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Quelle protection du patrimoine à Aulnay-sous-bois ? Désintox ! (1/3)

« Un maire doit d’abord être à l’écoute de ses citoyens. L’intérêt général d’une ville, c’est d’abord l’intérêt de ses habitants. De plus, en matière d’habitat nous devons absolument éviter les ruptures urbaines qui fragilisent tant de quartiers en France. »

Bruno Beschizza, 2 oct. 2013

Il semble que la campagne électorale ait commencé à Aulnay. La municipalité redouble d’efforts pour vanter son respect du patrimoine. Précédant le dossier d’Oxygène où elle s’attribue le mérite d’acquis dus surtout aux municipalités précédentes, un prospectus très partisan, sous couvert de dénoncer des « intox », a présenté des faits une version tronquée et contenant certaines contrevérités.

L’assemblée générale  d’Aulnay Environnement du 22 mars 2018 a voté un crédit exceptionnel pour informer les Aulnaysiens de la vérité des faits.

Le frein mis au « bétonnage »  DÉSINTOX !

Désintox2 p1b.aAllée des Charmilles   

Chaque Aulnaysien peut juger de la pertinence de cette affirmation. Ce mot, fondement de la campagne électorale de 2014, nous ne l’utilisons que pour le retourner contre ses promoteurs, car la réalité est plus complexe. Construire des logements est une nécessité dans un pays où la population augmente sans cesse, avec une région Île-de-France qui reste parmi les plus attractives. La solution d’étendre à l’infini les zones urbaines n’est pas tenable, il faut inévitablement densifier les centres-villes. Mais pas n’importe comment.

Que construire, où et comment construire, là sont nos points de désaccord avec la politique municipale.

La population d’Aulnay a diminué dans les années 90: 82000 habitants en 90, 80000 en 99. Dans les années 80 et 90, sous les mandatures Abrioux et Gaudron jusqu’au début des années 2010, on a très peu construit. L’occasion a été manquée de doter la ville d’équipements que possèdent toutes les communes limitrophes : salle de fêtes (peut-on croire que la salle Scohy soit digne d’une ville de 85000 habitants ?) et médiathèque centrale. En même temps, on a doté la piscine d’un système de récupération de chaleur qui a asséché sa voûte en bois et justifié sa fermeture en 2015. Tout le monde peut faire des erreurs, le tout est de les reconnaître !
Les pressions de l’État se sont donc faites de plus en plus fortes pour la création de nouveaux logements : L’équipe Gaudron a lancé un nouveau PLU pour encourager la construction, l’équipe Ségura l’a encore assoupli, et le PLU de l’équipe Beschizza, encouragée par les facilités permises par le gouvernement Hollande (suppression du Coefficient d’Occupation des Sols)  a ouvert largement les vannes.

 Le PLU de 2015, conduit à la hussarde alors que nos voisins sont encore en pleine concertation avec les habitants, fait fi des attentes des Aulnaysiens qui demandaient entre autres qu’on continue comme par le passé à construire en retrait, sans balcons débordants: les promoteurs ont à présent toute liberté de construire au ras du trottoir, et les façades continues (comme à Paris !) sont le but ultime.

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Rue du 14 Juillet 2015 et 2018

Ce à quoi nous assistons, c’est à l’accélération brutale d’un mouvement de rattrapage dans la construction qui ne pouvait que choquer les Aulnaysiens, confortés dans l’immobilisme : en 30 ans, il s’est probablement moins construit de logements que dans les 3 dernières années ! La continuité entre les mandatures Ségura et Beschizza est évidente, la première ayant fait « le sale boulot ». Mais on comprendra que la formulation « ce que voulait Ségura » est à remplacer par « ce que voulait l’État ». La volonté de résistance aux pressions de l’État des deux équipes est difficile à mesurer : on ne sait ce qu’aurait fait au final l’ancienne municipalité, et c’est à elle de se défendre. On prétend que sous l’équipe actuelle, 210 permis ont été refusés. Combien en vérité, lesquels, et sur quels critères, on n’en aura jamais la preuve. Et derrière cette affirmation de résistance aux pressions de l’État se profile le projet aberrant de construire 2500 logements sur PSA, en contradiction avec les promesses électorales. Où est la résistance ?

Pas de logements sociaux dans  un quartier pour les hauts revenus !

On joue ici sur les peurs. Il y a 3 niveaux de logements sociaux: PLAI, PLUS, PLS : le plafond de ressources pour un PLS n’est pas atteint par un couple d’enseignants avec un enfant et dix ans d’ancienneté ! Or la commune, surtout le sud, manque de logements pour cette couche de population, le bilan du Projet Local d’Habitat pointe du doigt la fuite vers d’autres communes des jeunes des couches moyennes inférieures. Ces logements manquent dans le sud, où nos enfants sans apport personnel ne peuvent plus se loger. Cette situation a été dénoncée par le Préfet dans son appréciation du PLU. L’équipe Ségura y avait veillé. A-t-on remarqué que les logements sociaux  inclus dans l’immeuble de la rue Jean Jaurès ou dans celui, rénové, de l’ex-place Camélinat, aient été source de troubles à l’ordre public ?

