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Quelle protection du patrimoine à Aulnay-sous-bois ? Désintox ! (1/3)

« Un maire doit d’abord être à l’écoute de ses citoyens. L’intérêt général d’une ville, c’est d’abord l’intérêt de ses habitants. De plus, en matière d’habitat nous devons absolument éviter les ruptures urbaines qui fragilisent tant de quartiers en France. »

Bruno Beschizza, 2 oct. 2013

Il semble que la campagne électorale ait commencé à Aulnay. La municipalité redouble d’efforts pour vanter son respect du patrimoine. Précédant le dossier d’Oxygène où elle s’attribue le mérite d’acquis dus surtout aux municipalités précédentes, un prospectus très partisan, sous couvert de dénoncer des « intox », a présenté des faits une version tronquée et contenant certaines contrevérités.

L’assemblée générale  d’Aulnay Environnement du 22 mars 2018 a voté un crédit exceptionnel pour informer les Aulnaysiens de la vérité des faits.

Le frein mis au « bétonnage »  DÉSINTOX !

Désintox2 p1b.aAllée des Charmilles   

Chaque Aulnaysien peut juger de la pertinence de cette affirmation. Ce mot, fondement de la campagne électorale de 2014, nous ne l’utilisons que pour le retourner contre ses promoteurs, car la réalité est plus complexe. Construire des logements est une nécessité dans un pays où la population augmente sans cesse, avec une région Île-de-France qui reste parmi les plus attractives. La solution d’étendre à l’infini les zones urbaines n’est pas tenable, il faut inévitablement densifier les centres-villes. Mais pas n’importe comment.

Que construire, où et comment construire, là sont nos points de désaccord avec la politique municipale.

La population d’Aulnay a diminué dans les années 90: 82000 habitants en 90, 80000 en 99. Dans les années 80 et 90, sous les mandatures Abrioux et Gaudron jusqu’au début des années 2010, on a très peu construit. L’occasion a été manquée de doter la ville d’équipements que possèdent toutes les communes limitrophes : salle de fêtes (peut-on croire que la salle Scohy soit digne d’une ville de 85000 habitants ?) et médiathèque centrale. En même temps, on a doté la piscine d’un système de récupération de chaleur qui a asséché sa voûte en bois et justifié sa fermeture en 2015. Tout le monde peut faire des erreurs, le tout est de les reconnaître !
Les pressions de l’État se sont donc faites de plus en plus fortes pour la création de nouveaux logements : L’équipe Gaudron a lancé un nouveau PLU pour encourager la construction, l’équipe Ségura l’a encore assoupli, et le PLU de l’équipe Beschizza, encouragée par les facilités permises par le gouvernement Hollande (suppression du Coefficient d’Occupation des Sols)  a ouvert largement les vannes.

 Le PLU de 2015, conduit à la hussarde alors que nos voisins sont encore en pleine concertation avec les habitants, fait fi des attentes des Aulnaysiens qui demandaient entre autres qu’on continue comme par le passé à construire en retrait, sans balcons débordants: les promoteurs ont à présent toute liberté de construire au ras du trottoir, et les façades continues (comme à Paris !) sont le but ultime.

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Rue du 14 Juillet 2015 et 2018

Ce à quoi nous assistons, c’est à l’accélération brutale d’un mouvement de rattrapage dans la construction qui ne pouvait que choquer les Aulnaysiens, confortés dans l’immobilisme : en 30 ans, il s’est probablement moins construit de logements que dans les 3 dernières années ! La continuité entre les mandatures Ségura et Beschizza est évidente, la première ayant fait « le sale boulot ». Mais on comprendra que la formulation « ce que voulait Ségura » est à remplacer par « ce que voulait l’État ». La volonté de résistance aux pressions de l’État des deux équipes est difficile à mesurer : on ne sait ce qu’aurait fait au final l’ancienne municipalité, et c’est à elle de se défendre. On prétend que sous l’équipe actuelle, 210 permis ont été refusés. Combien en vérité, lesquels, et sur quels critères, on n’en aura jamais la preuve. Et derrière cette affirmation de résistance aux pressions de l’État se profile le projet aberrant de construire 2500 logements sur PSA, en contradiction avec les promesses électorales. Où est la résistance ?

Pas de logements sociaux dans  un quartier pour les hauts revenus !

