Etudes

Contribution pour préparer la réunion publique du 28 mars (espace Peugeot 18 heures) sur le projet VAL FRANCILIA qui menace le Parc Robert BALLANGER à Aulnay

Dans le cadre de l’étude du projet ValFrancilia voici une contribution de notre ancien président :

Par André Cuzon

Le projet Val Francilia ne peut aboutir sans modification du PLU[1] (le parc Ballanger est en espace vert).
Ce n’est pas une simple modification qui convient (juridiquement c’est le juge administratif qui tranchera), car un projet de 3.500 logements a des conséquences majeures en terme d’équipements ou de circulation. Le PADD (plan d’aménagement et de développement durable) actuel est du coup largement dépassé…

La menace sur le parc Ballanger suffit à ce combat mais c’est l’occasion d’élargir le débat aux problématiques plus larges territorialement et au problème du transport aérien qui est un enjeu climatique majeur.

Dans  le secteur concerné entre le Bourget et Roissy  on annonce un T4 (terminal 4 ) supplémentaire à Roissy, sans parler d’Europa City qui est contesté à juste titre (gare en plein champ pour le seul Auchan).

Avec Marc-Ambroise RENDU président d’ile-de-France Environnement et moi-même (à l’époque -fin années 90- président d’Environnement 93) nous avions rencontré l’établissement public Plaine de France, pour insister sur la fracture sociale et territoriale qui empêchait des liaisons entre le 95 et le 93…Avant la création du département du 93 en 1965 , Aulnay faisait partie du canton de Gonesse, capitale du blé et du pain !!!

Les barreaux de Gonesse et la future ligne 17 ne changeront rien à cette fracture.

La solution à envisager est de remettre en cause l’aéroport d’affaires du Bourget qui a moins de 10 kilomètres de Paris (sur une surface de 550 hectares) crée cette fracture territoriale.
Au début des années 70 lors de la création de Roissy cela a été envisagé.
50 ans après cela doit être sur la table.

Le problème climatique doit se poser pour l’aviation (et donc pour notre territoire[2]). Il est en dehors des protocoles de Kyoto ou de Paris : çà suffit.

La taxation du kérozène a été mis à l’ordre du jour par les gilets jaunes (pas par les écolos !), non pas pour raisons climatiques forcément mais pour des raisons sociales.
De plus les effets sur le climat des avions est minimisé (divisé quasiment par 3) si on tient compte du rapport particulier du GIEC de 1998 sur le sujet, ignoré par tous.

En effet l’aéroport du Bourget est connu pour son activité après le Ramadan : les femmes saoudiennes riches en profitent pour venir faire leurs courses sur les « champs-élysées » en atterrissant au Bourget dans des jets privés.

La réflexion de la région et du territoire « Paris terre d’envol » doit intégrer la taxation du kérozène ou la fin (rareté) du pétrole qui mettra en cause les activités et donc les emplois autour de l’aérien.

Sans parler du boycott du transport aérien  “We stay on the ground”  qu’il faut soutenir…

En Arabie Saoudite la transition énergétique (l’après pétrole) est à l’ordre du jour, pas en France.

Le Bourget peut garder ses activités mémorielles (musée) et aussi une piste (pourquoi pas pour le régalien). Il faut imaginer la transition : hélicos pour les vraies urgences  et dirigeables pour le transport de marchandises…Les hectares du Bourget permettrons de développer une ville entre 95 et 93, le contraire du ghetto des 3.000 ravitaillées « par les corbeaux », qui risque d’être reproduite à Val Francilia.

La zone de bruit diminuée permettra de faire une ville intégrée sans fracture qui n’est pas réfléchie ni dans le SDRIF[3], ni dans les SCOT ou les PLU.

Voilà l’ordre du jour de la révision du PLU du territoire « Paris terres d’envol » à réfléchir sans délai pour aboutir dès les prochaines élections municipales. Ajoutons que la Géothermie supprimée par la municipalité Abrioux doit aussi être à l’ordre du jour pour alimenter les réseaux de chaleur…(urgence climat…)

Bien sûr c’est aussi toute l’urbanisation autour de la ligne 16 qui doit être  concernée.

Ce qui change aussi c’est que les études technocratiques des cabinets avec des élus incapables souvent de suivre, ce n’est plus possible en 2019, après les « gilets jaunes »  et le « grand débat ».

L’établissement public Plaine de France est mort, remplacé par la « Société du Grand Paris », les PLUi vont être étudiés par les nouveaux territoires inconnus des habitants avec des réunions loin de tout…

Sans parler des ANRU[4]

Un vrai débat public (type CNDP) avec publication du dossier, publication des cahiers d’acteurs et « garants » du débat est nécessaire.