  

Les logements sociaux de la Place ex-Camélinat

   

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Au contraire, le projet autour de l’ex-place Camélinat vise à implanter tout un ensemble d’immeubles de rapport en pierre de taille, de grande hauteur et de grand luxe pour attirer une nouvelle population. Après le café « Le Narval », viendra le tour de l’ex-Centre Le Camus, du legs Pecoroni (légué pour un usage scolaire) et de l’ancienne perception, et de  toutes les maisons dont les propriétaires céderont aux avances des promoteurs.

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L’ex-place Camélinat dans quelques années        (sans les arbres, bien sûr !)

C’est une transformation profonde du quartier qui est prévue, sans que cela soit jamais annoncé dans le PLU. C’est dans le règlement de cette zone UDa, jamais présenté en réunion publique, que la hauteur a été portée à 5 étages. Il n’y aura eu aucun dialogue avec des habitants attachés au charme d’une place dont le caractère patrimonial a été relevé par les services spécialisés du département. C’est ce que nous appelons de « l’urbanisme brutal » digne de ce qui s’est passé autrefois avec la « Cité arc-en ciel ».

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Toute la zone prévue pour 5 étages                                                         

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Quelle protection du patrimoine à Aulnay-sous-bois ? Désintox ! (2/3)

Quelle défense  de la zone pavillonnaire ?

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Le terme n’a pas le même sens pour l’usager de la rue et pour les élus. Pour eux, présence de pavillons ne signifie en aucun cas zone pavillonnaire. Les pavillons les plus anciens et les plus beaux, ceux devant lesquels nous passons pour aller à la gare ou au marché sont pour une grande part en zone de centralité (UA),  là où le PLU prévoit la densification, avec des façades continues et la chasse aux « dents creuses» crées par l’édification à côté des pavillons d’immeubles de grande hauteur. Ces pavillons-là, qui ont souvent plus d’un siècle, donnent son charme à notre ville et de la lumière à nos rues. Il faut pour les préserver une politique volontariste de préservation du patrimoine, au prix d’une pratique certes coûteuse de préemption. Qu’adviendra-t-il des beaux pavillons de la route de Bondy récemment vendus ? Ils survivront certes encore deux ans, jusqu’aux prochaines élections, quand sera écoulé le temps de la concertation sur le Centre Gare, mais après le bétonnage reprendra de plus belle, à l’alignement sur 6 étages !

On nous répète que le nouveau PLU a étendu la zone pavillonnaire. Il faut savoir que cette extension s’élève à environ 0,3% ! En revanche, toute la zone autour de la place Jeanne d’Arc où les pavillons sont encore nombreux est en vérité en zone UD, « les frange de centralité ». La mutation en zone de façade continue d’immeubles de grande hauteur est bien entamée. Et d’ici quelques années, pourquoi ne pas modifier les limites du zonage, dans une révision du PLU ?

La protection des « bâtisses historiques »  DÉSINTOX !

Avenue Louis BarraultDésintox2 p3a.b

Nous nous réjouissons de l’acquisition de la Villa Pascarel, de la laiterie Garcelon, du pavillon Dordain et de celui du boulevard Félix Faure. Mais la sauvegarde du pavillon du rond-point Henri Dunant et de celui du boulevard de l’Hôtel de Ville  est à mettre au crédit de l’ancienne municipalité qui les a acquis dans le cadre d’une politique de préemption dénoncée par l’opposition d’alors. Le seul mérite de l’actuelle équipe est d’avoir trouvé des acquéreurs prêts à assurer les frais de rénovation. Mais d’autres pavillons n’ont rien perdu pour attendre !

Surtout, pendant ce temps là, les pavillons remarquables de la rue Gatouillat et de la rue du 14 juillet ont été remplacés sans état d’âme, malgré notre intervention, par un programme immobilier d’une faible qualité architecturale qui transforme les deux rues en goulets. Cerise sur le gâteau : la municipalité s’oppose à la convention légalement conclue entre notre association et le promoteur et prévoyant sur un pignon aveugle la réalisation d’une fresque où figurent l’arbre et les pavillons disparus ! 

Où est le respect du patrimoine quand on veut en effacer jusqu’au souvenir 

Gatouillat

arbres, Etudes

Quelle protection du patrimoine à Aulnay-sous-bois ? Désintox ! (3/3)

Le terrain de la Croix-Blanche : DÉSINTOX !

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Non, Bruno Beschizza n’a pas stoppé ici le projet de construction d’immeubles ! Alors que notre maire actuel ne comptait pas encore parmi les Aulnaysiens, la précédente municipalité s’est enfin rendu compte qu’il fallait cesser d’accumuler les erreurs. Devant la fronde des habitants, l’équipe Ségura a mis en place un comité de pilotage composé d’habitants et d’associatifs. Des personnes de bonne volonté ont fait de leur mieux pour définir un projet d’habitat intermédiaire, très éloigné des cubes présentés initialement. Ce qui est apparu, c’est  qu’il n’y a pas de projet viable financièrement. L’équipe Gaudron a laissé passer le moment où les prix étaient abordables. L’Établissement Public Foncier d’Ile de France (qui normalement impose des pénalités pour n’avoir pas construit dans les délais) a dû l’acquérir à un prix qui ne permet pas d’équilibrer quelque projet que ce soit. Nous avons avancé un projet intergénérationnel de petits logements adaptés à des jeunes et à des personnes plus âgées ne pouvant plus vivre en pavillon, avec en fond de parcelle des jardins partagés. De nombreux Aulnaysiens ont signé une pétition dans ce sens à laquelle il n’a jamais été répondu. Comment croire à la promesse d’une concertation avec les habitants, alors qu’il n’en a jamais été question pour l’ex-place Camélinat? Et si cette promesse était sincère, pourquoi avoir enterré le comité de pilotage ? En 3 ans, la municipalité avait tout le temps de mettre au point un projet. La vérité, c’est qu’elle n’a pas oublié que sur le terrain de la Croix Blanche, qui a joué un rôle si important dans la précédente campagne électorale, il est surtout urgent d’attendre les prochaines élections !