On joue ici sur les peurs. Il y a 3 niveaux de logements sociaux: PLAI, PLUS, PLS : le plafond de ressources pour un PLS n’est pas atteint par un couple d’enseignants avec un enfant et dix ans d’ancienneté ! Or la commune, surtout le sud, manque de logements pour cette couche de population, le bilan du Projet Local d’Habitat pointe du doigt la fuite vers d’autres communes des jeunes des couches moyennes inférieures. Ces logements manquent dans le sud, où nos enfants sans apport personnel ne peuvent plus se loger. Cette situation a été dénoncée par le Préfet dans son appréciation du PLU. L’équipe Ségura y avait veillé. A-t-on remarqué que les logements sociaux  inclus dans l’immeuble de la rue Jean Jaurès ou dans celui, rénové, de l’ex-place Camélinat, aient été source de troubles à l’ordre public ?

  

Les logements sociaux de la Place ex-Camélinat

   

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Au contraire, le projet autour de l’ex-place Camélinat vise à implanter tout un ensemble d’immeubles de rapport en pierre de taille, de grande hauteur et de grand luxe pour attirer une nouvelle population. Après le café « Le Narval », viendra le tour de l’ex-Centre Le Camus, du legs Pecoroni (légué pour un usage scolaire) et de l’ancienne perception, et de  toutes les maisons dont les propriétaires céderont aux avances des promoteurs.

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L’ex-place Camélinat dans quelques années        (sans les arbres, bien sûr !)

C’est une transformation profonde du quartier qui est prévue, sans que cela soit jamais annoncé dans le PLU. C’est dans le règlement de cette zone UDa, jamais présenté en réunion publique, que la hauteur a été portée à 5 étages. Il n’y aura eu aucun dialogue avec des habitants attachés au charme d’une place dont le caractère patrimonial a été relevé par les services spécialisés du département. C’est ce que nous appelons de « l’urbanisme brutal » digne de ce qui s’est passé autrefois avec la « Cité arc-en ciel ».

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Toute la zone prévue pour 5 étages                                                         

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Quelle protection du patrimoine à Aulnay-sous-bois ? Désintox ! (2/3)

Quelle défense  de la zone pavillonnaire ?

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Le terme n’a pas le même sens pour l’usager de la rue et pour les élus. Pour eux, présence de pavillons ne signifie en aucun cas zone pavillonnaire. Les pavillons les plus anciens et les plus beaux, ceux devant lesquels nous passons pour aller à la gare ou au marché sont pour une grande part en zone de centralité (UA),  là où le PLU prévoit la densification, avec des façades continues et la chasse aux « dents creuses» crées par l’édification à côté des pavillons d’immeubles de grande hauteur. Ces pavillons-là, qui ont souvent plus d’un siècle, donnent son charme à notre ville et de la lumière à nos rues. Il faut pour les préserver une politique volontariste de préservation du patrimoine, au prix d’une pratique certes coûteuse de préemption. Qu’adviendra-t-il des beaux pavillons de la route de Bondy récemment vendus ? Ils survivront certes encore deux ans, jusqu’aux prochaines élections, quand sera écoulé le temps de la concertation sur le Centre Gare, mais après le bétonnage reprendra de plus belle, à l’alignement sur 6 étages !

On nous répète que le nouveau PLU a étendu la zone pavillonnaire. Il faut savoir que cette extension s’élève à environ 0,3% ! En revanche, toute la zone autour de la place Jeanne d’Arc où les pavillons sont encore nombreux est en vérité en zone UD, « les frange de centralité ». La mutation en zone de façade continue d’immeubles de grande hauteur est bien entamée. Et d’ici quelques années, pourquoi ne pas modifier les limites du zonage, dans une révision du PLU ?

La protection des « bâtisses historiques »  DÉSINTOX !

Avenue Louis BarraultDésintox2 p3a.b

Nous nous réjouissons de l’acquisition de la Villa Pascarel, de la laiterie Garcelon, du pavillon Dordain et de celui du boulevard Félix Faure. Mais la sauvegarde du pavillon du rond-point Henri Dunant et de celui du boulevard de l’Hôtel de Ville  est à mettre au crédit de l’ancienne municipalité qui les a acquis dans le cadre d’une politique de préemption dénoncée par l’opposition d’alors. Le seul mérite de l’actuelle équipe est d’avoir trouvé des acquéreurs prêts à assurer les frais de rénovation. Mais d’autres pavillons n’ont rien perdu pour attendre !

Surtout, pendant ce temps là, les pavillons remarquables de la rue Gatouillat et de la rue du 14 juillet ont été remplacés sans état d’âme, malgré notre intervention, par un programme immobilier d’une faible qualité architecturale qui transforme les deux rues en goulets. Cerise sur le gâteau : la municipalité s’oppose à la convention légalement conclue entre notre association et le promoteur et prévoyant sur un pignon aveugle la réalisation d’une fresque où figurent l’arbre et les pavillons disparus ! 

