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5 ANS d’«Aulnay bouge»

Ces dernières semaines, nos boîtes aux lettres ont débordé de publications vantant le bilan de la municipalité (en s’appropriant souvent ce qui a été réalisé ou préparé par les équipes précédentes, comme le passage souterrain de la gare). Qu’en penser pour les domaines sur lesquels Aulnay Environnement porte sa réflexion, dans une optique de défense de l’intérêt général ?

La construction : une promesse non tenue.

Le programme de campagne de 2014 annonçait page 7: « nous nous engageons à mettre fin au bétonnage qui défigure la ville ». Chacun peut juger du respect de cette promesse. Nous laissons à cette équipe la responsabilité du terme « bétonnage ». Si cela signifie « construire », cette promesse était un leurre, car il fallait bien construire, Aulnay commençant à perdre des habitants après des décennies de quasi-immobilisme. C’est sur la promesse de ne pas  « défigurer » la ville que le manquement est le plus grave. De nombreuses constructions nouvelles en zone UD (zone de centralité et axes structurants) font fi de l’un des premiers articles du règlement du nouveau PLU : « Les constructions doivent être compatibles, notamment dans leur volumétrie, leurs matériaux et la composition des ouvertures et de l’accroche aux constructions limitrophes » (UD, 11/2).

L’urbanisme : une doctrine insensible à la qualité du paysage urbain

Si l’on promet de ne pas défigurer la ville, c’est qu’on a une conception de la « figure » de la ville. Celle-ci est au moins double : au nord, une dominance d’habitat collectif, tandis qu’au sud, c’est le pavillonnaire qui l’emporte. Mais les choses ne sont pas si tranchées, en particulier dans les « zones de centralité ». Là, le legs du passé, c’est une coexistence de pavillons et d’immeubles souvent anciens. Les ouvertures crées par les jardins des pavillons apportent verdure et lumière à nos rues souvent étroites, et c’est bien là le paysage qui fait la spécificité et le charme de notre ville. Or cette sensibilité au paysage n’existe pas : la doctrine officielle, c’est l’alignement, « la chasse aux dents creuses et la priorité donnée au cœur d’ilots ».

La grande liberté laissée aux promoteurs s’accompagne d’une indifférence à l’agrément, au confort et même à la sécurité des passants. Les Aulnaysiens souhaitent la construction en retrait : le règlement l’institue en règle. Ils refusent les balcons surplombant : le nouveau règlement les autorise (UA 6/1). Ils se plaignent de l’étroitesse de trottoirs non conformes à la réglementation nationale : jamais l’opportunité n’est saisie pour les élargir, comme cela se voit dans les communes voisines.

    Un bel exemple de bétonnage : la place Abrioux

Supprimer le parking était souhaitable, mais cette grande surface claire et bétonnée sera un redoutable réverbérateur de chaleur que l’ombre de 9  petits arbres en pot ne saura compenser. Le parking souterrain qui a nécessité d’énormes travaux et perturbe la circulation de la nappe phréatique est d’abord un atout pour les promoteurs qui peuvent construire des immeubles sur des petites parcelles sans parking, alors qu’était promis en 2014 d’ « imposer la création de deux places de parking pour chaque nouveau logement » (page 17 du programme). C’est la commune qui paie : plus de 6M d’Euros ! La libération du terrain de l’ancienne perception offrait pourtant la solution bien moins onéreuse d’un parking en silo avec façade et toit végétalisés (comme à Paris !) de capacité équivalente à celui de la place. Et que dire de l’accès automobile dans un espace parcouru pas les centaines d’enfants de trois établissements scolaires !

La piscine : le choix du prestige au détriment des habitants

Alors qu’il était possible d’aménager le bassin extérieur pour permettre une continuité de l’apprentissage de la natation, le choix a été fait de tout raser pour construire un ensemble de loisirs concurrent de celui du Mesnil-Amelot. Après 5 années sans piscine, on nous annonce des tarifs supérieurs à celui de tous les bassins  des alentours. Ce que demandaient les Aulnaysiens, c’est une piscine pour apprendre à nager ! Les a-t-on consultés ? Et que dire aussi du poids à venir sur les finances communales alors qu’on a échappé de justesse à la mise sous tutelle, au prix d’un contrat léonin avec le gouvernement !

Les espaces verts : le petit jardin qui cache la grande zone industrielle

Beaucoup de battage autour des nouveaux parcs, parfois minuscules (parc Félix Fessart). Quand au parc du quartier Balagny,  il donne directement sur l’autoroute avec toutes ses nuisances sonores et est collé à un strockage en plein air de montagnes d’échafaudages. Surtout il sert d’alibi à une mutation dont on ne nous dit rien : celle d’un vaste espace vert « à vocation sportive » et autrefois en partie légué spécifiquement pour les activités de plain air du club canin. Le club a disparu (400 adhérents) avec l’espace vert, au profit d’une zone industrielle qui ne demande qu’à s’étendre. Où est ici le verdissement de la ville ?