Beaucoup d’Aulnaysiens se sont émus de l’abattage de nombreux arbres dans la commune, et nous avons relayé cette inquiétude. La Mairie s’est alors lancée dans une campagne de communication digne d’une agence de tourisme, mais l’information est tronquée : elle porte uniquement sur les parcs et les arbres d’alignement. Nous ne doutons pas de la compétence des services municipaux, et nous pouvons constater qu’en effet, des arbres abattus sont remplacés. Par ailleurs, c’est la moindre des choses que d’entretenir les parcs. Mais qu’en est-il du projet de couper en deux le parc Ballanger pour faciliter l’accès aux 2500 logements sur PSA ?

Quelle sauvegarde des arbres ?

Désintox2 p4a.2    La fin d’un chêne centenaire de la Croix Blanche

Ce qui alerte aussi les Aulnaysiens, c’est la disparition accélérée des grands chênes rescapés de la forêt de Bondy, qui jouent un rôle important dans le paysage. Là-dessus, silence absolu. Il semble que cela laisse nos élus complètement indifférents. La preuve : les arbres du terrain de la Croix Blanche, au pied desquels on laisse depuis des mois s’entasser des tonnes de matériaux pour les travaux d’assainissement, ce qui a tassé la terre et étouffé le système racinaire. Nous tenons à la disposition de la municipalité le diagnostic arboricole établi en 2012 sur des arbres alors sains, indiquant toutes les précautions à prendre.

Pourquoi l’accès et les dépôts de ce chantier ne se sont ils pas faits du côté de l’avenue de la Croix Blanche, là où il n’y a aucun végétal ?

Et que dire des tilleuls de l’ex-place Camélinat, pour la plupart en bonne santé, condamnés par un projet aberrant de parking souterrain ?

Et que dire encore de l’hécatombe toute récente de grands arbres à Balagny ? Tout témoigne de l’indifférence de nos élus pour le patrimoine arboré !

Pour éviter à l’avenir de telles aberrations, nous demandons la création d’une commission arboricole associant élus, services techniques, associations et représentants des habitants pour suivre l’évolution de l’état de santé des arbres et sensibiliser les acquéreurs de parcelles arborées à la préservation du patrimoine précieux que représentent ces végétaux souvent derniers rescapés de l’historique forêt de Bondy.  Cette commission devrait avoir pour première mission d’élaborer une Charte de l’arbre comme il en existe dans d’autres communes proches, intégrée au PLU. Dans une ville qui célèbre chaque année la « Fête de l’arbre » et dont le nom contient une référence sylvestre, cette charte et cette commission devraient aller de soi !

Au-delà de ses silences, ce qui transpire de cette communication municipale,
c’est une intense autosatisfaction. L’équipe municipale devrait le savoir : L’autosatisfaction rend sourd !

 

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La concertation sur l’avenir du Centre-Gare Janvier 2018

La forme du questionnaire écarte d’emblée la possibilité d’une réflexion globale, à l’échelle de la ville, le problème majeur de notre commune, ceci depuis plus d’un siècle, étant celui de la présence de plusieurs centralités qui s’ignorent. Il y est d’ailleurs fait discrètement allusion (p9) dans le dossier de concertation disponible sur le site de la mairie. Le défi de l’aménagement reste celui de lutter contre les coupures urbaines et la ségrégation sociale qu’elles entretiennent. Au XIXe siècle, celle qui séparait d’une part la société paysanne de la séculaire Aulnay-les-Bondis et d’autre part, les nouveaux venus, principalement bourgeois, du quartier du Parc. Une réponse avait été l’ouverture de l’avenue Anatole France qui reliait les deux centres. Aujourd’hui, l’opposition nord-sud demeure, le sud restant identifié comme « bourgeois » par les gens du nord, et le nord « zone de non-droit » par les gens du sud.

Aucune réflexion sur l’aménagement de la ville ne peut faire l’économie de ce problème d’ensemble. Manque donc dans ce questionnaire la question de savoir comment un aménagement du centre-gare peut remédier à cette coupure spatiale et sociale.

Le terme même de « Centre gare » devrait être interrogé. Une autre gare, celle du Grand Paris, va produire une nouvelle centralité dans le nord. Les grands programmes immobiliers le long du CD 115 vont modifier l’équilibre démographique : le développement d’une nouvelle centralité autour du carrefour du Soleil Levant se profile sans qu’une réflexion sur les services nécessaires semble émerger. Et que dire du quartier de 3500 logements projeté sur les terrains PSA ? La carte du début du XXe siècle (p6) du dossier de concertation est à présent totalement obsolète. Le « Centre gare » n’est absolument plus au centre géographique de la commune, et bientôt, il n’aura plus le monopole de la gare.

