Etudes

LA MÉLODIE DE NOS RUES

Ce fut l’un des maîtres mots de Bruno Beschizza : « Je veux du « beau » pour les Aulnaysiens ». On pourrait se demander pour quels Aulnaysiens, mais ce n’est pas là l’essentiel.  S’agissant de notre paysage urbain, peut-on parler de « beauté » pour Aulnay ? Il est vrai que beaucoup d’habitants sont attachés à leur cadre de vie, rehaussé par ce qu’on peut considérer comme des éléments patrimoniaux : bâtiments dotés d’une véritable qualité architecturale, jardins, parcs, arbres isolés ou alignements remarquables.

Cependant Aulnay est marqué par un profond contraste entre deux espaces urbains : celui du sud et du Vieux Pays, où domine l’habitat pavillonnaire, souvent d’avant-guerre, et le nord, caractérisé par un habitat collectif avec des immeubles de grande taille construits à partir de la deuxième moitié du XXe siècle. Ces « grands ensembles » qui avaient leurs qualités, sont souvent dégradés, et dans leur conception, généralement dépréciés. La réhabilitation, voire la destruction, sont de mise pour les plus anciens, tandis que de nouvelles constructions, aux formes moins monotones, apparaissent, principalement dans le cadre d’un grand projet de « rénovation urbaine ».  Cette transformation matérielle pose principalement le problème des évolutions sociales, ce qui n’est pas le sujet de la présente réflexion. La question de la beauté de ces quartiers en mutation ne peut être abordée avant la fin de cette phase de transformation. Mais elle appartient essentiellement aux habitants eux-mêmes, et passe par la réponse à deux questions : aiment-ils leur quartier, et si oui, pourquoi ? On peut déjà imaginer que dans cet habitat collectif très dense, l’intensité des relations humaines, porteuses de plaisirs  ou de désagréments, prime sur toute considération esthétique.

On peut aussi poser comme corollaire que dans l’habitat individuel, la part des relations humaines est moins grande dans l’appréciation du cadre de vie, chacun pouvant rester sur son « quant à soi » et privilégier les relations humaines choisies. Dans ce milieu démographiquement beaucoup moins dense, le plaisir du promeneur est un élément fondamental de l’appréciation du cadre de vie. D’où vient ce plaisir, en dehors de l’imprégnation de certains lieux par des souvenirs d’épisodes plus ou moins heureux ?  Quel est la part du plaisir esthétique ?

La différence fondamentale entre le promeneur et l’urbaniste, c’est que pour le second, le plan est essentiel. Il voit d’abord les choses d’en haut, le tracé des rues. Le promeneur, lui, ne voit que l’horizontalité des choses, le profil des rues. Et c’est dans ce profil qu’on peut chercher quelque chose qui s’apparente à la beauté. Pour cette recherche, une métaphore musicale peut être féconde. Les notions de « fausse note » ou de « dissonance » sont déjà naturelles pour désigner une incongruité dans un processus linéaire. Mais on peut aller beaucoup plus loin et proposer une grille d’interprétation fondée sur la comparaison entre la rue et une portée musicale.

Considérons d’abord que les notes sur une portée sont de hauteur variable. Si elles étaient de hauteur identique, il n’y aurait pas de mélodie, on n’aurait affaire qu’à un son continu, presque un bruit. Rondes, blanches, noires ou croches, elles sont aussi de durée variable. Il en est de même avec une rue d’un quartier pavillonnaire : les variations d’espacement et de taille des maisons sont une donnée fondamentale. Ces quartiers déjà relativement anciens n’ont rien à voir avec les lotissements récents de la périphérie et du périurbain, généralement une répétition d’un modèle unique, avec de faibles variations. L’uniformité et la monotonie sont étrangères aux quartiers pavillonnaires d’Aulnay. Comme la construction de ces pavillons s’étire sur un siècle et demi de grignotage des espaces agricoles et forestiers, toutes les époques, tous les styles se côtoient, et le seul point commun de ce paysage de banlieue avec celui de la ville centre, c’est qu’on peut, comme à Paris, s’amuser à deviner à quelle époque appartient chaque bâtiment. Le plaisir du promeneur est donc d’abord l’extrême diversité de ce bâti, chaque maison ayant sa personnalité, et l’on peut se prendre à rêver en se demandant si elle reflète la personnalité du propriétaire, ou si c’est le caractère de la maison qui influe sur celle du propriétaire.

