Etudes

Contribution pour préparer la réunion publique du 28 mars (espace Peugeot 18 heures) sur le projet VAL FRANCILIA qui menace le Parc Robert BALLANGER à Aulnay

Dans le cadre de l’étude du projet ValFrancilia voici une contribution de notre ancien président :

Par André Cuzon

Le projet Val Francilia ne peut aboutir sans modification du PLU[1] (le parc Ballanger est en espace vert).
Ce n’est pas une simple modification qui convient (juridiquement c’est le juge administratif qui tranchera), car un projet de 3.500 logements a des conséquences majeures en terme d’équipements ou de circulation. Le PADD (plan d’aménagement et de développement durable) actuel est du coup largement dépassé…

La menace sur le parc Ballanger suffit à ce combat mais c’est l’occasion d’élargir le débat aux problématiques plus larges territorialement et au problème du transport aérien qui est un enjeu climatique majeur.

Dans  le secteur concerné entre le Bourget et Roissy  on annonce un T4 (terminal 4 ) supplémentaire à Roissy, sans parler d’Europa City qui est contesté à juste titre (gare en plein champ pour le seul Auchan).

Avec Marc-Ambroise RENDU président d’ile-de-France Environnement et moi-même (à l’époque -fin années 90- président d’Environnement 93) nous avions rencontré l’établissement public Plaine de France, pour insister sur la fracture sociale et territoriale qui empêchait des liaisons entre le 95 et le 93…Avant la création du département du 93 en 1965 , Aulnay faisait partie du canton de Gonesse, capitale du blé et du pain !!!

Les barreaux de Gonesse et la future ligne 17 ne changeront rien à cette fracture.

La solution à envisager est de remettre en cause l’aéroport d’affaires du Bourget qui a moins de 10 kilomètres de Paris (sur une surface de 550 hectares) crée cette fracture territoriale.
Au début des années 70 lors de la création de Roissy cela a été envisagé.
50 ans après cela doit être sur la table.

Le problème climatique doit se poser pour l’aviation (et donc pour notre territoire[2]). Il est en dehors des protocoles de Kyoto ou de Paris : çà suffit.

La taxation du kérozène a été mis à l’ordre du jour par les gilets jaunes (pas par les écolos !), non pas pour raisons climatiques forcément mais pour des raisons sociales.
De plus les effets sur le climat des avions est minimisé (divisé quasiment par 3) si on tient compte du rapport particulier du GIEC de 1998 sur le sujet, ignoré par tous.

En effet l’aéroport du Bourget est connu pour son activité après le Ramadan : les femmes saoudiennes riches en profitent pour venir faire leurs courses sur les « champs-élysées » en atterrissant au Bourget dans des jets privés.

La réflexion de la région et du territoire « Paris terre d’envol » doit intégrer la taxation du kérozène ou la fin (rareté) du pétrole qui mettra en cause les activités et donc les emplois autour de l’aérien.

Sans parler du boycott du transport aérien  “We stay on the ground”  qu’il faut soutenir…

En Arabie Saoudite la transition énergétique (l’après pétrole) est à l’ordre du jour, pas en France.

Le Bourget peut garder ses activités mémorielles (musée) et aussi une piste (pourquoi pas pour le régalien). Il faut imaginer la transition : hélicos pour les vraies urgences  et dirigeables pour le transport de marchandises…Les hectares du Bourget permettrons de développer une ville entre 95 et 93, le contraire du ghetto des 3.000 ravitaillées « par les corbeaux », qui risque d’être reproduite à Val Francilia.

La zone de bruit diminuée permettra de faire une ville intégrée sans fracture qui n’est pas réfléchie ni dans le SDRIF[3], ni dans les SCOT ou les PLU.

Voilà l’ordre du jour de la révision du PLU du territoire « Paris terres d’envol » à réfléchir sans délai pour aboutir dès les prochaines élections municipales. Ajoutons que la Géothermie supprimée par la municipalité Abrioux doit aussi être à l’ordre du jour pour alimenter les réseaux de chaleur…(urgence climat…)

Bien sûr c’est aussi toute l’urbanisation autour de la ligne 16 qui doit être  concernée.

Ce qui change aussi c’est que les études technocratiques des cabinets avec des élus incapables souvent de suivre, ce n’est plus possible en 2019, après les « gilets jaunes »  et le « grand débat ».