Val Francilia : l’opacité et la désinformation

Pour une fois, mais sans avoir jamais publié les images du projet, la municipalité a consulté les habitants, (150 volontaires maximum) et leur verdict a été sans appel : le projet qui prévoit de construire sur 5 hectares du parc Ballanger et de rayer de la carte I’IME Toulouse-Lautrec est rejeté par les Aulnaysiens. A quelques mois des municipales, la volte-face s’imposait. Le cabinet d’étude serait le  seul coupable de n’avoir pas perçu l’attachement des habitants à leur parc et doit revoir son projet. Le Maire ne l’avait donc pas prévenu ?

La « Charte de l’arbre » : une année de perdue

Par une lettre au Maire datée du3 avril 2018, Aulnay Environnement demandait la création d’une commission chargée d’élaborer une Charte de l’arbre. Nous n’avons jamais eu de réponse. Voilà maintenant que la municipalité invite les Aulnaysiens à participer à un tel document. Mais notre demande reposait sur la création d’une commission mixte pérenne associant durablement les habitants à la gestion du patrimoine arboré. Cette demande sera-t-elle entendue ? Cette poussée de fièvre écologique sera-t-elle autre chose qu’une manœuvre électoraliste ?

La démocratie locale : un grave déficit

  En 2014, la promesse était de « consulter les riverains avant tout projet de modification de leur quartier » (p7). Force est de constater qu’on n’a jamais demandé aux habitants des quartiers sud, autour de l’ex-place Camélinat, s’ils étaient d’accord pour son total bouleversement. Jamais aucune proposition alternative n’a été étudiée. C’est le « fait du prince ».   Aucune consultation des habitants sur le choix de construire un centre nautique qui pèsera très lourdement sur les budgets futurs, en privant durant 5 ans les Aulnaysiens d’une piscine.   Jamais la propagande municipale, si abondante, n’a publié de plan du projet Val Francilia.   Les conseils de quartier servent surtout de tribune aux membres de la municipalité.   Le Comité de pilotage des Conseils de quartier, dont on pourrait penser qu’il doit recevoir les remontées des travaux et des demandes des Conseils, n’est que l’occasion donnée aux services municipaux de présenter un bilan positif de leur action.   Le Conseil économique, Social et Environnemental est vite devenu une institution fantôme vouée à servir de vecteur à l’information municipale.   Les associations trop indépendantes de la municipalité sont sabordées lorsque c’est possible : ainsi l’association de l’Office de Tourisme, dont la présidente n’a été prévenue de la dissolution que le matin même du conseil municipal décisif. Celles qui disposent de terrains libres de toute construction subissent le même sort, comme le club canin.   

Sur tous les sujets évoqués ici, Aulnay Environnement a tenté de faire entendre la voix de l’intérêt général, par des articles dans les blogs, des pétitions, des tracts, des réunions publiques et des actions en justice. Elle a rarement été entendue.

Mais, grâce à la mobilisation très active d’autres associations (VME, CADA, ABC), le projet Val Francilia destructeur du parc Ballanger a été ajourné.

      Dans l’avenir, nous pouvons craindre d’autres graves atteintes à notre patrimoine :   La construction sur le centre gare, suspendue jusqu’aux élections par un « Périmètre d’étude » pourra reprendre de plus belle, avec la disparition probable de beaux pavillons patrimoniaux. Un nouvel immeuble pourra s’élever sur le côté sud de la place Abrioux, sur un terrain légué pour des usages scolaires, la privant de soleil en hiver.La compagnie d’arc pourra subir le même sort que le club canin. Le projet « Val Francilia » pourra renaître de ses cendres. etc.  

En adhérant, renforcez Aulnay Environnement pour la défense de notre paysage urbain !

piscine

Une piscine pour les riches ? Que c’est dur à entendre !

Mercredi 12 décembre, réunion à l’École Fontaine des Prés sur le Centre Nautique, avec une quarantaine d’Aulnaysiens du quartier.

Le sujet : le calendrier des travaux et leurs nuisances. Mais bien sûr, les questions de l’assistance ont permis d’aborder beaucoup d’autres sujets, qui auraient intéressé tous les Aulnaysiens.

D’abord parce que les responsables de la construction (SPIE Batignolles) et ceux de l’exploitation (une filiale de SPIE Batignolles) ont tenu à présenter leur travail et leur fonctionnement. De ces professionnels, on apprend toujours plus que des élus. Ce sont des gens qui ont compris que communiquer objectivement vaut toujours mieux que de laisser la voie libre à toutes les interrogations. Et qui respectent les intéressés.