Les mots ont leur importance : en pérennisant cette expression, on contribue à marginaliser les autres espaces de la ville, à privilégier un quartier et sa population au détriment des autres. Une réflexion devrait donc être engagée sur la terminologie.

Cependant, il reste vrai que la gare RER représente pour les 40000 voyageurs quotidiens une entrée de ville essentielle, dont il faut préserver et développer la « qualité urbaine » (p4). Le bon sens commanderait d’abord d’en préserver le patrimoine bâti.

La question sur le patrimoine bâti vient en dernier dans le questionnaire : c’est dire la place que l’équipe municipale attribue au patrimoine. Deux indices permettent de nourrir les plus vives inquiétudes : la disparition des pavillons jumeaux de la rue du 14 juillet et de la rue Gatouillat, derniers témoins du passé cheminot de la ville, l’absence totale de réflexion patrimoniale sur la transformation de l’ex-place Camélinat. Remarquons au passage que cette dénomination ancienne et toujours familière aux habitants du quartier a totalement disparu du dossier, au profit de la « Place des écoles », encore plus ancienne (p9). Ce détail est bien conforme à un procédé langagier de notre premier édile. Plus inquiétant, le dossier relève la présence d’ « un tissu urbain mixte présentant des entités urbaines contrastées et peu de continuité : ilots mixtes, pavillonnaire moyennement dense, peu bâti, habitat collectif ancien, dents creuses », au début d’un paragraphe intitulé « un quartier(…) qui mérite un embellissement. »

Or c’est cette mixité qui confère son charme au quartier, ces « dents creuses » et ces jardins du «pavillonnaire moyennement dense » qui apportent des espaces verts et de la lumière à nos rues, c’est ce « habitat collectif ancien » affichant des ornementations d’époques révolues qui rehausse sa qualité patrimoniale. Loin de nous l’idée qu’il ne faudrait toucher à rien : le manque de logement est criant. On ne peut nier qu’il faille densifier les centre-ville. Reste à savoir par quel type de logement. Mais l’à-priori que ce type de paysage urbain est en contradiction avec « l’embellissement » est évidemment sous-entendu par les rédacteurs et les commanditaires du dossier. Ce qu’il faudrait, c’est une réflexion sur ce que l’on veut faire de chaque rue, à partir de sa qualité patrimoniale, et procéder de manière chirurgicale, au coup par coup. Ce qui se profile au contraire, c’est la brutale mise à l’alignement d’ilôts entiers avec des immeubles collectifs de 4 étages. Le refus d’imposer dans le PLU de 2015 la construction en retrait est un signe suffisamment éloquent. Puis viendra le temps où, par modification du PLU et du zonage, de nouveaux ilôts pavillonnaires proches du centre seront ouverts à la construction de grands immeubles.

Ainsi, la question posée sur la « mise en valeur du patrimoine bâti » est complètement biaisée. Scindée en « points forts et points faibles », elle n’offre à ceux qui suivent ce schéma logique aucune possibilité de développer une réflexion d’ensemble.

Il en est de même avec les questions sur les déplacements, la mise en valeur des espaces publics et paysagers, les services publics et les commerces. Le questionnement choisi vise à faire exprimer des vœux pieux sur des aspects partiels, certes importants à l’échelle des individus, mais sans qu’une vision d’ensemble soit suscitée. Rien n‘est fait pour inciter le citoyen à surmonter sa myopie.

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La concertation sur l’avenir du Centre-Gare 1/ la notion de « Centre Gare »

 

La forme du questionnaire écarte d’emblée la possibilité d’une réflexion globale, à l’échelle de la ville, le problème majeur de notre commune, ceci depuis plus d’un siècle, étant celui de la présence de plusieurs centralités qui s’ignorent. Il y est d’ailleurs fait discrètement allusion (p9) dans le dossier de concertation disponible sur le site de la mairie. Le défi de l’aménagement reste celui de lutter contre les coupures urbaines et la ségrégation sociale qu’elles entretiennent. Au XIXe siècle, celle qui séparait d’une part la société paysanne de la séculaire Aulnay-les-Bondis et d’autre part, les nouveaux venus, principalement bourgeois, du quartier du Parc. Une réponse avait été l’ouverture de l’avenue Anatole France qui reliait les deux centres. Aujourd’hui, l’opposition nord-sud demeure, le sud restant identifié comme « bourgeois » par les gens du nord, et le nord « zone de non-droit » par les gens du sud. Aucune réflexion sur l’aménagement de la ville ne peut faire l’économie de ce problème d’ensemble.

Manque donc dans ce questionnaire la question de savoir comment un aménagement du centre-gare peut remédier à cette coupure spatiale et sociale, pour faire émerger une identité aulnaysienne commune.