Où est le respect du patrimoine quand on veut en effacer jusqu’au souvenir 

Gatouillat

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PLU recours gracieux Le 3 février 2016

À M. Bruno BESCHIZZA

Maire d’Aulnay-sous-bois

Le 3 février 2016

Monsieur le Maire,

Par la présente, nous déposons auprès de vous un recours gracieux contre le nouveau PLU voté par le Conseil Municipal le mercredi 16 décembre 2015.

En effet, ce projet ne nous semble pas satisfaire correctement aux besoins de la commune, corriger ses déséquilibres, et respecter suffisamment l’environnement architectural et naturel.

  • Concernant les équipements culturels et de loisir, aucune mention n’est faite de carences graves, surtout dans une commune de 85000 habitants: absence de médiathèque, de salle des fêtes, de maison des associations, et rien sur la reconstruction de la piscine par exemple sur les terrains de PSA.

  • Rien n’est prévu pour atténuer le déséquilibre social nord-sud, pourtant pointé dans l’avis de l’État, et précédemment, dans le PLH (qui n’a d’ailleurs été communiqué qu’à certaines associations et au Conseil municipal, et seulement sous la forme d’un PowerPoint). Une offre de logements sociaux PLS (plafond de ressources 54 015€ pour un jeune ménage) doit être présente dans le sud pour les jeunes issus de ces classes moyennes qui quittent la commune (cf PLH) parce qu’ils n’ont pas les moyens d’un accès à la propriété.

  • Les mesures règlementaires permettant de limiter la hauteur des immeubles collectifs sont insuffisantes, et il en est de même pour la division des terrains.

  • Un recul très net est constaté pour la protection du patrimoine arboré

  • Nous renouvelons également notre opposition à l’édification prévue par le PLU d’un quartier d’habitation sur les terrains de PSA, avec la possibilité de construire des immeubles de grande hauteur dans une zone d’exposition au bruit, excentrée et survolée par un intense trafic aérien.

Veuillez agréer, Monsieur le Maire, l’expression de notre haute considération,

Pour le bureau d’Aulnay Environnement,

Le Président, R-A BOUGOURD

Copie à Monsieur le Préfet

plu

PLU lettre au commissaire-enquêteur

 Aulnay, le 5/11/2105

Monsieur le commissaire-enquêteur,

Nous avons déjà, par un document déposé il y a quelques semaines, exprimé et motivé notre avis négatif sur le projet de PLU. Nous revenons vers vous pour attirer encore une fois votre attention sur certains points forts qui motivent cet avis:

  1. Des vices de procédure dans la concertation:

  • L’affichage concernant l’enquête publique n’a pas été fait sur l’ensemble des panneaux municipaux

  • L’information sur l’enquête publique n’a été publiée dans le bulletin municipal que quelques jours avant sa clôture

  • Certains documents communiqués dans les réunions destinées aux personnes publiques associées n’étaient pas conformes à la version définitive, principalement concernant des espaces verts devenus zone UH constructibles (zone de Mitry)

  • Le règlement et le zonage n’ont fait l’objet d’aucune concertation

  • Le PLH, document fondamental, n’a été communiqué, et seulement sous la forme d’un Powerpoint que quelques jours avant le conseil municipal qui a voté le projet de PLU, et seulement à une petite partie des personnes publiques associées.

  1. Des aberrations dans le règlement

  • La règle L(largeur de la voie)+3m, qui s’applique à la zone de centralité UA, n’est pas appliquée dans la zone UD intermédiaire. De sorte que dans les rues étroites (8m) qui servent de délimitation aux deux zones, les constructions seront ramenées à 11 mètres côté UA, et pourront monter à 13 mètres à l’alignement côté UD, en contradiction avec la volonté affichée de réaliser des transitions harmonieuses entre les zones, avec une diminution progressive des hauteurs des bâtiments. Cette aberration doit être corrigée.

  1. Des choix de zonage qui ouvrent la voie à la destruction d’équipements fondamentaux.

  • Dans la nouvelle zone UH se trouvent les serres municipales et le centre nautique, d’ores et déjà condamné en raison d’une estimation très élevée des coûts de réparation. Nous observons que le département déplore le déclassement de ce centre nautique, d’une qualité architecturale réelle, et qui comprend un équipement exceptionnel, un bassin extérieur de 50m, équipement de loisir cher aux Aulnaysiens. Le choix assez rapide de la destruction au détriment d’une restauration fait peu de cas de la préservation du patrimoine. L’information des habitants sur cette décision a été des plus sommaire. A-t-on veillé à confronter plusieurs devis? Cette décision très grave n’aurait-elle pas dû être soumise aux Aulnaysiens qui auraient peut-être admis qu’un effort devait être consenti pour préserver cet équipement indispensable aux scolaires, aux clubs et aux loisirs en général?