Notre rôle n’est pas de répercuter tout ce que nous ont dit les professionnels.

C’est à la municipalité d’offrir une information qui ne soit pas verrouillée par la propagande, dans des réunions où la parole et donc le questionnement, sont libres.

   Sur les aspects qui nous interrogent, nous pouvons retenir :

·      Que le financement du projet incombe à SPIE Batignolles, et que toutes les subventions de l’Etat, de la Région et du Département serviront à alléger la charge de cette entreprise privée.

·      Que la filiale exploitante, selon la logique de la Délégation de Service Public, percevra les droits d’entrée, la commune participant aux frais d’exploitation, dont une location pour les scolaires.

·      Le montant de ces droits (les plus élevés de tous les environs) est fixé par la municipalité, selon la logique suivante : cela correspond aux services proposés, ceux d’un vaste centre « aqualudique ».  Peu importe que l’on ne soit intéressé que par le bassin de nage, on paie aussi l’accès aux installations de loisir (mais pas au fitness !).

·      Une partie de l’assistance insiste sur le fait que ces prix sont trop élevés pour beaucoup de familles avec plusieurs enfants. Il est répondu qu’il faut comparer ce coût à celui d’une place de cinéma ou d’un abonnement téléphonique. La qualité du produit, cela se paie. En d’autres termes, si l’on se veut bons parents, et que le budget est serré, il faudra choisir !  On n’est pas là pour faire du social, que diable !

·      Pour les élus, entendre dire (en substance) qu’il s’agit là d’une piscine pour les riches « cela fait mal » !

Eh oui ! Il paraît qu’il n’y a que la vérité qui blesse…

En résumé, ce sera un très bel équipement, très bien conçu, qui permettra le retour de clubs de haut niveau, attirera des compétitions et redorera le blason de notre ville,

mais dans une commune comme la nôtre, dans un département comme le nôtre, la dimension sociale d’un tel équipement ne peut être ainsi ignorée.

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Motions Votées le 22 Mars 2018

Motions soumises au vote de l’assemblée Générale d’Aulnay Environnement, le 22 mars 2018

1/Sur la démocratie locale Motion adoptée à l’unanimité

Les adhérents s’inquiètent de la mise en œuvre par la municipalité d’une conception très restrictive de la démocratie dans ses relations avec les citoyens et les associations.

  • Surdité : la demande répétée de concertation avec les habitants sur la transformation de l’ex-place Camélinat n’a jamais suscité la moindre réponse (concertation : s’accorder, se consulter pour mettre au point un projet commun (Larousse) et non : informer de ce que l’on a décidé, en tournant en ridicule les contre-propositions).

  • Brutalité : c’est le sort réservé aux associations dont l’activité repose sur la jouissance d’un terrain, dès lors que la municipalité compte lui donner une autre affectation : après que le club canin (500 adhérents) ait fait une contre-proposition réaliste sur la nouvelle localisation envisagée, les ponts ont étés coupés et le club a dû simplement disparaître. Qu’en sera-t-il du club de Tir à l’arc ? La même brutalité pour l’association gérant l’Office du Tourisme, jouissant, elle, d’une liberté d’initiative pour la promotion de la commune : aucune discussion préalable, mais un simple courrier à la présidente le jour même de sa dissolution décrétée par la municipalité. Aulnay Environnement a marqué sa solidarité avec ces associations qui œuvraient pour le bien de notre commune.

  • Judiciarisation  : de plus en plus, en rejetant toute possibilité de conciliation, les prises de position critiques et publiques sont poursuivies en justice. La crainte est grande de voir se développer ici la pratique de certains acteurs économiques qui cherchent à décourager toute critique par le harcèlement judiciaire et les coûts financiers. Aulnay Environnement tient à exprimer son attachement à la liberté d’expression, en particulier à celle des blogs qui sont l’un des rares moyens de faire connaitre des analyses, la modération des publications par les responsables des sites restant au demeurant une autre base de la vie démocratique.

2/ sur les constructions Motion adoptée à l’unanimité

Les adhérents renouvellent les critiques portées sur la politique de construction de la municipalité :

  • Non-respect de la promesse électorale de mettre fin au « bétonnage »

  • Non-respect de la réglementation sur l’intégration harmonieuse de nouvelles constructions (ex-place Camélinat)

  • Non-respect des vœux des habitants sur la construction en retrait

  • Non-respect des quotas de logements sociaux dans le sud

  • Non-respect des promesses électorales de ne pas prévoir de logements sur les terrains PSA

  • Non-respect du patrimoine : des constructions anciennes de qualité ont disparu (rue Gatouillat, rue Barrault), et d’autres sont menacées (« Brimborion » et son jumeau route de Bondy, ou encore des bâtiments de grande valeur patrimoniale, le café des « pailleux », au Soleil Levant, ou la maison de Jules Princet). Les « bâtisses » que la municipalité se vante d’avoir sauvegardé ont été acquises pendant la précédente mandature. Au-delà de la propagande, la politique de préservation du tissu pavillonnaire et de mise en valeur du patrimoine reste à démontrer.