Sur une portée figurent aussi des variations d’intensité, forte ou piano, crescendo ou decrescendo. Une rue peut ainsi être affectée par une soudaine inflexion, la présence d’un immeuble de grande hauteur. Pourvu qu’il n’ait pas été construit dans une époque de profonde pauvreté architecturale, cela peut être une rupture bien venue, un point de repère sur une horizontalité de faible hauteur. 

Un élément essentiel de l’écriture mélodique, ce sont les silences, sans lesquels il n’y a pas de respiration. Ainsi dans une rue, il y a des espaces non construits. Un soupir, c’est un jardin, une demi-pause, un arbre isolé, une pause, un petit parc. Ces ruptures du front bâti jouent un rôle déterminant dans l’agrément des rues, en leur donnant un rythme fondé sur le jeu des ombres et des lumières. Dans la circulation de la lumière se joue l’âme d‘une rue. Faire la chasse aux « dents creuses » et privilégier un front bâti uniforme et continu est une erreur fondamentale, qui selon l’orientation, l’heure de la journée et la saison, va plonger une rue dans la pénombre ou l’éblouissement. Au contraire, il faut être attentif à partout laisser des trouées de lumière ou de verdure.

Enfin toute mélodie s’inscrit dans une tonalité, définie par les altérations inscrites à la clé, de do majeur à si mineur. La tonalité d’un paysage urbain est déterminée par des matériaux et des procédés de construction. Les pavillons les plus typiques d’Ile de France associent meulière, brique, linteaux en fonte et carrés de céramique colorée. Il en est de même pour les immeubles collectifs de la fin du XIXe siècle jusqu’à l’entre-deux guerres. Les toitures en encorbellement avec corbeaux entretoisés sont une autre caractéristique de beaucoup de faîtages influencés par le style balnéaire. Introduire dans cet ensemble un prétendu style Ile-de France, avec des combles faussement mansardés à pans façon ardoise n’est qu’un alibi de promoteur pour optimiser les greniers et en faire des appartements. Des façades lointainement inspirées du style haussmannien, agrémentées de coupoles d’angle apportent une dissonance proche du kitsch. Le parement de pierre de taille, totalement étranger au caractère de nos rues dénote surtout une prétention « nouveau riche ».  Toute architecture nouvelle devrait comporter au moins quelques citations du style traditionnel, quelques surfaces en meulière ou brique d’une couleur voisine de celles des anciennes constructions. Ces préconisations ne font qu’illustrer l’article 1 du règlement d’urbanisme repris au début des règles définies pour chaque zone.

À moins que l’architecte ait assez de talent et de liberté pour refuser le pastiche et créer un immeuble en totale rupture, mettant en œuvre une façon vraiment contemporaine d’agencer les volumes, les matériaux et les couleurs, et apportant ainsi une note inattendue qui va donner à la mélodie de la rue une forte personnalité, sans doute sujette à controverse, mais riche d’intérêt.  

L’avantage de cette grille de lecture est d’évacuer la notion de beauté qui conduit tout droit à l’impasse « des goûts et des couleurs, etc. » qui rend impossible toute définition et tout accord. Ce qui est possible, c’est de considérer une rue dans son ensemble, de réaliser des préemptions pour maintenir des respirations et des trouées de lumière, de pousser les promoteurs et les architectes à faire preuve soit d’imagination, soit de respect pour le bâti existant. Mais cela ne fera jamais des mélodies de nos rues des chefs-d’œuvre absolus de la musique symphonique. Ce ne sera jamais que de la musique populaire, qui a aussi son charme. Ce à quoi on peut et doit veiller, c’est qu’elle soit bien écrite.