  • On peut de ce fait formuler les pires craintes pour les serres municipales. Le fleurissement est une des fiertés de la commune. Cela aussi est-il remis en cause?

  1. L’absence de dispositifs réglementaires permettant de lutter efficacement:

  • Contre la division des terrains

  • Contre les risques d’inondation: la proportion imposée d’espace verts faible (40%) qui ne seront pas obligatoirement en pleine terre et donc inefficaces pour limiter le ruissellement, la liberté laissée de construire des parkings sur 2 niveaux de sous-sol nécessitant un cuvelage et augmentant les risques pour les propriétés limitrophes, pour ne citer que les lacunes les plus évidentes.

Merci de bien vouloir prendre en compte toutes ces objections à l’approbation du PLU.

Pour le bureau d’Aulnay Environnement

le Président René-Augustin BOUGOURD

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Notre avis sur le PLU

14 octobre 2015 : Les évolutions récentes justifiaient la révision du PLU de 2008 modifié en 2009. Lors de la campagne municipale de 2013, l’association Aulnay Environnement avait demandé aux différents candidats d’inscrire cette révision dans leur programme.

Elle avait fait cette démarche en constatant les dérives rendues possibles par les modifications de 2009 et qui avaient inquiété la population. A lire le document soumis à notre appréciation, force est de constater que dans l’ensemble, l’association et les habitants n’ont pas été entendus.

LE RAPPORT DE PRÉSENTATION

Sur l’habitat, les principaux défis qui se présentent sont correctement pointés.

  • Une certaine stagnation démographique accompagnée d’un léger vieillissement; la commune peine à retenir ses jeunes

  • Des lacunes dans le parcours résidentiel, en particulier pour les petits logements recherchés par les jeunes Aulnaysiens qui souhaitent mettre fin à la cohabitation avec leurs parents

  • Un fort contraste social et géographique, les logements sociaux étant regroupés dans le nord, le sud offrant très peu de logements accessibles aux jeunes ménages

  • « Le développement des marchands de sommeil et des formes d’habitat précaires et indignes. »

Une situation « conduisant les jeunes ménages aux revenus intermédiaires, nombreux sur le territoire, et les jeunes, à se loger ailleurs. »

Il n’est cependant rien dit d’un autre phénomène particulièrement préoccupant: la division des terrains dans la zone pavillonnaire, dont nous avons largement développé toutes les conséquences négatives.

Sur le développement économique et social, l’accent est mis avec pertinence sur le taux de chômage supérieur à la moyenne départementale, le recul du nombre d’emplois, la fragilisation du tissu commercial et des zones d’activité économique dont on souligne la médiocre attractivité.

Sur les équipements publics et services, l’accent est mis sur une offre qui risque de devenir insuffisante pour les places de maternelle, en particulier dans le sud, et qui est très faible en ce qui concerne les personnes âgées. Pour les équipements sportifs, rien n’est dit sur l’avenir de la piscine, dont le terrain est devenu zone constructible.

En ce qui concerne les équipements culturels, l’offre est qualifiée de « riche et diversifiée », avec ses trois grands équipements: le Conservatoire, l’École d’Art Claude Monet, l’Espace Jacques Prévert.

Or une lacune majeure n’est pas pointée: l’absence d’une Médiathèque, outil culturel fondamental dont disposent la plupart des communes voisines, souvent plus petites. Cette omission correspond au silence du diagnostic concernant la vie associative, essentielle pour le tissu social, particulièrement dynamique à Aulnay, mais qui manque cruellement de structures d’accueil: peu de salles disponibles pour les réunions, pas de salle des fêtes, pas d’espaces d’exposition dignes de ce nom. Les personnels d’une bibliothèque centrale trop petite, aux horaires d’ouverture trop restreints et d’un Office de Tourisme de moins de 20m2 font ce qu’ils peuvent, mais ce n’est pas à la mesure d’une ville de 82000 habitants. Les institutions de prestige tournées vers des pratique professionnelles sont bien présentes, mais pas les structures permettant la mise en valeur et l’épanouissement d’une pratique culturelle et artistique des amateurs, et qui pourraient être en partie offertes par la construction d’une Médiathèque.