  • Non-respect de la largeur minimale effective des trottoirs

Ils s’interrogent sur les suites concrètes qui pourront être données à la concertation sur l’avenir du Centre Gare, le gel (pour deux ans) des projets immobiliers prenant fin au moment des prochaines élections municipales. Ils ne voient pas comment, avec un règlement de PLU aussi favorable aux projets des promoteurs, on pourra réellement éviter que soit défiguré le centre de notre commune. Ils se demandent quel est le sens profond de cette concertation.

3/ Sur la circulation Motion adoptée à l’unanimité, moins une abstention

Les adhérents approuvent la mise en œuvre d’une réflexion sur la circulation. Ils insistent sur l’impératif de bonne circulation des transports en commun : le stationnement des véhicules doit être conditionné à cet objectif. Ils souhaitent que les nuisances de la circulation, à laquelle nous participons tous peu ou prou, soient limitées au maximum, mais aussi équitablement réparties entre les riverains, en particulier pour la circulation des poids lourds et des autobus. Ils demandent qu’un autre impératif soit la sécurité des piétons, et que tout soit mis en œuvre pour qu’ils ne soient pas contraints de descendre du trottoir (ex rue du Gros peuplier) par la présence de véhicules en stationnement sauvage. Trottoirs sur lesquels la vigilance est encore de mise en raison de la multiplication des déjections canines contre laquelle une action de sensibilisation (et de nettoyage) s’impose. De même, partout où c’est possible, ils demandent que la circulation des cyclistes soit facilitée. Ils souhaitent que les investissements en vidéosurveillance servent à la répression des incivilités du stationnement et de la circulation. Ils souhaitent le développement d’un réseau de navettes entre les quartiers.

Ils souhaitent que le stationnement de courte durée soit favorisé par les tarifs de la première heure (gratuité on très faible coût). Ils renouvellent leur opposition à la création de parkings souterrains à deux niveaux (place ex-Camélinat).

4/ Sur le patrimoine arboré Motion adoptée à l’unanimité

Les adhérents prennent acte de la nécessité de faire face aux maladies qui affectent beaucoup de nos arbres et qui conduit à leur abattage. Néanmoins ils espèrent que cela ne sera pas l’occasion de faire disparaître des arbres sains pour faire place nette aux projets immobiliers. En tout état de cause, ils demandent au plus vite le remplacement des arbres disparus. Ils demandent aussi que toutes les précautions soient prises pour que les arbres sains puissent le rester.

Ils renouvellent leur opposition à la disparition des tilleuls de la Place ex-Camélinat et s’inquiètent du sort des arbres retirés de la catégorie des arbres remarquables.

En tout état de cause, ils demandent que tous les arbres remarquables survivants de l’ancienne forêt soient l’objet d’une politique volontariste de préservation. Cela dépasse le cadre des services techniques qui font leur travail du mieux qu’ils peuvent. C’est aux élus qu’il incombe de prendre en compte que ces arbres témoignent de l’histoire, font partie de l’identité de notre commune, et que leur disparition progressive est un véritable crève-cœur pour les habitants. Nous refusons la minéralisation progressive de notre cadre de vie qui est en œuvre sous nos yeux.

Nous demandons la création d’une commission mixte associant élus, services techniques, associations et représentants des habitants pour suivre l’évolution de l’état de santé des arbres et sensibiliser les acquéreurs de parcelles arborées à la préservation du patrimoine précieux que représentent ces arbres. Nous souhaitons que la fête annuelle de l’arbre n’ait pas ce goût amer et que la municipalité fasse la démonstration qu’elle fait tout ce qui est possible, en collaboration avec les habitants, pour que notre commune ne devienne pas Aulnay-sans-bois.

5/ Sur les équipements Motion adoptée à l’unanimité.

La piscine : les adhérents s’étonnent de l’absence d’information sur l’évolution de ce dossier, le calendrier annoncé (ouverture du nouvel équipement en 2020) ne paraissant pas pouvoir être respecté. En attendant, nous demandons qu’une réponse argumentée soit donnée à la demande d’ouverture au public des bassins extérieurs.

De même, pour l’espace multimodal de Balagny, la communication générale manque de précision.