L’établissement public Plaine de France est mort, remplacé par la « Société du Grand Paris », les PLUi vont être étudiés par les nouveaux territoires inconnus des habitants avec des réunions loin de tout…

Sans parler des ANRU[4]

Un vrai débat public (type CNDP) avec publication du dossier, publication des cahiers d’acteurs et « garants » du débat est nécessaire.

Ouvrons aussi des écoles pour les citoyen(ne)s …


PS : Une contre-proposition pour la ligne 17 a été faite par le collectif CPTG[5] : poursuivre la 16 d’Aulnay vers le parc des Expos et Roissy et prévoir un tramway sur l’ex-RN370. Mais tout ceci est à débattre.

Bien entendu le projet « Europa City » est destiné aux touristes aériens (souvent cités comme chinois) qui viennent passer 8 jours à Paris et qui visiterons Barcelone ou Londres ou Megève à Europa City.

Bien entendu les touristes français aussi  vont bronzer ou surfer à Hawaï ou Tahiti et « nécessitent » l’extension de Roissy…et la fin du monde.

Robert BALLANGER est à l’origine de la « rose des vents » où il habitait, du parc « Robert Ballanger » et de la piscine qui vient d’être détruite. Egalement de l’antenne de la Maison de la Culture pour la jeunesse du 93, dont il a proposé le nom « Jacques Prévert ». Il était à l’époque jeune papa…

Tous à la réunion du jeudi 28 mars à 18 heures
à l’espace Peugeot (site PSA) 25 boulevard André Citroen.

[1] Plan local d’urbanisme

[2] Territoire « Paris terres d’envol » : Le Bourget, Le Blanc-Mesnil, Drancy, Aulnay, Sevran, Villepinte, Tremblay.

[3] Schéma directeur régional d’ile-de-france

[4] Agence nationale pour la rénovation urbaine

[5] Collectif pour le triangle de Gonesse

Motions

AG d’Aulnay Environnement du 12 Mars 2019 Rapport moral

Comment concevons-nous le rôle d’une association environnementale centrée sur le paysage urbain ?

En tous cas pas un service public. Nous sommes d’abord des lanceurs d’alerte. Nous avons besoin que les habitants nous informent, mais qu’ensuite ils prennent leur part et nous soutiennent déjà un minimum en adhérant. Nous souhaiterions être perçus comme des porteurs de la voix d’un grand nombre d’Aulnaysiens, une sorte de corps intermédiaire soucieux avant tout de l’intérêt général et non des intérêts particuliers, donc comme des interlocuteurs avec lesquels on débat et on élabore des compromis. Tout au moins que l’on considère comme des relais d’information, des gens auxquels on répond lorsqu’ils expriment des inquiétudes. Avec un souci de pacifier l’espace citoyen. Un maire devrait pouvoir se dire : j’ai fait mon possible pour que chacun se sente entendu et respecté.

Nous avons cru au début aux bonnes paroles, avec la promesse de rencontres bisannuelles. Mais on s’est vite rendu compte que certains sujets étaient tabous (place ex-Camélinat) et qu’il n’était absolument pas question de discuter de quoi que ce soit.

Le contexte apparaît aujourd’hui comme extrêmement dégradé. Nos demandes de rencontre restent sans réponse, comme tout notre courrier. Il est évident que les élus ne nous considèrent pas comme des partenaires, mais comme des adversaires politiques, voire des ennemis, qu’il faut faire taire. Nos objections contre le projet de la place Abrioux ont été présentées le 27 novembre, devant les acteurs économiques, comme une opposition purement politicienne. Nous avons donc appris que la nappe phréatique n’existait qu’en tant qu’agitatrice politicienne.

Nous sommes face à une équipe qui a renié toutes ses promesses de mettre fin au bétonnage et de consulter les citoyens sur tous les grands projets, qui multiplie les actions juridiques pour bâillonner les rares canaux d’information libre que sont les blogs, et dont les trolls et les propagandistes s’emploient à pourrir tout débat.

Bref, la démocratie à Aulnay est très malade. 