R-A Bougourd, juillet 2019

arbres

Lettre au Maire, Alignements et Place Abrioux

M. Bruno BESCHIZZA

Maire d’Aulnay-sous-bois

Monsieur le Maire,

Le récent épisode de canicule a pu sensibiliser les Aulnaysiens à l’importance de la mise en place dans une ville de pratiques permettant de limiter la hausse des températures dans des espaces où la minéralisation est importante.

La présence d’arbres donnant beaucoup d’ombre est évidemment un facteur déterminant pour freiner l’accumulation de chaleur. Ainsi nous nous inquiétons de la politique systématique de remplacement des alignements d’arbres. Certes le souci de sécurité justifie l’abattage des arbres malades. Mais abattre sans discernement individus malades et bien portants ne nous  paraît pas la meilleure des solutions. Les épisodes de canicule vont inexorablement se multiplier et s’intensifier et les jeunes arbres ne donnant pas encore d’ombre, ne permettent aucune régulation thermique. Ils vont souffrir d’autant plus, ce qui nécessite un arrosage régulier.  Cela mérite débat.

Il en est de même avec le choix de mettre fin à la taille en rideau. Cette pratique contribue à caractériser un paysage urbain typique (que l’on retrouve dans nombre de jardins à la française) et offre un ombrage sans interruption, ce qui ne sera pas le cas avec des arbres en port libre avant de nombreuses années. Nous aimerions également que ce choix soit mis en discussion.

Le problème de la régulation des températures en ville est une des raisons qui rend si regrettable la disparition des tilleuls de la place Abrioux. Certains devaient être remplacés, mais la majorité pouvait rester si l’on avait fait un choix autre que celui d’un parking souterrain. La prétendue « végétalisation » de la place n’apportera pas d’ombre, à l’instar de celle précédant le tunnel de la gare, et celle des arbres en pot ne peut être qu’extrêmement réduite. Nous nous demandons quelles mesures ont été prises pour que la surface bétonnée de la place n’agisse, ni comme un réverbérateur de lumière, ni comme un accumulateur de chaleur. Si cela n’a pas été fait, nous vous prions de demander à l’entreprise d’étudier cet aspect tant qu’il est encore temps.

Nous nous réjouissons par ailleurs de la mise en place d’un comité de pilotage pour la rédaction d’une Charte de l’arbre. Cette satisfaction est cependant tempérée par le regret qu’un an ait été perdu, puisque nous avions fait cette demande par une lettre datée du 13 avril 2018 suivie d’une relance datée du 26 juillet 2018, lettres restées sans réponse. Il faut croire que ces courriers ont été perdus. Pour éviter pareille mésaventure, nous prenons sur nous de transmettre directement une copie de courrier à Mme Luca, directrice de l’Espace Public, qui porte ce projet. 

Veuillez croire, Monsieur le Maire,  à notre attachement sincère  à la qualité de vie des Aulnaysiens, et recevoir nos meilleures salutations.

Pour le bureau, le président, René-Augustin BOUGOURD

Actions, Camélinat

La place Abrioux : aujourd’hui une piscine, demain une centrale thermique ou une glacière

Aulnay Environnement manifeste contre le parking souterrain Abrioux et la dénomination du parc rue Jules Princet, futur « Cours Napoléon Bonaparte »

AUJOURD’HUI UNE PISCINE : Notre première adjointe nous avait invités à « écouter les experts » en indiquant que l’eau ne venait pas de la nappe phréatique, mais résultait de l’usage d’une foreuse. Jouez avec nous : cherchez la foreuse sur la photo !  Madame, sachez que l’expertise des habitants, familiers des inondations, cela existe !

