais amoureux de la place Abrioux ! L’olivier promis par le Maire dans son discours inaugural est enfin arrivé ! Réjouissons-nous sans arrière-pensée de voir la nature réaffirmer sa présence dans ce décor devenu entièrement minéral.

Les centaines de personnes qui ont signé  la pétition contre l’abattage des tilleuls doivent reconnaître combien ils avaient tort de s’obstiner à défendre des arbres qui avaient perdu leur droit de cité dans notre ville. Comme notre Maire et ses adjoints avaient raison de traiter de telles initiatives par le mépris !

En effet, dans un contexte de réchauffement climatique et sur un site où l’on pompe frénétiquement l’eau de la nappe, il faut reconnaître combien le choix d’un arbre adapté à la sécheresse est sage et approprié. Et n’oublions pas que lorsqu’on aime, on ne compte pas ! Un olivier vaut bien vingt tilleuls terriblement affectés par les maladies. (Il faudra cependant veiller à ce qu’à chaque voyage en Italie, tous veillent à ne pas ramener  la responsable du « complexe du dessèchement rapide de l’olivier », cette bactérie qui fait rage dans la péninsule !).

Nous cherchons souvent des raisons d’être fiers d’être Aulnaysiens. Voilà qui doit nous contenter. Après nous avoir mis sous le patronage de L’Empereur avec le Cours Napoléon Bonaparte, notre Maire se pose en émule d’Athéna, (justement la déesse de la sagesse) qui offrit l’olivier à la ville qui porte son nom !

Aulnay-sous-bois, la nouvelle Athènes !

La place Abrioux, notre acropole ! Pour ceux qui trouveront ce parallèle trop savant, avouons tout de même notre ignorance : dans quelle mythologie y a t-il un dieu pour le ridicule ?

Place Abrioux

Quelques compléments à la lettre « Parole d’expert » du 2 octobre :

Alain ORLANDI                                                                                         le 7 octobre 2019

à : AULNAY ENVIRONNEMENT

Sur l’ensemble du territoire d’Aulnay, il n’y a pas besoin de descendre de 2 niveaux de parking pour rencontrer la nappe phréatique, ce constat est fait depuis plusieurs dizaines d’années par tous les services compétents sur la commune et sur le département.

Aller pomper dans les sous-sols dans l’espoir d’assécher des niveaux inférieurs construits en sous-estimation des réalités géologiques constitue une erreur, mais en négligeant ces réalités, cela constitue une double faute.

La première faute est bien connue, c’est l’inondation assurée en cas de fortes précipitations.

La deuxième faute, c’est qu’il faut prendre en compte que le fait de pomper l’eau de la nappe phréatique, entraîne aussi l’évacuation de gypse dissous dans la nappe saturée. La nappe se renouvelant sans cesse, d’autres poches de gypse se dissolvent dans une eau non saturée. Il apparaît alors des excavations de terrains, plus ou moins proches du point de pompage. Plusieurs cas ont été constatés sur Aulnay ou dans les communes avoisinantes au cours des dernières décennies.

Rappel : ce problème de pompage, avec les conséquences sur la dissolution des poches de gypse a été soulevé et condamné lors de la construction de la Grande Nef, place de la gare à Aulnay. Il y a également dans ces sous-sols un pompage permanent, donc d’évacuation de gypse dissous.

L’immeuble situé à l’angle des rues Aristide Briand et Jules Princet et récemment livré comporte également 2 niveaux de parking en sous-sols. La différence avec le parking Abrioux, c’est qu’il est construit dans un espace cuvelé, donc étanche à toute infiltration. Il n’est est pas moins dangereux, car en cas de fortes précipitations et de débordements sur la chaussée comme cela a été maintes fois constaté dans ce secteur, l’inondation arrivera tel un entonnoir par l’entrée du parking.

