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La concertation sur l’avenir du Centre-Gare Janvier 2018

La forme du questionnaire écarte d’emblée la possibilité d’une réflexion globale, à l’échelle de la ville, le problème majeur de notre commune, ceci depuis plus d’un siècle, étant celui de la présence de plusieurs centralités qui s’ignorent. Il y est d’ailleurs fait discrètement allusion (p9) dans le dossier de concertation disponible sur le site de la mairie. Le défi de l’aménagement reste celui de lutter contre les coupures urbaines et la ségrégation sociale qu’elles entretiennent. Au XIXe siècle, celle qui séparait d’une part la société paysanne de la séculaire Aulnay-les-Bondis et d’autre part, les nouveaux venus, principalement bourgeois, du quartier du Parc. Une réponse avait été l’ouverture de l’avenue Anatole France qui reliait les deux centres. Aujourd’hui, l’opposition nord-sud demeure, le sud restant identifié comme « bourgeois » par les gens du nord, et le nord « zone de non-droit » par les gens du sud.

Aucune réflexion sur l’aménagement de la ville ne peut faire l’économie de ce problème d’ensemble. Manque donc dans ce questionnaire la question de savoir comment un aménagement du centre-gare peut remédier à cette coupure spatiale et sociale.

Le terme même de « Centre gare » devrait être interrogé. Une autre gare, celle du Grand Paris, va produire une nouvelle centralité dans le nord. Les grands programmes immobiliers le long du CD 115 vont modifier l’équilibre démographique : le développement d’une nouvelle centralité autour du carrefour du Soleil Levant se profile sans qu’une réflexion sur les services nécessaires semble émerger. Et que dire du quartier de 3500 logements projeté sur les terrains PSA ? La carte du début du XXe siècle (p6) du dossier de concertation est à présent totalement obsolète. Le « Centre gare » n’est absolument plus au centre géographique de la commune, et bientôt, il n’aura plus le monopole de la gare.

Les mots ont leur importance : en pérennisant cette expression, on contribue à marginaliser les autres espaces de la ville, à privilégier un quartier et sa population au détriment des autres. Une réflexion devrait donc être engagée sur la terminologie.

Cependant, il reste vrai que la gare RER représente pour les 40000 voyageurs quotidiens une entrée de ville essentielle, dont il faut préserver et développer la « qualité urbaine » (p4). Le bon sens commanderait d’abord d’en préserver le patrimoine bâti.

La question sur le patrimoine bâti vient en dernier dans le questionnaire : c’est dire la place que l’équipe municipale attribue au patrimoine. Deux indices permettent de nourrir les plus vives inquiétudes : la disparition des pavillons jumeaux de la rue du 14 juillet et de la rue Gatouillat, derniers témoins du passé cheminot de la ville, l’absence totale de réflexion patrimoniale sur la transformation de l’ex-place Camélinat. Remarquons au passage que cette dénomination ancienne et toujours familière aux habitants du quartier a totalement disparu du dossier, au profit de la « Place des écoles », encore plus ancienne (p9). Ce détail est bien conforme à un procédé langagier de notre premier édile. Plus inquiétant, le dossier relève la présence d’ « un tissu urbain mixte présentant des entités urbaines contrastées et peu de continuité : ilots mixtes, pavillonnaire moyennement dense, peu bâti, habitat collectif ancien, dents creuses », au début d’un paragraphe intitulé « un quartier(…) qui mérite un embellissement. »