Les adhérents attendent que soient enfin dévoilés les projets annoncés depuis plusieurs années d’équipements sur le terrain de la Croix Blanche ou plus récemment la ferme Garcelon. Ils demandent qu’un effort conséquent soit fait pour mettre bien davantage de salles à la disposition des associations.

Ils regrettent qu’aucun projet culturel ambitieux ne soit mis en œuvre par la municipalité pour remédier à l’absence d’une médiathèque centrale.

Etudes, piscine

Bilan d’étape du centre nautique

24 octobre 2016 : A l’issue des réunions publiques organisées par la municipalité sur le projet de centre nautique, Aulnay Environnement vous propose un « bilan d’étape ».

I/ La gestion démocratique du dossier

Les réunions organisées par la municipalité ont tardivement et imparfaitement comblé l’indigence de communication qui a caractérisé depuis deux ans la gestion du dossier de la piscine.

En juin 2015, nous n’avons pas contesté la décision de fermer la piscine, le Maire invoquant l’imparable principe de précaution.

Nous ne pouvons non plus reprocher le temps mis à faire un diagnostic, la lecture du rapport d’expertise permettant de comprendre combien les données à réunir étaient complexes.

En revanche, nous considérons que dès que l’ensemble de ces données a été réuni, c’est-à-dire à la fin du printemps 2015, il eut été d’une bonne gestion démocratique de les publier et de présenter aux habitants les choix possibles.

Or ces rapports n’ont pu être connus que grâce à l’insistance d’Aulnay Environnement qui au printemps 2016 a pu en obtenir une communication (qui s’est révélée partielle), mais seulement sous la menace de saisir la Commission d’Accès aux Documents Administratifs. Si, par l’intermédiaire des blogs, ces documents sont parvenus à la connaissance du public, c’est à l’initiative d’un membre d’Aulnay Environnement. Au contraire, en juin 2015, la communication municipale s’est limitée à une « Lettre du Maire » qui, des évaluations de coût et de pérennité des réparations, ne retenait que les hypothèses les plus pessimistes.

De plus, cette « Lettre du Maire » donnait du projet envisagé une image très maladroite, en insistant sur un luxe d’équipements annexes qui laissaient imaginer un projet digne d’un Aquaboulevard.

Or ce n’était pas ce qu’attendaient les Aulnaysiens confrontés à l’absence de piscine, surtout les parents qui cherchaient à pallier l’incapacité des établissements scolaires à assurer l’apprentissage de la natation et qui avaient les plus grandes difficultés à trouver une place dans les piscines des autres communes. Ces doléances, l’équipe d’Aulnay Environnement les a entendues durant toute la Journée des associations. En réponse, dans la mesure de nos connaissances, nous avons essayé de répondre impartialement aux interrogations d’une population très insuffisamment informée.

Est-ce parce qu’Aulnay Environnement s’est emparé du problème en organisant fin septembre une réunion publique sur ce thème que la municipalité s’est enfin décidée quelques jours plus tard à annoncer pour la mi-octobre une rafale de réunions publiques ? Certains le pensent.

Tout au moins, un point positif : la volonté du Maire de ménager régulièrement des rencontres avec Aulnay Environnement, ce qui nous a permis de préparer cette réunion avec des informations qui nous donnaient une meilleure compréhension du projet. Malheureusement, malgré notre insistance, ces informations n’ont toujours pas été publiées. Certes, l’essentiel a été communiqué lors des réunions publiques, mais seulement oralement, le Powerpoint sur lequel s’appuyait l’exposé n’ayant été connu de tous ceux qui n’avaient pu venir aux réunions que parce qu’un membre d’Aulnay Environnement a pris des photos pour les communiquer aux blogs.

Pourquoi cette répugnance à donner des documents écrits ? Considère-t-on les Aulnaysiens comme une peuplade d’analphabètes ? Sans réponse positive à notre lettre demandant la publication de tout le dossier sur le projet de piscine, Aulnay Environnement va se voir contraint de saisir la CADA.

 

La réunion publique organisée par Aulnay Environnement a fonctionné comme une véritable assemblée démocratique, dans un lieu neutre, la municipalité n’y étant pas juge et partie, avec le contrôle du temps et de l’organisation du débat. C’est Aulnay Environnement qui en a conservé la maîtrise, en permettant aussi bien aux représentants de la Mairie de s’expliquer qu’aux doléances et aux critiques de s’exprimer, et en proposant une vision équilibrée du projet : ce n’est pas essentiellement sa nature qui prête à discussion, c’est sa localisation et la juste prise en compte des attentes de la population.