Cela n’est pas un problème de tendance politique, de droite ou de gauche, mais de conception autoritaire du pouvoir. Les structures démocratiques existent (conseil de quartier, comité de pilotage des Conseils de Quartier, CESE, etc.), mais elles sont vidées de leur sens, et ne servent que de réunions pour informer de décisions déjà prises. Il n’est pas question ici que le  pouvoir puisse le moins du monde se partager, et que des projets puissent s’élaborer en commun (à l’exception notable du plan de circulation, mais il y aurait là-dessus aussi à redire). On n’est informé que de ce qui a été décidé. Tout étant affaire de techniciens et de spécialistes, les citoyens n’ont pas leur mot à dire dans l’élaboration des projets.

A Aulnay comme dans le reste du pays, nous attendons autre chose. À quand sur Aulnay un grand débat où nous pourrons définir avec les élus l’avenir de notre ville ? (Dans une commune où la municipalité n’a même pas été capable d’organiser la deuxième série de réunions du Grand Débat qu’elle avait promis !)

A l’occasion de ce Grand Débat, nous nous sommes rapprochés de trois associations également soucieuses de faire vivre la démocratie : Vivre Mieux Ensemble, le Cercle Amical Démocratique Aulnaysien, la Ligue des Droits de l’Homme. Nous avons organisé conjointement un débat sur le thème de la démocratie. Il en est sorti des idées intéressantes sur la démocratie locale que nous comptons soumettre aux candidats des prochaines municipales. Nous espérons également que la synergie qui est apparue à cette occasion avec les autres associations nous permettra de coordonner nos efforts pour la défense du parc Ballanger. En attendant, nous participons à la fête organisée  par VME samedi 16 mars. Si débat il y avait, la position  d’Aulnay Environnement pourrait alors se résumer ainsi :

oui au développement de notre ville, oui à des constructions.

Ainsi nous n’avons émis aucune critique contre les opérations le long du CD 115 qui respectent les deux demandes faites par les Aulnaysiens : retrait et hauteur raisonnable.

Mais nous souhaitons une croissance mesurée, respectueuse de la volumétrie du bâti actuel et ménageant la circulation des piétons et l’éclairage naturel de nos rues étroites, une croissance qui s’accompagne de la création des équipements qui nous manquent : des locaux associatifs, une salle des fêtes et une médiathèque dignes d’une ville de bientôt 100 000 habitants, et non d’un bourg de la France profonde, souvent d’ailleurs mieux équipé

Nouvelles Constructions, ValFrancilia/Ballanger

Parc Valfrancilia vs Parc Ballanger : les éléments de langage des élus

Un commentaire laissé sur un blog par un membre de l’équipe municipale s’en prend assez violemment à notre pétition en dénonçant des « fake ». Il nous livre là quelques « éléments de  langage » très instructifs.

1er élément de langage : la pétition ne reposerait que sur des rumeurs. Elle repose en vérité sur l’analyse des documents présentés  dans le cadre de la réunion du 27 novembre réservée aux « aux agents économiques ».   Et si l’on veut mettre fin aux « rumeurs », la solution est des plus simples :

Rendez publiques toutes les images du projet,
permettez aux Aulnaysiens de les consulter aisément sur le site de la ville!

2e élément de langage : il ne s’agirait que de la proposition d’un cabinet d’urbanistes. Mais validé par la  municipalité. Cependant si ce n’est bien qu’un projet, on peut imaginer qu’il soit amendable, à moins qu’il ne s’agisse encore que de prendre acte d’un projet ficelé. Pour ouvrir le débat, nous n’avons pas attendu le bon vouloir de la municipalité, qui ne transmet jamais de document écrit détaillé sur ses projets. Donc :

Rendez le projet amendable en consultant démocratiquement les Aulnaysiens !
Et d’abord les premiers usagers du parc : les habitants de la Rose des Vents !

3e élément de langage : on ne parle pas de construction sur le parc, mais « d’aménagement » sur « une frange ». Il s’agit en fait d’une centaine de logements sur 1/5e du parc (hors « promenade arborée »), la pointe de l’immense quartier contre lequel le candidat Beschizza s’élevait en 2014 : « Nous ne voulons pas de la construction d’une cité de logements qui deviendrait automatiquement un lieu de relégation pour ses habitants ».

4e élément de langage : la traversée du parc ne se fera que par des « circulations douces ». Cela, nous ne pouvons le croire. Une équipe élue en dénonçant « le bétonnage » doit comprendre qu’elle peut avoir, 5 ans plus tard, des problèmes de crédibilité. Si cette traversée est la principale voie pour communiquer avec les quartiers nord, peut-on croire que la dizaine de milliers d’habitants du nouveau quartier se contenteront de circulation douce ?  Et quelle que soit la nature de la voie, ce serait une coupure et la fin de la déambulation paisible des promeneurs. 