Or c’est cette mixité qui confère son charme au quartier, ces « dents creuses » et ces jardins du «pavillonnaire moyennement dense » qui apportent des espaces verts et de la lumière à nos rues, c’est ce « habitat collectif ancien » affichant des ornementations d’époques révolues qui rehausse sa qualité patrimoniale. Loin de nous l’idée qu’il ne faudrait toucher à rien : le manque de logement est criant. On ne peut nier qu’il faille densifier les centre-ville. Reste à savoir par quel type de logement. Mais l’à-priori que ce type de paysage urbain est en contradiction avec « l’embellissement » est évidemment sous-entendu par les rédacteurs et les commanditaires du dossier. Ce qu’il faudrait, c’est une réflexion sur ce que l’on veut faire de chaque rue, à partir de sa qualité patrimoniale, et procéder de manière chirurgicale, au coup par coup. Ce qui se profile au contraire, c’est la brutale mise à l’alignement d’ilôts entiers avec des immeubles collectifs de 4 étages. Le refus d’imposer dans le PLU de 2015 la construction en retrait est un signe suffisamment éloquent. Puis viendra le temps où, par modification du PLU et du zonage, de nouveaux ilôts pavillonnaires proches du centre seront ouverts à la construction de grands immeubles.

Ainsi, la question posée sur la « mise en valeur du patrimoine bâti » est complètement biaisée. Scindée en « points forts et points faibles », elle n’offre à ceux qui suivent ce schéma logique aucune possibilité de développer une réflexion d’ensemble.

Il en est de même avec les questions sur les déplacements, la mise en valeur des espaces publics et paysagers, les services publics et les commerces. Le questionnement choisi vise à faire exprimer des vœux pieux sur des aspects partiels, certes importants à l’échelle des individus, mais sans qu’une vision d’ensemble soit suscitée. Rien n‘est fait pour inciter le citoyen à surmonter sa myopie.

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La concertation sur l’avenir du Centre-Gare 1/ la notion de « Centre Gare »

 

La forme du questionnaire écarte d’emblée la possibilité d’une réflexion globale, à l’échelle de la ville, le problème majeur de notre commune, ceci depuis plus d’un siècle, étant celui de la présence de plusieurs centralités qui s’ignorent. Il y est d’ailleurs fait discrètement allusion (p9) dans le dossier de concertation disponible sur le site de la mairie. Le défi de l’aménagement reste celui de lutter contre les coupures urbaines et la ségrégation sociale qu’elles entretiennent. Au XIXe siècle, celle qui séparait d’une part la société paysanne de la séculaire Aulnay-les-Bondis et d’autre part, les nouveaux venus, principalement bourgeois, du quartier du Parc. Une réponse avait été l’ouverture de l’avenue Anatole France qui reliait les deux centres. Aujourd’hui, l’opposition nord-sud demeure, le sud restant identifié comme « bourgeois » par les gens du nord, et le nord « zone de non-droit » par les gens du sud. Aucune réflexion sur l’aménagement de la ville ne peut faire l’économie de ce problème d’ensemble.

Manque donc dans ce questionnaire la question de savoir comment un aménagement du centre-gare peut remédier à cette coupure spatiale et sociale, pour faire émerger une identité aulnaysienne commune.

Le terme même de « Centre gare » devrait être interrogé. Une autre gare, celle du Grand Paris, va produire une nouvelle centralité dans le nord. Les grands programmes immobiliers le long du CD 115 vont modifier l’équilibre démographique : le développement d’une nouvelle centralité autour du carrefour du Soleil Levant se profile sans qu’une réflexion sur les services nécessaires semble émerger. Et que dire du quartier de 3500 logements projeté sur les terrains PSA ? La carte du début du XXe siècle (p6) du dossier de concertation est à présent totalement obsolète. Le « Centre gare » n’est absolument plus au centre géographique de la commune, et bientôt, il n’aura plus le monopole de la gare.

Les mots ont leur importance : en pérennisant cette expression, on contribue à marginaliser les autres espaces de la ville, à privilégier un quartier et sa population au détriment des autres. Une réflexion devrait donc être engagée sur la terminologie. Puisqu’il s’agit de se tourner vers l’avenir, pourquoi ne pas parler dès aujourd’hui des quartiers « Gare sud » et « Gare nord » ?