En effet, le projet revendiqué comme « ambitieux » par la municipalité vise à créer un complexe sportif répondant à toutes les exigences du plus haut niveau. Ce projet offrirait les équipements permettant de faire revivre des associations sportives capables dans plusieurs disciplines de porter très haut les couleurs de notre ville, d’attirer de jeunes Aulnaysiens vers la compétition et de recevoir des manifestations nationales et internationales propres à valoriser l’image d’Aulnay-sous-bois. C’est un choix légitime et qui peut sembler à l’échelle d’une commune de cette taille. La visite du centre nautique de l’Insep organisée à l’initiative de la mairie et commentée par le concepteur du projet, nous a permis de bien comprendre sa cohérence et la légitimité de doter le centre nautique des équipements de récupération musculaire qu’attendent aujourd’hui les sportifs. Mais elle nous a aussi permis de percevoir qu’entre les trois possibilités de localisation, le choix définitif n’était pas douteux.

A la veille des réunions publiques, nous pouvions nous poser la question : pourquoi cette répugnance à donner à d’autres des informations qui permettaient de mieux comprendre le projet ? Comptait-on sur nous pour faire le travail d’information qui incombait à l’équipe municipale ? Attendait-on de nous que nous abdiquions tout esprit critique ? Les gens de bonne foi connaissent bien le sens de ces deux mots associés. (Les autres aussi, d’ailleurs.)

2/ Les réunions publiques

Leur déroulement n’a pas été conforme à ce que l’on peut attendre d’une vraie concertation démocratique. A titre d’exemple, voici comment nous avons procédé dans notre réunion publique. Nous avons divisé le débat en trois parties :

  • Les causes de la fermeture et la décision de reconstruire

  • Les doléances des Aulnaysiens

  • Les objectifs du projet et le choix de la localisation.

Pour chaque partie, la prise de parole a alterné entre représentants de la mairie et les citoyens de toutes convictions, offrant un débat réellement fluide, qui a permis à chacun de délivrer son point de vue et d’y voir plus clair sur les différents aspects de la question. Certes, il est arrivé que l’on coupât la parole aux élus lorsqu’ils anticipaient sur un autre point, certes, ils ont entendu des prises de position qui ne cadraient pas avec leurs choix : était-ce là des délits de lèse-majesté justifiant que l’on dénonce cette réunion comme orchestrée par l’opposition municipale ?

Au contraire, dans les réunions publiques organisées par la municipalité, les porte-parole de la mairie se posant d’office comme modérateurs ont monopolisé la parole durant près de deux heures, le problème de la localisation n’étant abordé qu’en toute fin de séance. C’est dire qu’il n’y avait pas d’égalité d’accès à la parole dans un débat conduit comme un cours magistral. Noyés sous un flot d’informations où l’essentiel était dissous dans l’accessoire, l’auditoire n’avait aucun recul pour apprécier réellement ce dont il était abreuvé.

Dans l’ensemble le but recherché a été atteint : l’incontestable compétence technique des intervenants a permis de faire apparaître comme incontournables les choix stratégiques et techniques du projet. Mais le problème essentiel pour les Aulnaysiens, celui de la localisation, a été plus ou moins escamoté, sous prétexte que la décision était encore en suspens, alors que tout porte à croire que le choix se portera sur les terrains de PSA. Pour preuve, la présentation des 3 localisations possibles a significativement été faite de façon biaisée, en ne présentant que les inconvénients des deux premiers sites étudiés :

 

  • sur le site de l’actuelle piscine, c’est le prix de la démolition et de la dépollution des sols (à démontrer), avec l’inconvénient d’un parking trop petit

  • à proximité du vélodrome, c’est un terrain exigu et un retard inévitable lié à la présence d’un site archéologique

  • alors que sur le terrain de PSA, il n’y aurait que des avantages : présence d’un parking et d’un gymnase

Et l’on omet de mettre en balance le fait que des trois sites, c’est celui de l’ancienne piscine qui est le plus vaste (25000m2 contre 16500m2 sur PSA, un excédent qui devrait permettre de construire un parking !) et surtout que sur les deux premiers sites, les terrains appartiennent à la commune, ce qui n’est évidemment pas le cas sur PSA. Il faudra donc les racheter. Indice supplémentaire : le maire a entamé des négociations avec PSA.

De plus un paramètre essentiel est occulté : l’accessibilité du site PSA pour l’ensemble des Aulnaysiens, avec le problème des coupures et des embouteillages sur un territoire extrêmement étendu. On nous répond, sous prétexte d’économies, que l’étude de ce problème sera reportée après le choix du site. De qui se moque-t-on ? Comment peut-on décider du choix d’un site sans prendre en compte son accessibilité ? Dès le départ, on fait l’impasse sur le vécu des Aulnaysiens.