5e élément de langage, fondamental : le « parc agrandi ». La réalité est : le parc aplani. La partie ouest, une colline arborée, est compensée en superficie par une grande prairie entourée par les nouveaux bâtiments, et ouverte sur le parc actuel. Cela n’aura plus rien à voir avec le parc Ballanger, milieu fermé par des collines, isolé des bruits de la circulation, borné par des arbres  qui cachent la ville. Les promeneurs n’auront plus que des immeubles comme horizon.

6e élément de langage : il n’y aurait pas de « front bâti » comme sur notre pétition. Certes, l’architecture envisagée sera plus moderne, mais sur le seul document transmis par Oxygène, on y voit bien une continuité d’immeubles le long du parc. Et que dire du slogan du cabinet d’architectes, bien sûr omis par Oxygène :

Près de 3 km de façades sur parc !

Et un débat biaisé: la concertation annoncée ne parle ne aucun cas du parc Ballanger, il ne s’agit que « du nouveau quartier ». Sur ce nouveau quartier où nous n’irons pas habiter, nous n’avons pas grand-chose à dire, sinon que n’envions pas ces gens qui seront coincés entre les autoroutes et les avions.

Nous voulons un débat sur l’avenir du parc Ballanger !Que l’on discute de solutions alternatives

1/Pourquoi Val Francilia, ce projet contraire au bon sens, avec ses 2000 à 3000 nouveaux logements?

  • D’abord les pressions de l’État : il faut construire à toute force. Et il faut bien des clients pour EuropaCity, autre projet tout proche, hautement critiquable mais défendu par l’État allié à Auchan.
  • La crise des finances municipales, avec la diminution des dotations de l’État. La municipalité a choisi de faire ce qu’elle condamnait sous l’ancienne mandature : atteindre le plus vite possible les 100 000 habitants, pour obtenir une meilleure dotation. Et toucher davantage de taxes foncières.
  • La pression des promoteurs et des industriels du bâtiment. Sur PSA, la vente des terrains ne rapportera rien à la ville, l’EPFIF, c’est-à-dire la Région, étant propriétaire. C’est pourquoi  construire sur une partie du parc Ballanger semble une bonne affaire, les terrains appartenant à la ville.
  • Et n’oublions pas que dans la zone face à Parinor, le PLU voulu par nos élus (zone UHa) permet d’élever des tours de 46 mètres ! Et cela n’a pas été imposé à la municipalité !

2/En raison de sa position, sous les couloirs aériens et  à proximité des autoroutes, le site PSA doit rester essentiellement une zone d’activités industrielles et commerciales.

3/ Nos points d’accord :

  • Le projet de campus des métiers (peu différent au demeurant de celui de l’ancienne municipalité), en liaison avec les entreprises proches, reste cependant une bonne idée. Il paraît logique que des logements étudiants soient construits à proximité, car il s’agira de résidence temporaire. Mais y installer des familles, non.
  • Il est en effet nécessaire de créer une liaison entre ce campus et ces logements étudiants et la future gare du Grand Paris, éloignée d’environ 1 km. Mais sans urbaniser la partie Ouest du Parc Ballanger. Une circulation douce peut être installée sur la pente du parc aménagée avec un contrefort, en sacrifiant un minimum de plantations.

4/ Notre priorité :

Conserver le caractère du Parc Ballanger, une cuvette entourée de petites collines qui permettent aux promeneurs d’échapper à l’horizon de constructions. Ce sont les Butte-Chaumont d’Aulnay, une magnifique réalisation, joyau du patrimoine aulnaysien. Les futurs résidents du parc PSA doivent pouvoir jouir du même privilège que celui qui a été offert naguère aux nouveaux habitants d’Aulnay, ET IL NE FAUT SURTOUT PAS EN PRIVER LES 20 000 HABITANTS DE LA ROSE DES VENTS ! La continuité visuelle, avec l’arasement des collines, voulue par le projet du cabinet d’architectes et validée par la municipalité n’est pas nécessaire pour relier Val Francilia à la ville. Le parc Ballanger peut rester ce qu’il est, un lieu de rencontre, accessible aussi bien par le nord que par le sud. En outre, le projet ne prévoit (et ne permet pas) de fermer le parc comme c’est le cas aujourd’hui, et donc de le sécuriser et de l’entretenir correctement.