DEMAIN UNE CENTRALE THERMIQUE : le récent épisode de canicule, en montrant combien le ravalement très clair de l’annexe du collège était éblouissant, nous a fait prendre conscience d’un autre vice fondamental de conception de la future place : avec la disparition de l’ombre des grands tilleuls, que ne compensera jamais la présence de quelques arbres en pot,  cette grande place bétonnisée réverbérera intensément la lumière, sans parler de la façade du nouvel immeuble entièrement « en pierre de taille massive » ! Et n’oublions pas que le projet du maire, pour sa prochaine mandature, est d’offrir au même promoteur le terrain disponible au sud : à ce moment, la place en été sera un des grands « points chauds » de la commune. Et en hiver une glacière, puisqu’en cette saison, le soleil ne passe pas au-dessus des immeubles de 5 étages ! Tout cela relève de la simple observation et du bon sens!

En attendant, pour nous consoler, le discours d’inauguration nous a offert quelques perles bien réjouissantes à ajouter à la décision de nous doter d’un « cours Napoléon Bonaparte ». Pour vanter cette victoire du béton sur le patrimoine arboricole, on a parlé de « végétalisation », avec  la présence d’un olivier, et on a invoqué Marcel Pagnol ! Et dans ces catacombes, on nous a promis de la musique et des parfums ! Le chant des cigales et des parfums au tilleul ?

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Ballanger : rien qu’une victoire d’étape

Les lecteurs du Parisien (mais pas ceux d’Oxygène) viennent de l’apprendre : le cabinet Richez va, sur la demande du maire, faire « une nouvelle proposition dans laquelle le parc sera préservé. »

Que faut-il entendre par cette déclaration, fort vague au demeurant ? S’agit-il de l’ensemble du parc Ballanger, ou juste du parc paysager ? Nous voulons comprendre l’abandon de ce qui était le plus choquant, un cinquième du parc paysager dévolu aux promoteurs. Si c’est bien le cas, pour tous ceux qui s’y sont opposés, c’est une victoire. Mais partielle.

Le projet de construction concernait la partie Ouest. Mais qu’en sera-t-il de la partie Est ? Car le problème de relier à la ville le quartier d’habitation Val Francilia reste entier.

A l’est du parc paysager, le PLU prévoit déjà une voie de passage le long de l’actuel plateau sportif, ce que nous avons toujours dénoncé. Le projet Richez donnait une interprétation très large de cette possibilité : une place triangulaire, d’où partent deux voies vers les rues Degas et Maryse Bastié, celle vers Degas intensément parcourue par de jolis petits véhicules qu’on imagine électriques. 

  • Nous ne pouvons pas faire confiance au cabinet Richez pour imaginer une solution qui respecte réellement le parc. La façon dont le porteur du projet le défendait dans le Parisien du 6 juin 2019, dit bien le peu de considération qu’il avait pour ce très bel espace vert : « créé de toutes pièces, il y a quarante ans. Les buttes, par exemple, sont les remblais du RER B. C’est dire si la banlieue a été maltraitée… et pourtant, on ne les arasera pas. » Une déclaration mensongère, car cet arasement était bien prévu à des endroits stratégiques : la place triangulaire, le débouché sur les rues Degas et Maryse Bastié, et tout le long, entre le parc paysager et le plateau sportif, pour créer un ensemble unifié et faire passer un plan d’eau. On ne sache pas que l’eau remonte les pentes.
  • Nous ne pouvons pas croire que les voies traversant le parc seront réellement « douces » et réservées aux vélos ou à d’hypothétiques navettes électriques. Étant donné la contradiction totale entre les promesses électorales de 2014 et la politique mise en œuvre après les élections, nous ne pouvons plus croire aux engagements de cette municipalité.

Il y aurait une condition : c’est que les habitants soient associés à la conception du projet en amont, qu’ils soient co-rédacteurs de cette « nouvelle copie ». Mais ce n’est vraiment pas dans l’ADN de cette équipe. On va encore gâcher de l’argent, en faisant travailler des « experts » qui vont devoir revoir un projet dont la municipalité elle-même avait posé les principes, et dont on doute qu’ils remettent en cause leur projet de traversée du parc.