3/ La position et les préconisations d’Aulnay Environnement

Aulnay Environnement ne « roule » pour personne. L’association a pour seul souci l’intérêt des Aulnaysiens, et quelle que soit la couleur politique des élus, l’association souhaite d’abord pouvoir porter auprès d’eux la voix de ses adhérents comme des autres habitants, étant bien entendu qu’il ne s’agit pas de contester le droit des élus à prendre des décisions. Ce que nous critiquons tout d’abord, c’est une conception du dialogue avec les administrés. Car nous souhaitons que les problèmes et les choix soient bien plus clairement exposés à toute la population. Entre autres, le site internet de la commune semble fait pour cela.

Si la municipalité poursuit dans sa volonté de construire sur PSA, il serait bon qu’elle en tire certaines conséquences.

Quels Aulnaysiens iront à la piscine PSA ? D’abord les habitants des quartiers Nord. Nous nous en réjouissons pour eux. Nous nous étonnons d’ailleurs que la municipalité n’use pas davantage de cet argument qui ne manquerait pas de lui donner une coloration plus sociale.

Que feront les habitants du sud, pour ceux qui peuvent se passer d’équipements de haut niveau, et qui ne tiennent pas à faire un excédent de trajet en voiture ? Ils continueront à fréquenter les piscines des communes limitrophes, en payant un surcoût comme l’imposent toutes les villes aux non-résidents. Dans ce cas de figure, la municipalité fait clairement le choix du prestige contre la prise en compte des réalités concrètes qui s’imposent à la population.

C’est dans cette perspective que deviendra légitime une revendication déjà ancienne : un bassin de natation de taille plus modeste dans le sud, déjà assez pauvre en équipements sportifs. Pourquoi pas sur le terrain que nous cèdera le département, lorsqu’inévitablement sera désaffectée l’annexe Barrault du collège du Parc ?

Certes, cela aurait un coût, mais cela semble-t-il vraiment aberrant lorsque l’équipe municipale avance sans sourciller un projet de 32 millions d’euros ? Bien sûr, cela ne peut s’imaginer dans un futur immédiat, mais se projeter dans l’avenir, c’est le devoir des politiques. Ce serait une belle ambition que de prévoir un plan à long terme pour combler d’autres lacunes dans nos équipements : l’absence de la médiathèque dont disposent tous nos voisins, d’une véritable salle des fêtes et d’une maison des associations. Un programme d’action municipal doit-il être entièrement contenu dans la promesse de ne pas augmenter les impôts locaux ? Faut – il toujours attendre qu’une poutre menace de rompre pour que l’on se penche sur la nécessité d’un nouvel équipement ?

 

Mais comme la réalisation de ce bassin de natation sudiste n’entre visiblement pas dans les projets de la municipalité, nous souhaitons dans un premier temps que la nouvelle piscine soit reconstruite sur place, en un lieu plus facilement accessible à tous les Aulnaysiens, et s’il le faut, en rabaissant quelque peu les ambitions.

Car nous avons une autre critique de fond à faire aux choix de PSA. Nous l’avons dit dans notre contribution au débat sur le PLU : nous sommes opposés à l’urbanisation de ce site et le développement d’une « 4e ville » au nord de la commune, exposée à toutes sortes de nuisances. Or la présence d’un tel complexe sportif ne peut que servir le projet d’urbanisation du site et donc recevoir un accueil des plus favorables auprès de PSA. Rêvons un peu : peut-être bien que dans cette optique, l’entreprise privée se souviendra de la générosité passée de la commune qui lui a naguère donné les terrains, aussi bien que de l’admirable désintéressement de l’équipe municipale qui au début de cette mandature, lui a abandonné gracieusement ses droits de propriété sur l’emprise des chemins vicinaux qui parcouraient autrefois le site. (C’est peut-être ce qui explique l’optimisme affiché sur la négociation avec le constructeur automobile.)

N’oublions pas non plus que cette implantation apportera un argument de plus à la création d’une voie d’accès coupant en deux le parc Ballanger, déjà prévue dans le PLU avec la promesse d’une « circulation douce », une promesse que l’on risque bien d’oublier au passage.

Enfin, nous nourrissons les plus vives inquiétudes devant l’énormité de l’investissement. Sous couvert d’une délégation de service public, la municipalité veut faire croire que cela ne coûtera rien aux Aulnaysiens. Mais comment assurer la rentabilité d’un tel investissement, peut-être bien, comme c’est souvent le cas, sous-évalué ? Quelles concessions devra faire la commune ? Il ne suffit pas de dire que le prix d’entrée devra fatalement s’aligner sur celui des centres nautiques limitrophes, il faudrait aussi se garantir que la location de l’équipement ne pèsera pas trop lourdement sur les finances communales. L’équilibre financier ne semble pas acquis d’avance !