Le terme même de « Centre gare » devrait être interrogé. Une autre gare, celle du Grand Paris, va produire une nouvelle centralité dans le nord. Les grands programmes immobiliers le long du CD 115 vont modifier l’équilibre démographique : le développement d’une nouvelle centralité autour du carrefour du Soleil Levant se profile sans qu’une réflexion sur les services nécessaires semble émerger. Et que dire du quartier de 3500 logements projeté sur les terrains PSA ? La carte du début du XXe siècle (p6) du dossier de concertation est à présent totalement obsolète. Le « Centre gare » n’est absolument plus au centre géographique de la commune, et bientôt, il n’aura plus le monopole de la gare.

Les mots ont leur importance : en pérennisant cette expression, on contribue à marginaliser les autres espaces de la ville, à privilégier un quartier et sa population au détriment des autres. Une réflexion devrait donc être engagée sur la terminologie. Puisqu’il s’agit de se tourner vers l’avenir, pourquoi ne pas parler dès aujourd’hui des quartiers « Gare sud » et « Gare nord » ?

Lire la suite « La concertation sur l’avenir du Centre-Gare 1/ la notion de « Centre Gare » »

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La concertation sur l’avenir du Centre-Gare 2/ le patrimoine bâti

La question sur le patrimoine bâti vient en dernier dans le questionnaire : c’est dire la place que l’équipe municipale attribue au patrimoine. Deux indices permettent de nourrir les plus vives inquiétudes : la disparition des pavillons jumeaux de la rue du 14 juillet et de la rue Gatouillat, derniers témoins du passé cheminot de la ville, l’absence totale de réflexion patrimoniale concertée sur la transformation de l’ex-place Camélinat. Remarquons au passage que cette dénomination ancienne et toujours familière aux habitants du quartier a totalement disparu du dossier, au profit de la « Place des écoles », encore plus ancienne (p9). Ce détail est bien conforme à un procédé langagier de notre premier édile.

Plus inquiétant, le dossier relève la présence d’ « un tissu urbain mixte présentant des entités urbaines contrastées et peu de continuité : ilots mixtes, pavillonnaire moyennement dense, peu bâti, habitat collectif ancien, dents creuses », au début d’un paragraphe intitulé « un quartier(…) qui mérite un embellissement. »

Or c’est cette mixité qui confère son charme au quartier, ces « dents creuses » et ces jardins du «pavillonnaire moyennement dense » qui apportent des espaces verts et de la lumière à nos rues, c’est ce « habitat collectif ancien » affichant des ornementations d’époques révolues qui rehausse sa qualité patrimoniale. Loin de nous l’idée qu’il ne faudrait toucher à rien : le manque de logement est criant. On ne peut nier qu’il faille densifier les centre-ville. Reste à savoir par quel type de logement. Mais l’à-priori que ce type de paysage urbain est en contradiction avec « l’embellissement » est évidemment sous-entendu par les rédacteurs et les commanditaires du dossier. Ce qu’il faudrait, c’est une réflexion sur ce que l’on veut faire de chaque rue, à partir de sa qualité patrimoniale, et procéder de manière chirurgicale, au coup par coup. Ce qui se profile au contraire, c’est la brutale mise à l’alignement d’ilôts entiers avec des immeubles collectifs de 4 étages. Le refus d’imposer dans le PLU de 2015 la construction en retrait est un signe suffisamment éloquent. Puis viendra le temps où, par modification du PLU et du zonage, de nouveaux ilôts pavillonnaires proches du centre seront ouverts à la construction de grands immeubles.

Ainsi, la question posée sur la « mise en valeur du patrimoine bâti » est complètement biaisée. Scindée en « points forts et points faibles », elle n’offre à ceux qui suivent ce schéma logique aucune possibilité de développer une réflexion d’ensemble.

Il en est de même avec les questions sur les déplacements, la mise en valeur des espaces publics et paysagers, les services publics et les commerces. Le questionnement choisi vise à faire exprimer des vœux pieux sur des aspects partiels, certes importants à l’échelle des individus, mais sans qu’une vision d’ensemble soit suscitée. Rien n‘est fait pour inciter le citoyen à surmonter sa myopie.

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La concertation sur l’avenir du Centre-Gare 3/ les commerces et la circulation

La réflexion sur le commerce ne peut être séparée de celle sur la circulation et le stationnement, ce qui est pourtant le cas dans le questionnaire. Malheureusement, on ne peut imposer par décret municipal l’implantation d’un commerce. On peut en revanche tuer un commerce en laissant un promoteur démolir l’immeuble où il est installé. (Voir le café de l’ex place Camélinat : la clientèle s’est reportée ailleurs). Ne nous voilons pas la face : si le petit commerce périclite, c’est parce que nos habitudes de consommation ont évolué. Il faut une politique active d’intervention sur le marché des baux commerciaux pour avoir une chance de sauver ce qui peut l’être encore.

Nos habitudes de déplacement privilégiant l’automobile rendent la fréquentation des commerces entièrement dépendante des facilités de stationnement. Nous ne pensons pas qu’il faille multiplier les parkings et s’engager dans la course sans fin du plus de parking et toujours plus de voitures. Nous pensons que l’effort doit être porté sur la fluidité du stationnement. Une période de gratuité ou de faible coût le temps nécessaire aux achats (une heure maximum), puis un coût et des amendes dissuasives lorsqu’on dépasse ce délai. Et surtout, une politique fermement répressive contre tous les abus, comme le stationnement en double file (souvent à hauteur d’une place libre !). Les lourds investissements de télésurveillance serviront-ils à lutter contre ce fléau quotidien du stationnement sauvage au mépris des autres usagers de la rue ? En général, les voies principales devraient être aménagées afin que les véhicules ne puissent s’installer sur le trottoir de sorte à obliger les piétons à marcher sur la chaussée, à leurs risques et périls (voir la rue du Gros Peuplier). Et les rues empruntées par les bus ne doivent plus faire l’objet d’un stationnement alterné, source de désordre lors du changement de côté.