Ouvrons aussi des écoles pour les citoyen(ne)s …


PS : Une contre-proposition pour la ligne 17 a été faite par le collectif CPTG[5] : poursuivre la 16 d’Aulnay vers le parc des Expos et Roissy et prévoir un tramway sur l’ex-RN370. Mais tout ceci est à débattre.

Bien entendu le projet « Europa City » est destiné aux touristes aériens (souvent cités comme chinois) qui viennent passer 8 jours à Paris et qui visiterons Barcelone ou Londres ou Megève à Europa City.

Bien entendu les touristes français aussi  vont bronzer ou surfer à Hawaï ou Tahiti et « nécessitent » l’extension de Roissy…et la fin du monde.

Robert BALLANGER est à l’origine de la « rose des vents » où il habitait, du parc « Robert Ballanger » et de la piscine qui vient d’être détruite. Egalement de l’antenne de la Maison de la Culture pour la jeunesse du 93, dont il a proposé le nom « Jacques Prévert ». Il était à l’époque jeune papa…

Tous à la réunion du jeudi 28 mars à 18 heures
à l’espace Peugeot (site PSA) 25 boulevard André Citroen.

[1] Plan local d’urbanisme

[2] Territoire « Paris terres d’envol » : Le Bourget, Le Blanc-Mesnil, Drancy, Aulnay, Sevran, Villepinte, Tremblay.

[3] Schéma directeur régional d’ile-de-france

[4] Agence nationale pour la rénovation urbaine

[5] Collectif pour le triangle de Gonesse

Nouvelles Constructions, ValFrancilia/Ballanger

Parc Valfrancilia vs Parc Ballanger : les éléments de langage des élus

Un commentaire laissé sur un blog par un membre de l’équipe municipale s’en prend assez violemment à notre pétition en dénonçant des « fake ». Il nous livre là quelques « éléments de  langage » très instructifs.

1er élément de langage : la pétition ne reposerait que sur des rumeurs. Elle repose en vérité sur l’analyse des documents présentés  dans le cadre de la réunion du 27 novembre réservée aux « aux agents économiques ».   Et si l’on veut mettre fin aux « rumeurs », la solution est des plus simples :

Rendez publiques toutes les images du projet,
permettez aux Aulnaysiens de les consulter aisément sur le site de la ville!

2e élément de langage : il ne s’agirait que de la proposition d’un cabinet d’urbanistes. Mais validé par la  municipalité. Cependant si ce n’est bien qu’un projet, on peut imaginer qu’il soit amendable, à moins qu’il ne s’agisse encore que de prendre acte d’un projet ficelé. Pour ouvrir le débat, nous n’avons pas attendu le bon vouloir de la municipalité, qui ne transmet jamais de document écrit détaillé sur ses projets. Donc :

Rendez le projet amendable en consultant démocratiquement les Aulnaysiens !
Et d’abord les premiers usagers du parc : les habitants de la Rose des Vents !

3e élément de langage : on ne parle pas de construction sur le parc, mais « d’aménagement » sur « une frange ». Il s’agit en fait d’une centaine de logements sur 1/5e du parc (hors « promenade arborée »), la pointe de l’immense quartier contre lequel le candidat Beschizza s’élevait en 2014 : « Nous ne voulons pas de la construction d’une cité de logements qui deviendrait automatiquement un lieu de relégation pour ses habitants ».

4e élément de langage : la traversée du parc ne se fera que par des « circulations douces ». Cela, nous ne pouvons le croire. Une équipe élue en dénonçant « le bétonnage » doit comprendre qu’elle peut avoir, 5 ans plus tard, des problèmes de crédibilité. Si cette traversée est la principale voie pour communiquer avec les quartiers nord, peut-on croire que la dizaine de milliers d’habitants du nouveau quartier se contenteront de circulation douce ?  Et quelle que soit la nature de la voie, ce serait une coupure et la fin de la déambulation paisible des promeneurs. 

5e élément de langage, fondamental : le « parc agrandi ». La réalité est : le parc aplani. La partie ouest, une colline arborée, est compensée en superficie par une grande prairie entourée par les nouveaux bâtiments, et ouverte sur le parc actuel. Cela n’aura plus rien à voir avec le parc Ballanger, milieu fermé par des collines, isolé des bruits de la circulation, borné par des arbres  qui cachent la ville. Les promeneurs n’auront plus que des immeubles comme horizon.

6e élément de langage : il n’y aurait pas de « front bâti » comme sur notre pétition. Certes, l’architecture envisagée sera plus moderne, mais sur le seul document transmis par Oxygène, on y voit bien une continuité d’immeubles le long du parc. Et que dire du slogan du cabinet d’architectes, bien sûr omis par Oxygène :

Près de 3 km de façades sur parc !