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La concertation sur l’avenir du Centre-Gare 2/ le patrimoine bâti

La question sur le patrimoine bâti vient en dernier dans le questionnaire : c’est dire la place que l’équipe municipale attribue au patrimoine. Deux indices permettent de nourrir les plus vives inquiétudes : la disparition des pavillons jumeaux de la rue du 14 juillet et de la rue Gatouillat, derniers témoins du passé cheminot de la ville, l’absence totale de réflexion patrimoniale concertée sur la transformation de l’ex-place Camélinat. Remarquons au passage que cette dénomination ancienne et toujours familière aux habitants du quartier a totalement disparu du dossier, au profit de la « Place des écoles », encore plus ancienne (p9). Ce détail est bien conforme à un procédé langagier de notre premier édile.

Plus inquiétant, le dossier relève la présence d’ « un tissu urbain mixte présentant des entités urbaines contrastées et peu de continuité : ilots mixtes, pavillonnaire moyennement dense, peu bâti, habitat collectif ancien, dents creuses », au début d’un paragraphe intitulé « un quartier(…) qui mérite un embellissement. »

Or c’est cette mixité qui confère son charme au quartier, ces « dents creuses » et ces jardins du «pavillonnaire moyennement dense » qui apportent des espaces verts et de la lumière à nos rues, c’est ce « habitat collectif ancien » affichant des ornementations d’époques révolues qui rehausse sa qualité patrimoniale. Loin de nous l’idée qu’il ne faudrait toucher à rien : le manque de logement est criant. On ne peut nier qu’il faille densifier les centre-ville. Reste à savoir par quel type de logement. Mais l’à-priori que ce type de paysage urbain est en contradiction avec « l’embellissement » est évidemment sous-entendu par les rédacteurs et les commanditaires du dossier. Ce qu’il faudrait, c’est une réflexion sur ce que l’on veut faire de chaque rue, à partir de sa qualité patrimoniale, et procéder de manière chirurgicale, au coup par coup. Ce qui se profile au contraire, c’est la brutale mise à l’alignement d’ilôts entiers avec des immeubles collectifs de 4 étages. Le refus d’imposer dans le PLU de 2015 la construction en retrait est un signe suffisamment éloquent. Puis viendra le temps où, par modification du PLU et du zonage, de nouveaux ilôts pavillonnaires proches du centre seront ouverts à la construction de grands immeubles.

Ainsi, la question posée sur la « mise en valeur du patrimoine bâti » est complètement biaisée. Scindée en « points forts et points faibles », elle n’offre à ceux qui suivent ce schéma logique aucune possibilité de développer une réflexion d’ensemble.

Il en est de même avec les questions sur les déplacements, la mise en valeur des espaces publics et paysagers, les services publics et les commerces. Le questionnement choisi vise à faire exprimer des vœux pieux sur des aspects partiels, certes importants à l’échelle des individus, mais sans qu’une vision d’ensemble soit suscitée. Rien n‘est fait pour inciter le citoyen à surmonter sa myopie.

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La concertation sur l’avenir du Centre-Gare 3/ les commerces et la circulation

La réflexion sur le commerce ne peut être séparée de celle sur la circulation et le stationnement, ce qui est pourtant le cas dans le questionnaire. Malheureusement, on ne peut imposer par décret municipal l’implantation d’un commerce. On peut en revanche tuer un commerce en laissant un promoteur démolir l’immeuble où il est installé. (Voir le café de l’ex place Camélinat : la clientèle s’est reportée ailleurs). Ne nous voilons pas la face : si le petit commerce périclite, c’est parce que nos habitudes de consommation ont évolué. Il faut une politique active d’intervention sur le marché des baux commerciaux pour avoir une chance de sauver ce qui peut l’être encore.