Le plan de circulation fait l’objet d’une réflexion spécifique. Le projet du cabinet Egis, à la demande de la municipalité, vise à faire diminuer la circulation de transit en complexifiant la circulation sur les voies municipales par une multiplication des sens unique. Cela se tient. Le problème risque en effet de s’aggraver avec la future réduction de la capacité de la N3, une voie étant dévolue à un bus en site propre. Un autre sujet d’inquiétude est l’ouverture d’une nouvelle voie vers la zone d’activité des Pavillons-sous-bois depuis la rue Saint-Anne. Et que dire du trafic généré par le futur centre commercial pavillonnais près du canal ?

Le souhait d’un accès à l’autoroute vers la province au niveau de Bondy nord reste une illusion, le département ayant fait le choix, lorsqu’il en aura les moyens, d’une bretelle depuis la N3 pour délester le pont de Bondy.

Il reste que les problèmes de circulation relèvent tout autant de la responsabilité des citoyens que de celle des autorités. Sans effort individuel des habitants pour consacrer un peu de temps à se garer correctement et utiliser leur garage lorsqu’ils en ont un, pas d’amélioration possible.

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La concertation sur l’avenir du Centre-Gare 4/ les services

En matière de services, les habitants ont pointé lors des réunions de quartier l’offre insuffisante de locaux disponibles pour les associations. Après une période très tendue en début de mandat qui a visé entre autres à décourager les associations qui ne paraissaient pas suffisamment liées aux besoins locaux (ex : Environnement 93), ce qui a affaibli le rayonnement de la commune, les tracasseries administratives sont moindres, mais l’offre reste très insuffisante. Dans une ville qui dépasse largement les 82000 habitants et compte environ 600 associations, aucun grand espace ne leur est spécifiquement dédié, et très peu de lieux d’exposition sont disponibles pour l’activité artistique associative.

Plusieurs terrains ou constructions semblent pourtant disponibles : sur l’avenue de la Croix Blanche, le terrain de l’ancien Hôtel des Impôts, gelé depuis la dernière campagne électorale, parait voué à accueillir des services municipaux et des logements. Mais à la Mairie, il semble surtout urgent d’attendre au-delà du prochain scrutin. La ferme Frottié, acquise récemment par la municipalité, avec sa cour et ses diverses constructions, pourrait peut-être offrir un espace propice à des synergies entre associations artistiques, artistes en résidence, annexe de l’École Claude Monet. Un tel projet devrait être mis en réseau avec la concentration culturelle de la ville au Vieux Pays, et proposer à la fois un ancrage local et une spécialisation artistique. Prolongement du parc Bigottini, il donnerait un peu de vie à un quartier peu animé.

Enfin l’esplanade Dumont faisant office de parking est comme une friche au milieu du quartier. Un pôle de services administratifs, associatifs et culturels, tout en conservant un niveau de parking, devrait s’y trouver. C’est également un lieu possible pour la médiathèque qui nous manque cruellement, avec l’inconvénient d’être loin des populations du centre et du nord de la commune.

Évidemment, voeux pieux que tout cela : il faudrait d’abord qu’une politique culturelle soit élaborée et discutée avec les habitants. Dans la liste des 20 adjoints au maire, la délégation à la culture arrive au 17e rang. C’est tout dire

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Nos propositions pour le PLU (1/2)

I/ LE PADD

Quelle croissance?

L’avenir des terrains de PSA et la création d’une gare du Grand Paris Express justifieraient à eux seuls la révision du PLU. Mais ces dossiers doivent s’intégrer à une réflexion d’ensemble sur l’avenir que nous souhaitons pour notre commune. Or il nous manque un document essentiel, qui définisse les besoins réels en habitat (PLH).

Dans un pays dont la population continue de croître, il serait illusoire d’imaginer que la population aulnaysienne puisse rester toujours au même niveau. On ne peut chercher à attirer des entreprises, à développer l’emploi de la commune et croire que cela se ferait sans accroissement démographique, sachant qu’une grande partie des emplois proposés à Aulnay sont assurés par des personnes étrangères à la commune, qui souhaitent légitimement dès que possible rapprocher leur domicile de leur emploi. D’autre part, qui peut se féliciter de voir les jeunes quitter la commune par manque de logements à leur portée?

Il n’en reste pas moins qu’on ne peut souhaiter non plus que la population aulnaysienne augmente rapidement, ce qui impliquerait d’augmenter tout aussi vite l’offre de services publics. Cela semble très difficile dans le contexte actuel. Il faut opter pour une croissance mesurée, donc contrôlée. Ce contrôle de la croissance devrait être l’une des données de base du PLU.