Et un débat biaisé: la concertation annoncée ne parle ne aucun cas du parc Ballanger, il ne s’agit que « du nouveau quartier ». Sur ce nouveau quartier où nous n’irons pas habiter, nous n’avons pas grand-chose à dire, sinon que n’envions pas ces gens qui seront coincés entre les autoroutes et les avions.

Nous voulons un débat sur l’avenir du parc Ballanger !Que l’on discute de solutions alternatives

1/Pourquoi Val Francilia, ce projet contraire au bon sens, avec ses 2000 à 3000 nouveaux logements?

  • D’abord les pressions de l’État : il faut construire à toute force. Et il faut bien des clients pour EuropaCity, autre projet tout proche, hautement critiquable mais défendu par l’État allié à Auchan.
  • La crise des finances municipales, avec la diminution des dotations de l’État. La municipalité a choisi de faire ce qu’elle condamnait sous l’ancienne mandature : atteindre le plus vite possible les 100 000 habitants, pour obtenir une meilleure dotation. Et toucher davantage de taxes foncières.
  • La pression des promoteurs et des industriels du bâtiment. Sur PSA, la vente des terrains ne rapportera rien à la ville, l’EPFIF, c’est-à-dire la Région, étant propriétaire. C’est pourquoi  construire sur une partie du parc Ballanger semble une bonne affaire, les terrains appartenant à la ville.
  • Et n’oublions pas que dans la zone face à Parinor, le PLU voulu par nos élus (zone UHa) permet d’élever des tours de 46 mètres ! Et cela n’a pas été imposé à la municipalité !

2/En raison de sa position, sous les couloirs aériens et  à proximité des autoroutes, le site PSA doit rester essentiellement une zone d’activités industrielles et commerciales.

3/ Nos points d’accord :

  • Le projet de campus des métiers (peu différent au demeurant de celui de l’ancienne municipalité), en liaison avec les entreprises proches, reste cependant une bonne idée. Il paraît logique que des logements étudiants soient construits à proximité, car il s’agira de résidence temporaire. Mais y installer des familles, non.
  • Il est en effet nécessaire de créer une liaison entre ce campus et ces logements étudiants et la future gare du Grand Paris, éloignée d’environ 1 km. Mais sans urbaniser la partie Ouest du Parc Ballanger. Une circulation douce peut être installée sur la pente du parc aménagée avec un contrefort, en sacrifiant un minimum de plantations.

4/ Notre priorité :

Conserver le caractère du Parc Ballanger, une cuvette entourée de petites collines qui permettent aux promeneurs d’échapper à l’horizon de constructions. Ce sont les Butte-Chaumont d’Aulnay, une magnifique réalisation, joyau du patrimoine aulnaysien. Les futurs résidents du parc PSA doivent pouvoir jouir du même privilège que celui qui a été offert naguère aux nouveaux habitants d’Aulnay, ET IL NE FAUT SURTOUT PAS EN PRIVER LES 20 000 HABITANTS DE LA ROSE DES VENTS ! La continuité visuelle, avec l’arasement des collines, voulue par le projet du cabinet d’architectes et validée par la municipalité n’est pas nécessaire pour relier Val Francilia à la ville. Le parc Ballanger peut rester ce qu’il est, un lieu de rencontre, accessible aussi bien par le nord que par le sud. En outre, le projet ne prévoit (et ne permet pas) de fermer le parc comme c’est le cas aujourd’hui, et donc de le sécuriser et de l’entretenir correctement.

5/ Le problème fondamental reste celui du réseau de circulation des véhicules, des deux-roues non motorisées et des piétons. Nous ne voulons pas de traversée du parc autre que piétonnière. Le projet propose de reporter le trafic est-ouest du boulevard André-Citroën pat une boucle à l’intérieur de PSA, pourquoi pas ? Mais rien n’est clair pour la circulation  nord-sud le long de parinor.

C’est sur le réseau de circulation que nous voulons un atelier ! Tout découle de là !

Nouvelles Constructions, plu, ValFrancilia/Ballanger

Oxygène ne vous dit pas tout :

Le parc Valfrancilia, c’est la mort du parc Ballanger !

Vous aimez le parc Ballanger, un « bout du monde » avec ses collines arborées qui  coupent la vue et absorbent le vacarme automobile.
Mais pour relier à la ville le nouveau quartier prévu sur PSA, il faudra raser cet ilôt de tranquillité.

Voici à quoi ressemblera le nouveau parc « Valfrancilia » :

Nous ne pouvons laisser détruire ainsi un joyau de notre patrimoine !

16/02/19 Signez la pétition en ligne : ICI