5/ Le problème fondamental reste celui du réseau de circulation des véhicules, des deux-roues non motorisées et des piétons. Nous ne voulons pas de traversée du parc autre que piétonnière. Le projet propose de reporter le trafic est-ouest du boulevard André-Citroën pat une boucle à l’intérieur de PSA, pourquoi pas ? Mais rien n’est clair pour la circulation  nord-sud le long de parinor.

C’est sur le réseau de circulation que nous voulons un atelier ! Tout découle de là !

arbres, Camélinat

Aujourd’hui, lundi 25 février 2019, fête de l’arbre place ex-Camélinat !

Venez nombreux !

On va faire leur fête aux tilleuls de la place !

C’est aujourd’hui que commence l’abattage !

Venez assister à la disparition d’un patrimoine centenaire 
au profit d’un parking souterrain de 6 millions d’Euros
financé par la ville pour les nouveaux immeubles sans parking !

Et bientôt, à la place, 7 superbes arbustes en pot !

Mais tout cela pour le bien des arbres, et le nôtre !

Nouvelles Constructions, plu, ValFrancilia/Ballanger

Oxygène ne vous dit pas tout :

Le parc Valfrancilia, c’est la mort du parc Ballanger !

Vous aimez le parc Ballanger, un « bout du monde » avec ses collines arborées qui  coupent la vue et absorbent le vacarme automobile.
Mais pour relier à la ville le nouveau quartier prévu sur PSA, il faudra raser cet ilôt de tranquillité.

Voici à quoi ressemblera le nouveau parc « Valfrancilia » :

Nous ne pouvons laisser détruire ainsi un joyau de notre patrimoine !

16/02/19 Signez la pétition en ligne : ICI

Camélinat

Parking Abrioux et autorité environnementale: Aulnay Environnement corrige la copie de la municipalité

Depuis trois ans, Aulnay Environnement est vent debout contre le projet de parking souterrain Abrioux. Depuis trois ans, par courrier, tract, manifestation, pétition (plus de mille signatures), l’association réclame en vain une concertation pour obtenir que le projet de piétonisation de l’ex-place Camélinat, qu’elle approuve, ne repose pas sur un aménagement qui ne tient aucun compte du patrimoine, de l’écologie et de la sécurité des personnes et des biens. A ses demandes, à sa proposition alternative de parking en silo sur le terrain de l’ancienne perception, la municipalité n’a répondu que par le silence ou la dérision.

Mais en soumettant son projet à l’autorité environnementale, la municipalité a indirectement reconnu le bien-fondé de nos objections. Sur tous les points en litige, elle a multiplié les omissions et les contre-vérités, parce qu’elle savait très bien que son projet était inacceptable sur le plan environnemental.

Conformément à la loi du 6 janvier 1978, Aulnay Environnement a décidé d’exercer son droit de rectification de la demande d’approbation du projet présenté par la municipalité à l’autorité environnementale. Le verdict de celle-ci devrait être sans appel : la copie est à revoir de fond en comble.

Actions, Camélinat

Courrier à l’autorité environnementale

Destinataire : DRIEE
Service du développement durable des territoires et des entreprises
Évaluation environnementale des projets
12 cours Louis Lumière
CS 70027
94307 Vincennes cedex

Objet : Réalisation d’un parking souterrain

Place ABRIOUX, Aulnay-sous-bois

N°d’enregistrement F1118P0204

Aulnay, le 22 janvier 2019

Madame, Monsieur

Nous avons pu prendre connaissance sur le site de l’autorité environnementale, d’une demande d’examen d’un projet déposé par la municipalité d’Aulnay-sous-bois. En tant qu’association envoironnementale agréée, dès que nous avons eu connaissance du projet en 2016, nous avons élevé un certain nombre d’objections qui n’ont jamais été prises en compte. En dépit d’une pétition que a recueilli plus d’un millier de signatures, aucune concertation avec les habitants du quartier n’a jamais été entreprise. Ces objections nous paraissent d’autant plus fondées que sur tous les points en litige, le dossier présenté par la municipalité présente des omissions ou des contre-vérités qui nous semblent révélatrices et que nous souhaitons porter à votre connaissance.