D’autres constructions en cours ou en projets doivent faire preuve d’une étude toute particulière dans le cas de constructions en sous-sol. En règle générale, il est prudent d’éviter d’enfoncer tout type de construction au sein de la nappe phréatique. Ces recommandations ne sont pas nouvelles, elles sont apparues sur le territoire aulnaysien dès les premiers constats d’inondations dans les années 1970 par l’association des aulnaysiens victimes des dégâts des eaux.

Nouvelles Constructions, Place Abrioux

Parole d’expert !

Il y a quelques semaines, Aulnay Environnement s’était ici même inquiété de la présence de grandes mares  au fond du chantier du futur parking Abrioux, et s’était demandé si par hasard, cela ne serait pas dû à la présence de la nappe phréatique. Du haut de sa superbe, la première adjointe nous avait renvoyé à nos chères études : laissez donc faire les experts !

La présence de cette eau s’expliquait tout simplement par l’activité des foreuses qui ne pouvaient fonctionner à sec !

Nous aurions pu alors parler du bruit des pompes fonctionnant jour et nuit, mais à quoi bon contrarier l’autorité de ceux qui ne ratent jamais l’occasion de s’affirmer professionnels ?  Et maintenant que le parking est presque entièrement recouvert par une dalle de béton, la place Abrioux est comme une métaphore de la politique de la municipalité : tout est caché.

Mais écoutons l’avis d’un professionnel, d’un vrai :

« Il y a en permanence 6 à 8 pompes qui fonctionnent à plein régime. On n’a jamais vu une telle pression de la nappe phréatique ! »

Dont acte. On nous rétorquera que le Tribunal Administratif a retoqué la plainte d’Aulnay Environnement contre ce parking. C’est que la loi est faite ainsi : s’il y a bien un délit d’offense à l’autorité, il n’y en a pas pour l’offense au bon sens.

Dans une partie de la ville depuis des siècles abandonnée à la forêt parce que le sol était trop humide pour le mettre en culture, dans un quartier marqué depuis des décennies par des inondations à répétition, creuser un parking souterrain à deux niveaux était de toute évidence une aberration. Pour quelqu’un qui connaissait bien la ville, pour n’importe quel habitant des quartiers sud, qui avait l’expertise de l’expérience ou du moins entendu parler de ces inondations, la prudence s’imposait. Nos ancêtres ne construisaient pas dans le lit majeur des fleuves, il a fallu attendre l’aveuglement du XXe siècle pour déclarer constructibles des zones inondables.

En ce début du XXIe siècle, nos édiles ont un siècle de retard !

On nous dira que, grâce au département, le réseau d’assainissement est en train d’être recalibré. Mais les professionnels, les vrais, savent bien que même ainsi amélioré, il ne sera jamais capable de faire face à des crues centennales. Alors pourquoi le surcharger d’emblée en y rejetant les eaux de la nappe, en privant les grands arbres proches d’une bonne partie de l’eau qui leur est nécessaire ? Sans oublier qu’il a fallu creuser un réservoir supplémentaire devant le collège, non prévu à l’origine. Aux frais de qui ?

La démonstration que cette municipalité piétine ses promesses  de consulter les habitants pour tout nouveau projet n’est plus à faire : malgré notre insistance, aucune consultation n’a jamais été entreprise sur ce parking qui représente le quart des investissements annuels de la commune.

Mais que penser de tous les abus de langage, lorsqu’on nous présente comme le cœur d’un « écoquartier » un projet qui gaspille ainsi l’énergie et la ressource, qui ouvre une sortie de parking à quelques pas d’une école primaire, dans des rues ponctuellement saturées par l’automobile alors que rien n’est prévu pour encourager l’usage du vélo ?

Que penser d’un discours d’inauguration où l’on prétend « revégétaliser » la place alors qu’on remplace 20 tilleuls centenaires par 9 arbres en pot, et qui met la future dalle-puits de chaleur couvrant le parking sous le patronage de Marcel Pagnol,

PARCE QU’ON Y VERRA UN OLIVIER !