Nous ne croyons pas un instant que M. Beschizza se soit soudainement converti à une juste compréhension de la « démocratie de proximité ». Le procédé choisi pour faire connaître son revirement est en lui-même révélateur de son mépris pour les associations qui ont dénoncé les aspects scandaleux du projet. Répond-il à la lettre conciliante d’Aulnay Environnement ? A la poubelle, la lettre ! S’adresse-t-il à VME et au CADA, au collectif ABC dont les adhérents viennent chaque week-end  informer les habitants de ce dont il n’a jamais voulu clairement parler? Pas davantage ! Il choisit d’envoyer une lettre à une association dont l’action en faveur du parc a été singulièrement discrète.

Après 4 ans d’urbanisme brutal imposé aux Aulnaysiens, M. Beschizza ne s’est pas brusquement mis à « entendre la population ». À un an des municipales, il a simplement « senti le vent du boulet ».

ValFrancilia/Ballanger

Monsieur le Maire, levez les ambiguïtés sur le parc Val Francilia!

L’éditorial du numéro d’Oxygène du mois de juin dans lequel il est longuement question des parcs et espaces verts,  laisse perplexe.

D’abord, on n’y trouve aucune mention de la concertation sur Val Francilia lancée depuis le mois d’avril auprès des Aulnaysiens, sur un projet qui impacte le parc Ballanger. Même si l’on peut imaginer que les délais d’impression ne permettaient pas de donner la synthèse de cette concertation présentée le 23 mai, il est étonnant que cette procédure annoncée comme la manifestation d’une volonté de démocratie participative soit ainsi passée sous silence.

Cette synthèse, réalisée avec honnêteté par l’organisatrice de la concertation pourtant membre du cabinet qui a élaboré le projet, indiquait sans ambiguïté que les participants refusaient toute modification du parc Ballanger, en particulier rejetaient le projet de construire sur 5 hectares du parc paysager !

Mais, à la ligne 25 de l’éditorial, on relève cette mention : « les premiers projets des aménageurs ». En bonne logique, cela veut dire qu’il devrait y avoir une deuxième version du projet Val Francilia, dont on veut croire qu’elle sera faite de sorte à prendre en compte les résultats de la concertation.

On peut donc penser que cette deuxième version respectera la spécificité du parc Ballanger, un lieu entouré de vallonnements qui masquent entièrement toute construction, ce qu’apprécient avant tout les promeneurs. Cette particularité est évidemment en complète contradiction avec l’argument des promoteurs du premier projet : « près de 3km de façade sur parc » ! Il est donc temps de considérer qu’il n’y a pas agrandissement du parc Ballanger mais création d’un deuxième parc, Val Francilia, aux caractéristiques bien différentes.  

Que les aménageurs (le cabinet Richez) mandatés par la municipalité n’aient pas compris d’emblée qu’il fallait respecter l’intégrité du parc Ballanger est en soi surprenant. Ils l’auraient sans doute mieux compris si une véritable concertation avec les habitants avait été organisée dès le départ de la réflexion.

C’est pourquoi nous envoyons au Maire une courrier pour lui demander d’organiser dès que possible un ou plusieurs groupes de travail réunissant sans exclusive les élus, les professionnels, les associations et les citoyens qui se sont déjà impliqués en s’inscrivant aux ateliers, ou qui souhaitent les rejoindre, sans oublier les membres des institutions de la démocratie représentative, comme le Conseil Économique, Social et Environnemental, ou le Comité de Pilotage des Conseils de Quartier.

La discussion pourra porter, entre autres, sur la forme de la communication nécessaire entre les deux parcs. Une telle manifestation de volonté de débat démocratique permettrait d’aborder avec plus de sérénité la période qui s’ouvre. Réunir les gens autour d’une table est un bon moyen d’éviter bien des dérives, et peut être, bien des malentendus.

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Quand un urbaniste ne voit pas plus loin que le bout de son contrat

Vincent Cottet, concepteur du projet Val Francilia dans Le Parisien du 7 juin : « L’enjeu principal  qui nous a été imposé par le Maire, c’est de ne pas reproduire le traumatisme des 3000, ce morceau de ville enclavé et qui n’a pas cicatrisé, comme une greffe qui n’a pas pris ».