Nos habitudes de déplacement privilégiant l’automobile rendent la fréquentation des commerces entièrement dépendante des facilités de stationnement. Nous ne pensons pas qu’il faille multiplier les parkings et s’engager dans la course sans fin du plus de parking et toujours plus de voitures. Nous pensons que l’effort doit être porté sur la fluidité du stationnement. Une période de gratuité ou de faible coût le temps nécessaire aux achats (une heure maximum), puis un coût et des amendes dissuasives lorsqu’on dépasse ce délai. Et surtout, une politique fermement répressive contre tous les abus, comme le stationnement en double file (souvent à hauteur d’une place libre !). Les lourds investissements de télésurveillance serviront-ils à lutter contre ce fléau quotidien du stationnement sauvage au mépris des autres usagers de la rue ? En général, les voies principales devraient être aménagées afin que les véhicules ne puissent s’installer sur le trottoir de sorte à obliger les piétons à marcher sur la chaussée, à leurs risques et périls (voir la rue du Gros Peuplier). Et les rues empruntées par les bus ne doivent plus faire l’objet d’un stationnement alterné, source de désordre lors du changement de côté.

Le plan de circulation fait l’objet d’une réflexion spécifique. Le projet du cabinet Egis, à la demande de la municipalité, vise à faire diminuer la circulation de transit en complexifiant la circulation sur les voies municipales par une multiplication des sens unique. Cela se tient. Le problème risque en effet de s’aggraver avec la future réduction de la capacité de la N3, une voie étant dévolue à un bus en site propre. Un autre sujet d’inquiétude est l’ouverture d’une nouvelle voie vers la zone d’activité des Pavillons-sous-bois depuis la rue Saint-Anne. Et que dire du trafic généré par le futur centre commercial pavillonnais près du canal ?

Le souhait d’un accès à l’autoroute vers la province au niveau de Bondy nord reste une illusion, le département ayant fait le choix, lorsqu’il en aura les moyens, d’une bretelle depuis la N3 pour délester le pont de Bondy.

Il reste que les problèmes de circulation relèvent tout autant de la responsabilité des citoyens que de celle des autorités. Sans effort individuel des habitants pour consacrer un peu de temps à se garer correctement et utiliser leur garage lorsqu’ils en ont un, pas d’amélioration possible.

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Nos propositions pour le PLU (1/2)

I/ LE PADD

Quelle croissance?

L’avenir des terrains de PSA et la création d’une gare du Grand Paris Express justifieraient à eux seuls la révision du PLU. Mais ces dossiers doivent s’intégrer à une réflexion d’ensemble sur l’avenir que nous souhaitons pour notre commune. Or il nous manque un document essentiel, qui définisse les besoins réels en habitat (PLH).

Dans un pays dont la population continue de croître, il serait illusoire d’imaginer que la population aulnaysienne puisse rester toujours au même niveau. On ne peut chercher à attirer des entreprises, à développer l’emploi de la commune et croire que cela se ferait sans accroissement démographique, sachant qu’une grande partie des emplois proposés à Aulnay sont assurés par des personnes étrangères à la commune, qui souhaitent légitimement dès que possible rapprocher leur domicile de leur emploi. D’autre part, qui peut se féliciter de voir les jeunes quitter la commune par manque de logements à leur portée?

Il n’en reste pas moins qu’on ne peut souhaiter non plus que la population aulnaysienne augmente rapidement, ce qui impliquerait d’augmenter tout aussi vite l’offre de services publics. Cela semble très difficile dans le contexte actuel. Il faut opter pour une croissance mesurée, donc contrôlée. Ce contrôle de la croissance devrait être l’une des données de base du PLU.

La densification des centres est une nécessité. Le temps de la ville mangeuse d’espace est révolu. Non seulement parce qu’il faut préserver les espaces agricoles, mais surtout parce que l’étalement urbain multiplie et allonge les déplacements, facteurs de stress, de gaspillage et de pollution. Mais cette densification doit être limitée, pour ne pas dégrader les conditions de vie des habitants.

Il faut donc mettre des limites à la construction. C’est dans le règlement du PLU que ces limites doivent être bien définies: nombre d’étages, recul par rapport à la chaussée, surface minimum ne permettant pas la division à l’extrême des parcelles, etc.