La densification des centres est une nécessité. Le temps de la ville mangeuse d’espace est révolu. Non seulement parce qu’il faut préserver les espaces agricoles, mais surtout parce que l’étalement urbain multiplie et allonge les déplacements, facteurs de stress, de gaspillage et de pollution. Mais cette densification doit être limitée, pour ne pas dégrader les conditions de vie des habitants.

Il faut donc mettre des limites à la construction. C’est dans le règlement du PLU que ces limites doivent être bien définies: nombre d’étages, recul par rapport à la chaussée, surface minimum ne permettant pas la division à l’extrême des parcelles, etc.

L’attractivité

Le maître mot du Plan d’Aménagement et de Développement Durable (PADD) devrait être « attractivité ». Entendons par là le caractère d’une commune qui attire mais surtout où l’on souhaite rester. Cela suppose d’offrir à des personnes de classes d’âge et de niveau de revenu différents des logements, des emplois, des services ( commerce, transport, santé, éducation, loisirs, culture) avec un cadre de vie agréable (convivialité et sécurité). Cela passe par la correction des faiblesses et la mise en valeur des atouts.

En matière de logements, la principale lacune est le déséquilibre qualitatif et spatial de l’offre, aux deux extrémités du parcours résidentiel. Notre commune manque de logements pour jeunes et foyers monoparentaux, mais aussi de logements de standing pour les cadres des entreprises du secteur ou adaptés aux besoins des personnes âgées. De plus, actuellement, ces différents types de logement sont implantés géographiquement de façon très inégalitaire. Il faut prévoir l’implantation de logements d’un standing plus élevé dans le nord, et dans le sud, des logements locatifs accessibles aux enfants de ceux qui y habitent déjà.

L’état du CD 115, vitrine de notre commune pour tous ceux qui la traversent est alarmant: il commence par un goulet d’étranglement, avec des verrues architecturales, et continue avec une succession de friches et deux cimetières. Il faut un projet ambitieux pour réhabiliter cette voie essentielle.

Il nous faut d’urgence un plan de prévention des risques et impérativement prendre en compte la vulnérabilité de notre territoire aux risques naturels. Outre les risques de dissolution des gypses et de contraction des argiles, la faible pente, la proximité de la nappe phréatique, la présence aujourd’hui masquée de deux rivières, font que le risque d’inondation est partout présent. C’est pourquoi il faut éviter la création de garages en sous-sol pour les pavillons, de même que de parkings enterrés sur deux niveaux pour tous les immeubles collectifs, sans oublier les bassins de rétention à aménager dans les quartiers les plus exposés.

Les mobilités doivent être facilitées, mais l’étroitesse des rues et le bâti existant laissent peu de place à des améliorations autres que pour les piétons (souterrains de la gare, trottoirs…), le développement des transports collectifs et une meilleure répartition des activités culturelles ou sportives sur tout le territoire. L’accentuation du rôle de centralité sous-régionale de la commune demandera des capacités supplémentaires pour le bus et le rail, ainsi que la création d’un parking souterrain (PIR) coté Gare-Nord Mairie. Les parkings publics de 2 roues devront être systématiques, et les constructions privées avoir des parkings 2 roues et poussettes au niveau du sol. Enfin, la recherche de remèdes aux discontinuités de l’espace créées par la Nationale 2 et le réseau ferré doit rester une préoccupation fondamentale.

Les atouts de la commune doivent être préservés et mis en valeur. Les espaces verts doivent être mis en relation pour que l’on puisse parcourir une trame verte. La zone pavillonnaire doit être préservée, aussi bien les espaces végétaux que le patrimoine architectural : dans ce but il est impératif de mettre un terme à la division des terrains. L’offre commerciale, qui a été un atout de la commune, doit voir son déclin enrayé et trouver un nouveau dynamisme. Le pôle culturel du Vieux Pays, avec des institutions de grande qualité, doit être plus visible. Il faut aussi mieux valoriser la centralité régionale apportée par la gare RER en implantant à proximité équipements culturels (autre lieu d’implantation possible pour la médiathèque : voir plus loin), salles pour les grandes réunions et expositions, activités communes aux villes dans le cadre de l’intercommunalité. Par ailleurs, en raison des dimensions de la commune, à l’échelle des quartiers, il faut que chacun dispose d’antennes décentralisées pour les services et des salles de réunion pour les associations.

Où construire?

Où sont les réserves foncières? La tentation de construire autour des « axes structurants » pose problème. Le terme convient historiquement bien à l’axe Anatole France-route de Bondy, aujourd’hui, dans sa partie nord surtout, en déprise commerciale. Il est profondément affecté par la coupure du réseau ferré. Les constructions nouvelles, en particulier sur les terrains libérables par la SNCF doivent s’intégrer à une réflexion d’ensemble sur l’amélioration des échanges de part et d’autre des voies. L’étroitesse des rues de ce quartier est une contrainte dont il faut également tenir compte. L’aménagement envisagé pour le quartier Mairie ne doit pas être abandonné, mais revu à la baisse. Ce quartier Centre Gare-Mairie revêt une importance essentielle et doit servir à développer la mixité sociale, avec le pourcentage de logements sociaux prévu dans la convention avec la région (EPFIF).