Si l’on considère le plan de la ville (85 000 habitants, la 3e ville du 93) , on voit une sorte d’énorme ruban de 7 kilomètres de long, qui se rétrécit au sud jusqu’à 2km de large, et s’élargit lentement au nord jusqu’à environ 4 kilomètres, un ruban affecté par deux coupures fondamentales et difficiles à franchir : le RER B entre le sud et le centre, et l’ex nationale 2, prévue à l’origine pour être une bretelle autoroutière, qui sépare « le vieux pays » des « 3000 », à plus de 2 km du centre ville et de ses principaux équipements.  Dans les années 60, c’était dans le nord qu’il y avait les seules terres disponibles pour répondre à la crise du logement. Quelle erreur d’avoir construit là ! Mais construire des logements encore plus au nord, sur la friche PSA, voilà une idée géniale ! Et quel remède pour éviter « l’erreur des 3000 » ? Tout simplement prolonger le quartier à travers le parc Ballanger jusqu’à l’ex-nationale 2, qui par la vertu de la future gare du Grand Paris et de l’intense trafic qu’elle va accentuer, cessera   juste à cet endroit, d’être une coupure!

Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage : « ce parc (Ballanger) n’est pas vieux, il a été créé de toutes pièces, il y a quarante ans. » Quarante ans, c’est pourtant un bel âge pour les 17000 arbres qui y ont été plantés ! « Les buttes, par exemple, sont les remblais du RER B. C’est dire si la banlieue a été maltraitée ! »  On voudrait bien savoir d’où monsieur Cottet tient cette information. Quand bien même,  en sont-elles moins belles pour autant, ces buttes boisées qui créent un milieu protégé où l’on se croit en pleine nature ? M. Cottet est-il à ce point aveugle pour ne pas voir qu’il s’agit là d’un chef-d’œuvre paysager ?

 De sorte que cela ne le gêne pas de construire sur 1/5e du parc paysager, puisqu’il s’agit d’offrir aux futurs habitants «près de 3km de façade sur parc », selon l’argumentaire développé ailleurs par le cabinet Richez pour les promoteurs.  C’est en cela que « ce parc représente un sérieux atout ». Au passage, en prétendant qu’« on veut l’augmenter de 15 ha », il est contredit par le bulletin municipal qui ne parle que de 10 hectares, résultat de la soustraction des 15 nouveaux, moins les 5 construits.

M. Cottet en profite pour nous faire une leçon de morale: « ne soyez pas égoïstes ». Mais Monsieur Cottet, nous le sommes si peu que nous voulons que les habitants de Val Francilia puissent bénéficier du même « parc à vivre » que les Aulnaysiens d’aujourd’hui. Nous croyez-vous assez bornés pour refuser qu’un accès soit possible par le nord ? Mais par les mêmes types d’accès qu’au sud, des rampes et des escaliers, et non par les larges échancrures que vous préconisez, empruntées sur vos belles images non seulement par des piétons, mais aussi par toutes sortes de véhicules !

M. Cottet prétend qu’il n’y aura pas de tours de 10 étages. Il ignore donc que le PLU refait par l’équipe actuelle a défini à l’est de l’emprise PSA une zone UHa où l’on peut faire monter les constructions jusqu’à 46 mètres, et jusqu’à 20 mètres sur le reste de la zone ? C’est lui qui aura le pouvoir de refuser des permis conformes au PLU ?

M. Cottet omet un certain nombre de choses essentielles concernant l’emprise de sa « continuité urbaine ». Elle aura pour conséquence la disparition d’un Institut Médico-pédagogique de 2,5 ha accueillant une centaine de personnes et la fin de la quiétude pour le quartier pavillonnaire voisin de Blanc Village, habité par de nombreuses personnes âgées. Il ferme les yeux sur l’intensité des flux autour du site qui ne pourra que s’intensifier avec l’arrivée de la gare du Grand Paris et d’environ 10000 habitants de son nouveau quartier. Il ne voit pas qu’au sud de l’ex-nationale 2, il y a des zones d’activité vieillies et proches du centre qu’il serait pertinent de reporter sur PSA afin d’y installer son fameux quartier mixte et désenclaver un autre quartier qui en souffre, celui de Balagny. 