L’attractivité

Le maître mot du Plan d’Aménagement et de Développement Durable (PADD) devrait être « attractivité ». Entendons par là le caractère d’une commune qui attire mais surtout où l’on souhaite rester. Cela suppose d’offrir à des personnes de classes d’âge et de niveau de revenu différents des logements, des emplois, des services ( commerce, transport, santé, éducation, loisirs, culture) avec un cadre de vie agréable (convivialité et sécurité). Cela passe par la correction des faiblesses et la mise en valeur des atouts.

En matière de logements, la principale lacune est le déséquilibre qualitatif et spatial de l’offre, aux deux extrémités du parcours résidentiel. Notre commune manque de logements pour jeunes et foyers monoparentaux, mais aussi de logements de standing pour les cadres des entreprises du secteur ou adaptés aux besoins des personnes âgées. De plus, actuellement, ces différents types de logement sont implantés géographiquement de façon très inégalitaire. Il faut prévoir l’implantation de logements d’un standing plus élevé dans le nord, et dans le sud, des logements locatifs accessibles aux enfants de ceux qui y habitent déjà.

L’état du CD 115, vitrine de notre commune pour tous ceux qui la traversent est alarmant: il commence par un goulet d’étranglement, avec des verrues architecturales, et continue avec une succession de friches et deux cimetières. Il faut un projet ambitieux pour réhabiliter cette voie essentielle.

Il nous faut d’urgence un plan de prévention des risques et impérativement prendre en compte la vulnérabilité de notre territoire aux risques naturels. Outre les risques de dissolution des gypses et de contraction des argiles, la faible pente, la proximité de la nappe phréatique, la présence aujourd’hui masquée de deux rivières, font que le risque d’inondation est partout présent. C’est pourquoi il faut éviter la création de garages en sous-sol pour les pavillons, de même que de parkings enterrés sur deux niveaux pour tous les immeubles collectifs, sans oublier les bassins de rétention à aménager dans les quartiers les plus exposés.

Les mobilités doivent être facilitées, mais l’étroitesse des rues et le bâti existant laissent peu de place à des améliorations autres que pour les piétons (souterrains de la gare, trottoirs…), le développement des transports collectifs et une meilleure répartition des activités culturelles ou sportives sur tout le territoire. L’accentuation du rôle de centralité sous-régionale de la commune demandera des capacités supplémentaires pour le bus et le rail, ainsi que la création d’un parking souterrain (PIR) coté Gare-Nord Mairie. Les parkings publics de 2 roues devront être systématiques, et les constructions privées avoir des parkings 2 roues et poussettes au niveau du sol. Enfin, la recherche de remèdes aux discontinuités de l’espace créées par la Nationale 2 et le réseau ferré doit rester une préoccupation fondamentale.

Les atouts de la commune doivent être préservés et mis en valeur. Les espaces verts doivent être mis en relation pour que l’on puisse parcourir une trame verte. La zone pavillonnaire doit être préservée, aussi bien les espaces végétaux que le patrimoine architectural : dans ce but il est impératif de mettre un terme à la division des terrains. L’offre commerciale, qui a été un atout de la commune, doit voir son déclin enrayé et trouver un nouveau dynamisme. Le pôle culturel du Vieux Pays, avec des institutions de grande qualité, doit être plus visible. Il faut aussi mieux valoriser la centralité régionale apportée par la gare RER en implantant à proximité équipements culturels (autre lieu d’implantation possible pour la médiathèque : voir plus loin), salles pour les grandes réunions et expositions, activités communes aux villes dans le cadre de l’intercommunalité. Par ailleurs, en raison des dimensions de la commune, à l’échelle des quartiers, il faut que chacun dispose d’antennes décentralisées pour les services et des salles de réunion pour les associations.

Où construire?