Chapitre 5 / Sensibilité  environnementale de la zone d’implantation envisagée.

Item 7 : Le projet se situe-t-il (…) dans un site patrimonial remarquable ?

A cet item, il n’est fait mention que de l’église Saint Sulpice, située à environ 1400m.

Dans la « Contribution au diagnostic du patrimoine de la Commune d’Aulnay-sous-bois », édité par le Conseil Général de Seine-Saint Denis en Juin 2008 , il est indiqué page 208, comme « élément d’intérêt patrimonial » : Place Camélinat. C’était, jusqu’à ce que la municipalité actuelle choisisse de la débaptiser, le nom de la place Abrioux. 

A l’exception d’une partie du collège du Parc, la place est en effet bordée d’immeubles qui tous remontent au début du XXe siècle, dont un immeuble particulièrement remarquable de style Art Nouveau, au 1, rue Paul-Langevin. Si la piétonnisation de la place peut contribuer à la mise en valeur de ce patrimoine, il est notable qu’à notre connaissance, aucune étude urbanistique pour organiser cette mise en valeur n’a été entreprise.

Item 9 : Le projet se situe-t-il (…) dans une commune couverte  par un plan de prévention des risques naturels ?

Dans la réponse à cet item, il n’est pas clairement indiqué que le site se trouve en zone de dissolution du gypse.

Chapitre 6.1 / Caractéristiques de l’impact potentiel du projet sur l’environnement

Item 2 : le projet impliquera-t-il des modifications prévisibles des masses d’eau soutterraines

A cet item, il est répondu par la négative. C’est là l’omission la plus grave. M. le préfet , à notre demande, avait invité la municipalité à répondre à nos inquiétudes. Dans un courrier du 12 octobre 2018 adressé au seul  préfet, le Directeur des Services indique à propos  de  la nappe phréatique qu’  « au droit de la place, son niveau est compris entre

-1,60m et -2,90m de profondeur. » Il est impossible qu’un cuvelage sur près de 1600 m2 et 5 mètres de profondeur soit sans impact sur la circulation des masses d’eau souterraines. D’autant plus que ce cuvelage s’ajoute à celui d’un immeuble de 45 logements actuellement en construction en bordure de la place, et qu’un autre immeuble du même type est prévu sur le côté sud de cette place.

Item 5 : Le projet est-il susceptible d’entraîner des destructions de la biodiversité existante ?

On remarquera sur les photos 1, 2 et 3 jointes au dossier la présence de tilleuls déjà visibles sur des cartes postales du début du XXe siècle. Ils sont actuellement au nombre de 20, et jusqu’à la révision du PLU de 2015, ils figuraient dans le patrimoine arboré du  PLU 2014. Si l’état de 4 à 5 individus justifie un remplacement, il est aisé de constater que cet ensemble arboré est de qualité. Il contribue fortement à l’agrément de la place. Il offre un refuge aux oiseaux nombreux dans ce quartier (mésanges charbonnières entre autres). Ce refuge est d’autant plus précieux après la disparition d’une dizaine de marronniers sacrifiés lors de la rénovation et l’agrandissement du collège riverain de la place. Sans parler de tous les arbres proches menacés par des projets immobiliers. Or le plan indique que tous ces arbres, peut-être à l’exception  d’un seul, doivent disparaître au profit de 7 arbustes en pot.

Aucune mention n’est faite de la destruction de cet ensemble arboré remarquable.

Item 11 : le projet engendre-t-il des déplacements / des trafics ?

Il est répondu que la place était déjà un parking aérien. A l’item suivant, il est indiqué que la capacité du parc prévu est un peu supérieure au parking qu’il remplace. C’est là pour le moins un euphémisme. On passe de 42 places à 101, soit plus qu’un doublement du trafic. Par ailleurs, ce trafic actuellement moins important se déroule à l’air libre, avec les meilleures conditions de visibilité. Dans le projet, les véhicules surgiront d’une rampe à la visibilité étroite, et déboucheront à l’angle de deux voies intensément parcourues par des scolaires et leurs parents. En effet, aux 600 élèves du collège riverain de la place s’ajouteront dès la rentrée prochaine plusieurs centaines d’élèves de primaire et de maternelle, la municipalité ayant décidé de reconvertir l’annexe abandonnée par le collège rue Louis Barrault, et distante de quelques dizaines de mètres de la sortie du parking souterrain projeté. 