Sur l’état de l’environnement et les risques

Sont bien pointés:

  • L’exposition aux risques d’inondation, jugé fort

  • Les risques de mouvements de terrain

  • Les nuisances sonores, en particulier celles liées au transport aérien, essentiellement dans le nord de la commune

On verra que sur bien des points, le PADD et le Règlement ne donnent pas de réponse satisfaisante.

LE PADD

  • La protection et la redynamisation des quartiers pavillonnaires

L’objectif répété est de « préserver et redynamiser ». Préserver en limitant la division des terrains et en luttant contre l’habitat indigne et les « marchands de sommeil », d’accord. Mais qu’entend-on par « redynamiser » ? Faut-il comprendre qu’il s’agit de construire sur les terrains disponibles de nouveaux pavillons ? Il ne s’agirait là que d’influer sur le dynamisme de l’offre immobilière destinée aux familles. Ce n’est pas ce que nous entendons par « dynamiser ». La tendance du secteur pavillonnaire, sa nature même, est de segmenter au maximum l’espace en petites unités d’habitation soigneusement clôturées où chacun peut s’abandonner à la tentation du repli sur soi (tout dépend bien sûr des individus, qui peuvent aussi développer de bonnes relations de voisinage). Mais la tendance est là: dynamiser, pour nous, c’est aller contre cette logique, et développer du lien social en créant des lieux de rencontre qui existaient jusqu’à la disparition quasi-totale du petit commerce dans ces quartiers. C’est aussi poursuivre dans la voie de la diversification du bâti qui est une autre caractéristique de notre zone pavillonnaire.

 

Nous suggérons donc de développer un habitat collectif doté d’une volumétrie modeste, ce qu’on appelle l’habitat intermédiaire1, en majorité locatif, avec les espaces de réunion qui manquent aux associations aulnaysiennes. Ce serait une excellente façon de combler une lacune d’offre de logement à Aulnay, celle qui concerne nos jeunes en début de « parcours résidentiel », et à l’autre bout du parcours, nos aînés pour lesquels l’entretien d’un pavillon devient trop lourd, les uns et les autres ne souhaitant pas s’éloigner d’un quartier qu’ils aiment. Or rien de tel n’apparaît dans le PLU.

  • Les OAP DU PADD

Un objectif fondamental d’un aménagement de l’espace à Aulnay doit être de remédier aux fractures territoriales qui coupent notre commune en 3 : le Sud, le Vieux Pays, les Cités-Nord. 3 espaces avec des populations socialement assez différentes qu’il faut faire vivre ensemble. A cet égard, l’avenir des terrains PSA aurait dû venir en premier dans la liste des OAP.

Création d’un nouveau quartier sur le terrain PSA

Le texte qui nous est soumis reste très vague et ne parle pas explicitement de constructions de logements. Or c’est l’option qui manifestement est choisie aujourd’hui, en contradiction avec les promesses (voir l’interview de M. Beschizza dans le journal de 20h sur la 2 le 21 septembre 2015)

Construire des logements sur les terrains Citroën conduit à installer une 4ème ville, séparée des Cités-Nord par les parcs et des voies à grande circulation. Comment intégrer ce nouvel ensemble? Est-ce vraiment une bonne idée d’ajouter les problèmes aux problèmes?

Car on peut craindre une paupérisation à terme de ces logements qui ne pourront pas bénéficier de conditions satisfaisantes en raison du bruit et des risques générés par l’activité de l’aéroport du Bourget. Les 200 hectares de Citroën sont en partie dans la zone de PEB (où l’on ne doit pas construire de logements) et intégralement dans la zone PGS (plan de gêne sonore) : or c’est dans cette zone que l’on prévoit de construire. Au bruit s’ajoute le risque d’accident pour un espace qui se trouve dans l’axe de la zone d’approche de cet aéroport.

Ce projet ne répond pas aux préoccupations découlant du diagnostic.

D’autre part il prévoit la percée d’une voie à travers le parc Ballanger pour accéder à ce nouveau quartier. Cela constitue une grave atteinte à ce patrimoine vert. Nous y sommes évidemment hostiles.

Nous pensons donc qu’il ne faut pas construire de logements sur les terrains de Citroën.

Requalification et restructuration des ZAE (Garenne, Mardelles, Barbière) et du quartier Balagny

On ne peut qu’approuver cette intention, cependant il faut qu’elle ait pour base le déplacement des activités vers les terrains PSA afin de faire évoluer cette zone vers une zone majoritaire d’habitat, en y élevant les constructions qu’on envisage d’édifier sur les terrains PSA.