Et surtout, surtout,

il omet de dire que Val Francilia est à la limite du cône de bruit

Vivre les fenêtres fermées, voici le paradis qu’il promet aux futurs Valfranciliens !

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Une proposition alternative pour la liaison Gare du Grand Paris – Campus de formation

Aux Aulnaysiens qui ont participé à la réunion organisée mardi 28 mai par Aulnay Environnement, ou qui ont tout simplement consulté le site du cabinet Richez, il est apparu que le projet Val Francilia commandé par la Mairie prévoyait de vendre aux promoteurs 5 hectares du parc Ballanger ainsi que les terrains de l’Institut Médico-Educatif Toulouse-Lautrec permettant à nos concitoyens souffrant d’un handicap intellectuel ou polyhandicapés de bénéficier d’un cadre exceptionnel. Sans oublier les pavillons des quartiers des Ormes et Blanc Village qui disparaissent du plan.

Vue GOOGLE Earth // Détail du projet du Cabinet Richez

On nous dira qu’il ne s’agit que d’un projet, et que nous multiplions les « fake ». Le problème, c’est que nous ne pouvons faire confiance à cette équipe qui n’organise aucune véritable concertation et qui nous a donné l’habitude de ne tenir aucun compte de l’avis des habitants. Et surtout, on nous a bien répété que cette liaison entre la gare et le campus de formation n’était pas négociable. Malgré tout, nous avons réfléchi au problème et fait une proposition correspondant au vœu exprimés par les participants aux ateliers de prétendue « concertation » : « Touche pas à notre parc » ! Mais nous sommes conscients que notre projet a un gros défaut : il ne prévoit pas de réaliser une opération spéculative en vendant un maximum de terrains appartenant à la commune

arbres

Quand tombe une branche d’une tonne

Aulnay Environnement ne pouvait rester insensible à cette nouvelle parue dans le Parisien et relayée le 20 mai par Aulnay Cap : « Une branche d’une tonne est tombée dimanche soir dans l’enceinte du commissariat ». Cet événement qui heureusement n’a pas fait de victimes, nous en rappelle d’autres, comme  cette chute d’un arbre dans une cour d’école le 19 avril, qui a entraîné pour une petite fille l’amputation d’une jambe. Chaque année, de tels événements se produisent, souvent mortels.

Tout le sud d’Aulnay était jusqu‘au début du XXe siècle une magnifique forêt. Il en subsiste quelques grands chênes, souvent superbes. (À distinguer soigneusement des arbres d’alignement) Ce sont des témoins de notre histoire, un ornement de notre paysage urbain. Mais qui nous confrontent à un vrai dilemme :

1/ Nous souhaitons conserver ces arbres qui ornent notre ville, nous offrent de l’ombre en été et jouent un rôle précieux dans notre écosystème, marqué en particulier par la présence de nombreux oiseaux indigènes.

2/ Mais la présence de ces arbres peut être source de danger pour les riverains et les passants.

Que faire donc ?  Supprimer tous les arbres, dans un vertige de recherche du risque zéro, dont nous savons bien qu’il s’agit d’une chimère ? La  raison impose plutôt de les entretenir et les surveiller. De les abattre lorsqu’ils sont malades et dangereux, mais le plus vite possible, de les remplacer.

Il y a deux cas de figure :

  • Beaucoup de ces arbres sont dans l’enceinte des parcs municipaux. Nous savons qu’ils sont gérés au mieux par des services compétents. 
  • Mais bien d’autres sont sur des terrains privés. Et là, rares sont ceux qui prennent correctement soin de leurs arbres, et qui font procéder à des élagages dans les règles de l’art. Lors d’une nouvelle acquisition, bien des nouveaux propriétaires suppriment le problème en abattant les arbres sans aucune autorisation, en ignorant qu’ils doivent replanter.  Ou bien ils ne s’en préoccupent pas et ne procèdent pas aux élagages nécessaires. C’est ce qui s’est passé au commissariat. Le propriétaire (sans doute le ministère de l’intérieur) a laissé ces arbres lancer des branches  gigantesques et trop lourdes, sans se soucier de la sécurité des personnels.