Avec la nouvelle gare du GPE, le CD 44, surtout la rue Jacques Duclos va voir renforcée sa fonction d’axe structurant. Le développement d’un bâti de meilleur standing peut être opportun, à condition qu’il ne dégrade pas le cadre de vie des zones pavillonnaires limitrophes.

Le CD 115, qui contourne les pôles historiques de développement, n’a jamais été un axe structurant. C’est bien au contraire un axe à structurer. Affecté par des nuisances significatives dues à une importante circulation de transit, il n’est pas souhaitable d’y implanter des immeubles de grande hauteur qui nuiraient également aux zones pavillonnaires limitrophes. Cet axe serait plus adapté à l’implantation d’équipements, par exemple la médiathèque qui manque à notre commune. Édifiée dans la zone du carrefour du Soleil Levant, à la pointe du pôle culturel, elle pourrait à la fois être ici, par un geste architectural fort, un emblème de notre ville et le point de départ d’un cheminement piéton vers les autres grandes institutions culturelles.

On ne devra pas considérer comme réserve foncière des espaces appropriés par la population comme espaces de loisirs, tels que les terrains au sud du vélodrome, essentiels pour les habitants du quartier Savigny. Les espaces libérés dans la partie sud doivent s’intégrer à un paysage urbain extrêmement divers, qui permet d’envisager des formes d’habitat intermédiaire, collectif et locatif, répondant aux lacunes du parcours résidentiel, mais dont les formes ne seraient pas en rupture avec l’environnement, et permettant une protection efficace du patrimoine arboré.

Il faudrait repartir du PLU 2008 pour la réflexion et permettre l’adaptation fine des permis, en fonction des modifications et des problèmes connus depuis.

Etudes

Nos propositions pour le PLU (2/2)

II/ LE ZONAGE

On peut définir des sous-zones pour s’adapter au mieux (sur mesure) au parcellaire. Avant 2008 existait une zone UE intermédiaire : maisons de ville (R + 2). Pourquoi pas des zones UD (franges du centre ville) différenciées : R + 3 ou R + 4 ? Et en zone UA (centre ville), des zones R+5 R+6? Éventuellement sur des parcelles précises (parking Dumont, terrains SNCF) des hauteurs plus élevées pour des repères urbains et architecturaux animant le centre-ville.

A l’inverse dans les rues étroites ou avec trottoirs insuffisants il faut se limiter à des maisons de villes (type UE R + 2). Les zones patrimoniales sont à définir. (café du Soleil Levant, pavillon Rapaud). La zone UC (grands ensembles collectifs) doit être rénovée et équipée en priorité. Les zones vertes (UV) doivent le rester, les sols doivent être protégés : on peut réfléchir à des usages différents au cours de l’année qui ne mettent pas en cause les sols. Par exemple une zone de camping et de rassemblements festifs, de plage d’été…

III/ LE RÈGLEMENT

Le retrait doit être la norme. A cause des voies étroites, de l’augmentation des circulations, de la place à réserver aux piétons et aux bus, la route des petits ponts, par exemple, accueillera difficilement des sites propres pour les bus avec des constructions à l’alignement ! En zone commerciale (boulevard de Strasbourg) seuls les commerces peuvent être à l’alignement. Il faut un plan de reconquête des trottoirs pour l’accessibilité qui à ce jour n’existe pas : il faudrait partout 2 mètres minimum.

La profondeur de la zone de constructibilité doit revenir à 14 mètres (au lieu de 19 mètres depuis 2009) en zone UD (franges du centre ville) pour préserver le cadre de vie des riverains (vue, ensoleillement etc.).

Les surfaces minimum : elles doivent être spécifiées pour toutes les zones. En zone UG (pavillonnaire) il faut limiter à 200 ou 250 m2, aussi bien pour la préservation de la biodiversité des espaces verts et boisés, que pour restreindre la largeur en façade. Le règlement doit également trouver une parade à la suppression du COS. Le multi-logement qui se développe (souvent des « marchands de sommeil ») doit être limité ou empêché.

Les parkings : En zone UG (pavillonnaire) il faut interdire les parkings souterrains et imposer 1, 2 ou 3 places au sol perméable en fonction de la SDP (surface de plancher). Il faut des puisards pour les eaux de pluies en plus des 40% d’espaces verts et limiter au maximum les rejets à la rue. Les parkings souterrains, très coûteux, doivent être limités aux zones les plus denses. En zone UD (franges centre ville) : un seul niveau maximum et une place minimum par logement  (un mode de calcul en % de la SDP est souhaitable). On doit encourager les parkings en rez-de-chaussée qui diminueraient le coût des logements.

Une nécessaire ambition

Un PLU n’est pas un document circonstanciel. C’est un projet à long terme pour la ville. Il doit offrir des perspectives séduisantes, l’expression d’un dynamisme, et non pas se recroqueviller sur des positions défensives. Mais s’il doit donner aux responsables communaux les moyens d’orienter le développement, il doit aussi leur donner tous les moyens de le maîtriser sur des bases parfaitement claires pour tous les habitants. C’est là que le règlement jouera un rôle fondamental, car il est vrai aussi que les belles intentions des PADD qui font souvent consensus ne pèsent pas lourd face aux réalités sonnantes et trébuchantes qui sont fonction des droits à construire définis par les règlements.

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