 

Renouvellement des quartiers Mitry-Ambourget, Savigny et Gros Saule

Au nom du désenclavement, une voie est prévue à travers Mitry-Ambourget.

Or une forte opposition des habitants se manifeste contre la création de cette voie Nord-Sud. Elle est liée à un projet de densification sur les terrains placés en UH. Or ces terrains sont actuellement des zones de loisir. Le « désenclavement » a bon dos. Le quartier n’est pas très éloigné du Vieux-Pays et peut avoir une bonne desserte de transports en commun grâce à la gare des Beaudottes qui elle-même sera une gare du Grand Paris. La reconquête du CD115 avec un TZEN est prioritaire. Le quartier a surtout besoin de rénovation (bâtiments, chaussées, espaces verts…), de services publics et de commerces…

Pour le Gros Saule, il y a des difficultés particulières et des atouts. Le quartier est tourné vers la gare des Beaudottes et le quartier de Sevran de même nom, lui aussi loin des centres. C’est sans doute avec Sevran qu’il faut créer une vraie ville. Il y a déjà la gare, l’hôpital, les « grands commerces » (qui font coupure) et le parc du Sausset.

Un effort d’intercommunalité doit être impulsé pour penser le développement de ce quartier avec la commune limitrophe de Sevran. Un autre sujet est complètement occulté : celui des foyers de travailleurs immigrés (au Gros Saule, route de Mitry ou aux 3.000) et surtout de leurs habitants. La sur-occupation des foyers est une réalité qu’il faut mettre sur la table pour y trouver des solutions humaines.

Requalification du secteur RN2 Est-Vélodrome

Il est à remarquer que le schéma de développement proposé inclut dans les espaces verts à réaménager la zone au sud de Mitry, qui passe d’UV (sports, loisirs, plein air) en UH (Habitat et activités économiques) Or il s’agit d’un espace de loisirs essentiel pour les habitants du quartier, avec des facilités d’accès et d’utilisation incomparables avec ceux du parc du Sausset.

Nous sommes opposés à la déqualification de cette zone et à cette présentation mensongère de l’OPA dans ce schéma.

Renforcer le pôle culturel du Vieux Pays

Affirmer la présence et la lisibilités des équipements culturels du Vieux Pays ne peut se faire qu’en les articulant clairement sur l’axe structurant CD 115 autour duquel va se faire le développement du centre géographique de la Commune. La construction d’une Médiathèque aux alentours du carrefour du Soleil Levant permettrait cette articulation, en créant un pôle d’attraction qui faciliterait la redynamisation du Vieux Pays. Les perspectives de cheminement vert, assurément séduisantes, ne semblent pas pouvoir être réalisées dans un avenir proche. Le carrefour du Soleil Levant mériterait une attention particulière, avec la préservation de l’ancienne auberge, autrefois limite du vieux village sur la route de Paris, et qui date peut-être du XVIIIe siècle, assurément l’un des bâtiments les plus anciens de la commune. Or il n’est pas prévu de le conserver. Ceci témoigne d’un réel mépris pour notre patrimoine.

Cet objectif n’est servi par aucun projet concret. On voit ici le manque d’ambition du PLU.

LE ZONAGE ET LE RÈGLEMENT

  • La zone UH

La création d’une nouvelle zone UH, qui prend pour prétexte la requalification nécessaire des terrains PSA, suscite toutes les inquiétudes. A Mitry, elle autorise la construction sur des zones vertes. A Balagny, elle permet d’élever des immeubles à la place de la piscine et de son bassin de 50 mètres que tant de communes nous envient! Le règlement prévoit que sur PSA, en zone de bruit et sur le trajet des avions, la requalification en zone UHa permettra de monter jusqu’à 46 mètres, sur le RN2 à 30m, ailleurs à 20 mètres. C’est le retour des tours! Rien de tout cela n’est apparu au moment de la concertation.

Nous sommes totalement en désaccord avec le zonage et le règlement de cette zone UH.

  • Les zone UD et UA

Nous avions demandé la remise à plat du PLU pour revenir entre autres sur les modifications de 2009 qui portaient en particulier sur l’élargissement de la zone constructible. Or ces modifications sont maintenues.

Nous avions relayé le souhait de la population de voir les nouvelles constructions édifiées en retrait. Le choix laissé au constructeurs de construire à l’alignement du trottoir ne favorise évidemment pas ce retrait.

L’objectif affirmé de permettre la création de façades urbaines continues nous inquiète. Dans des voies étroites, sans recul, l’ensoleillement ne sera pas préservé.