Item 20 : le projet est-il susceptible de porter atteinte au patrimoine architectural et paysager

Si la disparition du parking aérien est un progrès, la suppression d’arbres centenaires constitue une atteinte sévère au patrimoine paysager. Atteinte qui pourrait être évitée par la création d’un parking en silo d’une capacité équivalente à celle du parking actuel sur un terrain proche et récemment libéré au profit de la municipalité, rue des Écoles.

Mais l’atteinte la plus grave concerne le patrimoine architectural, dont les fondations et les sous-sols risquent d’être impactés par les perturbations de la circulation souterraine des eaux. 80 propriétaires ont répondu au référé préventif et manifesté leur inquiétude.

Chapitre 6.2/ Les incidences du projet sont-elles suxceptibles d’être cumulées avec d’autres projets existants ou approuvés ?

A cet item, il est encore répondu par la négative. C’est là une autre omission grave. Sur la place, un grand immeuble en construction, un autre en prévision, doivent ajouter un cuvelage globalement équivalent à celui du projet. Et un troisième projet important est annoncé sur la rue Barrault, en prolongement de l’immeuble en construction.

Dans l’espoir que ces informations vous permettront d’avoir une idée plus juste de l’impact de ce projet, veuillez recevoir, Madame, Monsieur,  nos meilleures salutations.

Pour le bureau d’Aulnay Environnement,

Le Président, René-Augustin BOUGOURD

Actions, Nouvelles Constructions, plu

La devise à Aulnay-sous-bois : Circulez, y’a rien à voir !

Vous êtes effrayés par la prolifération des constructions sous une municipalité qui a promis tout le contraire ? Vous voulez consulter et étudier les permis de construire ?

Sachez que tout sera fait pour vous décourager !

Exemple : le secrétaire général d’Aulnay Environnement et le permis de construire du parking Abrioux.

17 décembre : le permis est signé. L’association dispose de deux mois pour déposer un recours,  à partir du moment où ce permis est affiché.

27 décembre : demande de copie du permis.

4 janvier : sans réponse, nouvelle demande, par mail et par téléphone.

9 janvier : nouvelle relance.

10 janvier :  lettre du service juridique donnant les conditions pour la copie. Elle est payante, on doit préciser combien de copies on veut, en noir ou en couleur. La ville établira alors un « décompte des sommes dont le règlement sera effectué par chèque. Une fois que ce paiement sera effectué, l’exemplaire sera communiqué. »

C’est ce qui s’appelle de la simplification administrative. On peut compter sur le zèle du bureau des permis pour faire durer les choses encore quelques semaines, le temps que le délai pour le recours soit dépassé.

On nous dira : pourquoi ne pas se contenter de consulter sur place ?

Sous les précéntes municipalités, le service des permis n’était fermé que 2 demi-journées par semaine. À présent, c’est l’inverse : il n’est plus accessible au public que 2 demi-journées. Autrefois, on était reçu dans le bureau même. À présent, on doit prendre un ticket à l’accueil et attendre le bon vouloir des responsables. L’attente peut être interminable pour l’associatif ou le riverain. Le promoteur, lui, prendra rendez-vous.

Voilà comment on peut vider de son contenu l’obligation de publicité.

Autre exemple : l’affichage du permis de démolir de l’ancienne piscine.

Le permis a été signé le 18 octobre. L’affichage sur les lieux n’a été effectif qu’en janvier, pour une démolition qui doit commencer le 21 janvier. Aucune autre annonce nulle part. Cette fois, l’obligation de publicité a été clairement ignorée.

Restreindre au  maximum l’accès à l’information au profit de la communication la plus biaisée possible est devenu une pratique si systématique qu’on parvient à créer des problèmes qui n’auraient pas lieu d’être.

Si la population du quartier avait été correctement informée, aurait-on laissé s’entasser les sacs de déchets d’amiante à proximité de l’école Paul Eluard ? N’aurait-il pas été préférable de veiller à ne pas nourrir l’angoisse légitime des parents, et à ne pas réveiller le traumatisme du l’usine CMMP, avec un écho jusque dans les colonnes du Parisien ? Comprendra-t-on enfin combien ces pratiques si peu démocratiques sont finalement contre-productives?

Cette pratique du pouvoir fondée sur le mépris des citoyens n’est plus supportable !

Aulnay bouge, mais pas pour vous !