Beaucoup d’Aulnaysiens sont attachés à la présence de ces grands arbres, et s’émeuvent lorsqu’ils disparaissent. De cet aspect affectif, on a grand tort de ne pas tenir compte, dans une ville où la minéralisation et l’imperméabilisation des sols progressent de façon angoissante. À Aulnay Environnement, nous avons pensé qu’il serait pertinent d’associer les habitants à la gestion de ce patrimoine. Non pas pour prendre les décisions à la place des experts, mais pour mieux comprendre et faire comprendre les problèmes à nos concitoyens, et mieux faire connaître leurs responsabilités aux propriétaires.

  C’est pourquoi nous avons demandé la création :d’une charte de l’arbre d’une commission arboricole mixte, associant services municipaux, Maison de l’Environnement, associations et habitants, pour suivre l’état de ce patrimoine et communiquer avec les propriétaires.  

Notre lettre est restée sans réponse, et lors d’une réunion, l’adjoint chargé de l’urbanisme a exprimé son hostilité à cette demande, pour la raison « qu’il y avait déjà trop de réunions ».

Quand nos élus comprendront-ils qu’associer les habitants est un gain pour tous, car tout espace de discussion libre permet d’apaiser les controverses, ouvre une porte  aux compromis nécessaires et répond au besoin de démocratie qui monte dans tout le pays ? 

Question subsidiaire : que fait un commissariat dans une demeure patrimoniale, la villa « Chansonia » ? 

A-t-on relancé le gouvernement sur la promesse faite sous la précédente présidence, de créer un commissariat mieux placé, dans un équipement  digne d’une ville de plus de 82 000 habitants ?

Nouvelles Constructions

Largeur des trottoirs : Rue des Charmilles

Charmante construction rue des Charmilles avec jardin privatif, sauf que les personnes à mobilités réduites ou avec des poussettes aurons bien du mal à sortir de l’immeuble sur un trottoir de 80cm de largeur moins la largeur des poteaux électriques qui vous ne laisserez plus que 35cm pour passer.

Encore une fois la municipalité se moque des Aulnaysiens avec ces constructions qui ne permettent absolument pas la circulation des piétons et qui de plus est, non conforme à la législation relative à la largeur minimale des trottoirs qui est de 1.40m libre de tout mobilier urbain ou de tout autre obstacle éventuel.

Nos Actions, Nouvelles Constructions, ValFrancilia/Ballanger

Vademecum du parfait Aulnaysien Pour le projet Val Francilia

NE RIEN VOIR

Jamais on ne lui montrera que le projet prévoit de construire sur 5 hectares du parc Ballanger.
Oxygène n’en dit rien, et ne montrera jamais ce plan de la société Richez, visible sur son site !

NE RIEN DIRE 

tous ceux qui expriment leur opposition à ce projet sont dénoncés

comme propagateurs de fake news et couverts d’invectives !

NE RIEN ENTENDRE

 à l’exemple de la mairie, rester sourd à toute solution alternative.

Car la « concertation » engagée est une mascarade :

Exemple de ce qu’on peut obtenir : la mise en place d’un terrain de pétanque sur le site.

UNE VRAIE CONCERTATION COMMENCE PAR L’ASSOCIATION DES HABITANTS

À LA DÉFINITION DU CAHIER DES CHARGES.

Or ce document, la mairie  refuse même de le communiquer ! Pour elle,

la destruction et la privatisation de 5 hectares du parc ne sont pas négociables !

Nous ne pouvons laisser détruire un patrimoine cher aux Aulnaysiens !

Venez en débattre avec Aulnay Environnement

Mardi 28 mai 2019 de 19h15 à 22h15

salle du Hameau 2 rue des érables

(Près de la Mairie annexe Ambourget)