Concernant les risques d’inondation, rien n’est fait pour décourager les promoteurs d’édifier deux niveaux de parking en sous-sol. La multiplication de ces sous-sol profonds en cuvelage au niveau de la nappe risque d’avoir des conséquences catastrophiques lors des très fortes pluies. Rien de sérieux n’est fait dans le règlement pour mettre les Aulnaysiens à l’abri de ces risques.

  • La zone UG

Rien dans le règlement ne permet de lutter contre la division des terrains et la protection des espaces verts privés.

En résumé, nous considérons que ce PLU, et surtout le règlement ne répond pas à nos attentes les plus importantes concernant l’exposition aux risques et la préservation des paysages urbains. Il ne répond pas à plusieurs des orientations qui découlaient logiquement du diagnostic.

La concertation

Le document qui nous est soumis est dans la droite ligne de l’esprit qui a présidé à la « concertation ».

Les réunions PLU n’ont été que des réunions d’information, voir de communication, pas de concertation. « Concertation » suppose que l’on parte du travail fait avec les habitants. Il fallait correctement recenser les besoins avec la population de chaque quartier et les faire apparaître dans le PADD. Les réunions auraient dues être précédées de visites avec compte-rendu.

Avec les autres associations intéressées au développement de la ville, nous avons demandé que soient constitués des groupes de travail thématiques (besoins et création de logements, besoins d’équipements, plan général d’urbanisme, vitalité et maillage du commerce local, circulation, lutte contre les inondations …) A cette demande, il n’y a jamais eu de réponse.

Surtout le diagnostic du Projet Local d’Habitat, document qui doit fonder la réflexion sur l’avenir de la ville, et dont seuls quelques éléments apparaissent dans le diagnostic du PLU, ne nous a été présenté, et seulement par la projection d’un Powerpoint, qu’une semaine avant le vote du projet par le conseil municipal.

1 L’équivalent de la zone UE du POS d’avant 2008, qui pourrait faire une transition entre zone UD et UG ou éventuellement concerner un pâté entre 4 rues en limite de zone industrielle par exemple ou en zone mixte (cf. ci-dessus Balagny)

Nos Actions, plu

Bilan d’étape des réunions publiques sur le PADD et le PLU

Les terrains Citroën                                                               Aulnay le 19 Mai 2015

Un objectif fondamental d’un aménagement de l’espace à Aulnay doit être de remédier aux fractures territoriales qui coupent notre commune en 3 : le Sud, le Vieux Pays, les Cités-Nord. 3 espaces avec des populations socialement assez différentes qu’il faut faire vivre ensemble.

Construire des logements sur les terrains Citroën conduit à installer une 4ème ville, séparée des Cités-Nord par les parcs et des voies à grande circulation. Comment intégrer ce nouvel ensemble? Est-ce vraiment une bonne idée d’ajouter les problèmes aux problèmes?

Car on peut craindre une paupérisation à terme de ces logements qui ne pourront pas bénéficier de conditions satisfaisantes en raison du bruit et des risques générés par l’activité de l’aéroport du Bourget. Les 200 hectares de Citroën sont en partie dans la zone de PEB (où l’on ne doit pas construire de logements) et intégralement dans la zone PGS (plan de gêne sonore) : or c’est dans cette zone que l’on prévoit de construire. Au bruit s’ajoute le risque d’accident pour un espace qui se trouve dans l’axe de la zone d’approche de cet aéroport.

Nous pensons donc qu’il ne faut pas construire de logements sur les terrains de Citroën.

La future gare du Grand Paris

Il faut saisir l’opportunité qu’offre la gare du Grand Paris pour recoudre un tissu urbain entre Balagny et le Vieux pays.

L’idée est de déplacer le maximum d’activités industrielles des zones Garenne et Mardelles, proches de la piscine, pour les faire évoluer en zone mixte habitation-industries sans risques. Certaines activités industrielles concernées pourraient sans doute aller vers les terrains de Citroën. Le quartier Balagny ne pourrait qu’y gagner en surmontant ainsi son enclavement.

Les destructions de logements

La municipalité envisage de nouveau de détruire des logements aux « 3.000 ». Après les 900 logements du PRU, elle veut détruire le Galion et 2 tours : combien de logements ? pour les mettre où ?