Par le biais d’une pétition, nous militons donc pour que les habitants soient mieux associés aux décisions, que les tarifs du centre nautique restent accessibles et les équipements d’un niveau conforme aux moyens financiers de la commune, qu’enfin la reconstruction se fasse sur place, car cet emplacement est à peu près central.

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Le sort de la piscine, un problème de démocratie

20 juin 2016 : Aulnay Environnement, dont la préoccupation majeure est l’organisation de l’espace communal au service de la population, a pointé dans sa réflexion sur le PLU l’absence à Aulnay d’équipements fondamentaux, comme une médiathèque, ou la rareté de lieux dévolus au développement des activités associatives (salles d’exposition, de spectacle, de réunion). Jamais dans les réunions publiques la municipalité n’a exprimé la volonté de remédier à ce manque d’équipements.

À cela s’est ajouté la fermeture de la piscine, d’abord temporaire pour raison de sécurité, puis, bien plus tard, définitive. Enfin on a découvert sur le zonage du PLU que le terrain de la piscine était disponible pour une opération immobilière. Un document « miroir aux alouettes » a été publié en juin 2015, promettant le remplacement du stade de Coursaille par un « complexe de loisirs », dans le cadre d’une « délégation de service public », c’est-à-dire géré par une société privée. A quel coût pour les usagers? Et surtout où et quand? Mystère.

Devant le refus de la municipalité de communiquer sérieusement sur ses choix, Aulnay Environnement a décidé de s’emparer du dossier et a demandé la communication des documents motivant la décision de fermeture. De toute évidence, le dossier qui nous a été communiqué n’est pas complet. A moins que cela ait été délibérément ignoré, aucune étude sur l’impact économique et social pour les différentes catégories de la population de la présence ou non d’un centre nautique ne nous a été communiquée. Nous savons seulement, par une étude de janvier 2015 quels dégâts sont apparus sur la structure en bois, motivant une fermeture avant travaux de réfection. Mais la note conclusive des services techniques proposait d’autres choix que la fermeture définitive.

Cette note est en contraction avec les affirmations du document diffusé en juin 2015 à la population:

Note des services techniques (avril 2015)

Lettre du maire ( juin 2015)

Reprise de l’ensemble des éléments défaillants et mise aux normes: 9 M€

« Les premières estimations montrent un coût de plus de 10M€ de travaux »

Durée de vie « prolongée sans travaux d’importance pendant une vingtaine d’années. »

Durée de vie après travaux: « une dizaine d’années au maximum ».

De plus, cette note propose une solution provisoire : « couvrir d’une structure modulaire le bassin extérieur avec chauffage et déshumidificateur » estimée « à près de 780 000€ » (sans compter l’ éclairage et les aménagements d’accessibilité). En revanche, la mise en œuvre de transports pour les scolaires et le club vers d’autres communes « est d’un coût minimum par an de 220 000€ ». Il en ressort que cette solution provisoire pouvait être amortie en environ 5 ans. Au total, le fonctionnement de cette structure avec le personnel est évalué à environ 2M€ par an.

Certes, c’est un coût. Le coût de la continuité du service public et du maintien de l’emploi. Et une prise en compte de cette réalité: faute d’équipements, la moitié des enfants du 93 entrant en 6e ne sait pas nager!

Pour justifier son choix, la lettre du Maire invoque la durée des travaux. La note des services techniques estime la durée d’une totale reconstruction à deux ans et demie. Donc, beaucoup moins pour la mise en place d’une structure provisoire. Si bien que si ce choix avait été fait dans l’été 2015 les aulnaysiens auraient pu bénéficier d’un bassin de 50 mètres au plus tard début 2017. Pour le fastueux « centre nautique à vocation sportive, ludique et de bien-être » (avec sauna, hammam, spa, salles de fitness, etc.) seules les études sont engagées « sur un espace vierge ». Lequel? Les terrains PSA, dont l’avenir est si obscur? Des espaces de loisir dont l’usage ne coûte pour l’instant rien aux utilisateurs, comme les terrains au sud du vélodrome?

En tout étant de cause, tout est reporté bien au-delà de 2017, pour ne pas dire aux calendes grecques!

En vendant le matériel de la piscine, la municipalité a tout fait pour rendre les choses irréversibles. Mais la solution provisoire est encore possible. Certes, elle a un coût auquel devraient consentir les Aulnaysiens. Ce doit être l’objet d’un débat public que la municipalité aurait dû proposer il y a un an déjà. Démocratiquement, c’était la moindre des choses. Nous allons demander au Maire qu’il organise enfin ce débat.