Détruire et reconstruire ont évidemment un grand avantage pour les intérêts économiques : cela fait marcher l’industrie du bâtiment. Avec beaucoup d’inconvénients pour l’environnement : on imperméabilise les espaces encore libres de constructions, on dépose un peu partout des déchets de BTP dangereux, on intensifie l’extraction de sable, du lit des rivières au littoral. Ne serait-ce pas davantage dans l’intérêt général de chercher à rénover les bâtiments chaque fois que c’est possible et à en faire « muter » l’usage, tout en rénovant bien sûr aussi les voieries et les abords ?

L’ANRU 2

Dans le quartier « Mitry Princet », une forte opposition des habitants se manifeste contre la création
d’une voie Nord-Sud dont le but est la densification sur les terrains UV disponibles.
Le « désenclavement » a bon dos. Le quartier n’est pas très éloigné du Vieux-Pays et peut avoir une bonne desserte de transports en commun grâce à la gare des Beaudottes qui elle-même sera une gare du Grand Paris. La reconquête du CD115 avec un TZEN est prioritaire. Le quartier a surtout besoin de rénovation (bâtiments, chaussées, espaces verts…), de services publics et de commerces… grâce à l’ANRU 2 peut-être ?

Pour le Gros Saule, il y a des difficultés particulières et des atouts. Le quartier est tourné vers la gare des Beaudottes et le quartier de Sevran de même nom, lui aussi loin des centres. C’est sans doute avec Sevran qu’il faut créer une vraie ville. Il y a déjà la gare, l’hôpital, les « grands commerces » (qui font coupure) et le parc du Sausset.

Un sujet est complètement occulté : celui des foyers de travailleurs immigrés (au Gros Saule, route de Mitry ou aux 3.000) et surtout de leurs habitants. La sur-occupation des foyers est une réalité qu’il faut mettre sur la table pour y trouver des solutions humaines.

Difficile de trouver de bonnes solutions qui conviennent à tous : là aussi l’idée de désenclavement ne suffit pas à régler les problèmes.

La protection et la redynamisation des quartiers pavillonnaires

L’objectif répété est de « préserver et redynamiser ». Préserver en limitant la division des terrains et en luttant contre l’habitat indigne et les « marchands de sommeil », d’accord. Mais qu’entend-on par « redynamiser » ? Faut-il comprendre qu’il s’agit de construire sur les terrains disponibles de nouveaux pavillons ? Il ne s’agirait là que d’influer sur le dynamisme de l’offre immobilière destinée aux familles. Ce n’est pas ce que nous entendons par « dynamiser ». La tendance du secteur pavillonnaire, sa nature même, est de segmenter au maximum l’espace en petites unités d’habitation soigneusement clôturées où chacun peut s’abandonner à la tentation du repli sur soi (tout dépend bien sûr des individus, qui peuvent aussi développer de bonnes relations de voisinage). Mais la tendance est là: dynamiser, pour nous, c’est aller contre cette logique, et développer du lien social en créant des lieux de rencontre qui existaient jusqu’à la disparition quasi-totale du petit commerce dans ces quartiers. C’est aussi poursuivre dans la voie de la diversification du bâti qui est une autre caractéristique de notre zone pavillonnaire. Nous suggérons donc de développer un habitat collectif doté d’une volumétrie modeste, ce qu’on appelle l’habitat intermédiaire1, en majorité locatif, avec les espaces de réunion qui manquent aux associations aulnaysiennes. Ce serait une excellente façon de combler une lacune d’offre de logement à Aulnay, celle qui concerne nos jeunes en début de « parcours résidentiel », et à l’autre bout du parcours, nos aînés pour lesquels l’entretien d’un pavillon devient trop lourd, les uns et les autres ne souhaitant pas s’éloigner d’un quartier qu’ils aiment.

La concertation

Les réunions PLU sont des réunions d’information, pas de concertation. « Concertation » suppose que l’on parte du travail fait avec les habitants. Il fallait correctement recenser les besoins avec la population de chaque quartier et les faire apparaître dans le PADD. Les réunions auraient dues être précédées de visites avec compte-rendu. Nous avons demandé que soient constitués des groupes de travail thématiques (besoins et création de logements, besoins d’équipements, plan général d’urbanisme, vitalité et maillage du commerce local, circulation, lutte contre les inondations …)

A cette demande, il n’y a jamais eu de réponse.

Les documents essentiels ne sont pas à disposition sur le site municipal comme cela devrait être le cas.

Et pour l’instant l’information sur les problèmes de fond n’a pas été faite par la mairie mais par les associations.

1 L’équivalent de la zone UE du POS d’avant 2008, qui pourrait faire une transition entre zone UD et UG ou éventuellement concerner un pâté entre 4 rues en limite de zone industrielle par exemple ou en zone mixte (cf ci-dessus Balagny)