Où sont les réserves foncières? La tentation de construire autour des « axes structurants » pose problème. Le terme convient historiquement bien à l’axe Anatole France-route de Bondy, aujourd’hui, dans sa partie nord surtout, en déprise commerciale. Il est profondément affecté par la coupure du réseau ferré. Les constructions nouvelles, en particulier sur les terrains libérables par la SNCF doivent s’intégrer à une réflexion d’ensemble sur l’amélioration des échanges de part et d’autre des voies. L’étroitesse des rues de ce quartier est une contrainte dont il faut également tenir compte. L’aménagement envisagé pour le quartier Mairie ne doit pas être abandonné, mais revu à la baisse. Ce quartier Centre Gare-Mairie revêt une importance essentielle et doit servir à développer la mixité sociale, avec le pourcentage de logements sociaux prévu dans la convention avec la région (EPFIF).

Avec la nouvelle gare du GPE, le CD 44, surtout la rue Jacques Duclos va voir renforcée sa fonction d’axe structurant. Le développement d’un bâti de meilleur standing peut être opportun, à condition qu’il ne dégrade pas le cadre de vie des zones pavillonnaires limitrophes.

Le CD 115, qui contourne les pôles historiques de développement, n’a jamais été un axe structurant. C’est bien au contraire un axe à structurer. Affecté par des nuisances significatives dues à une importante circulation de transit, il n’est pas souhaitable d’y implanter des immeubles de grande hauteur qui nuiraient également aux zones pavillonnaires limitrophes. Cet axe serait plus adapté à l’implantation d’équipements, par exemple la médiathèque qui manque à notre commune. Édifiée dans la zone du carrefour du Soleil Levant, à la pointe du pôle culturel, elle pourrait à la fois être ici, par un geste architectural fort, un emblème de notre ville et le point de départ d’un cheminement piéton vers les autres grandes institutions culturelles.

On ne devra pas considérer comme réserve foncière des espaces appropriés par la population comme espaces de loisirs, tels que les terrains au sud du vélodrome, essentiels pour les habitants du quartier Savigny. Les espaces libérés dans la partie sud doivent s’intégrer à un paysage urbain extrêmement divers, qui permet d’envisager des formes d’habitat intermédiaire, collectif et locatif, répondant aux lacunes du parcours résidentiel, mais dont les formes ne seraient pas en rupture avec l’environnement, et permettant une protection efficace du patrimoine arboré.

Il faudrait repartir du PLU 2008 pour la réflexion et permettre l’adaptation fine des permis, en fonction des modifications et des problèmes connus depuis.

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Nos propositions pour le PLU (2/2)

II/ LE ZONAGE

On peut définir des sous-zones pour s’adapter au mieux (sur mesure) au parcellaire. Avant 2008 existait une zone UE intermédiaire : maisons de ville (R + 2). Pourquoi pas des zones UD (franges du centre ville) différenciées : R + 3 ou R + 4 ? Et en zone UA (centre ville), des zones R+5 R+6? Éventuellement sur des parcelles précises (parking Dumont, terrains SNCF) des hauteurs plus élevées pour des repères urbains et architecturaux animant le centre-ville.

A l’inverse dans les rues étroites ou avec trottoirs insuffisants il faut se limiter à des maisons de villes (type UE R + 2). Les zones patrimoniales sont à définir. (café du Soleil Levant, pavillon Rapaud). La zone UC (grands ensembles collectifs) doit être rénovée et équipée en priorité. Les zones vertes (UV) doivent le rester, les sols doivent être protégés : on peut réfléchir à des usages différents au cours de l’année qui ne mettent pas en cause les sols. Par exemple une zone de camping et de rassemblements festifs, de plage d’été…

III/ LE RÈGLEMENT

Le retrait doit être la norme. A cause des voies étroites, de l’augmentation des circulations, de la place à réserver aux piétons et aux bus, la route des petits ponts, par exemple, accueillera difficilement des sites propres pour les bus avec des constructions à l’alignement ! En zone commerciale (boulevard de Strasbourg) seuls les commerces peuvent être à l’alignement. Il faut un plan de reconquête des trottoirs pour l’accessibilité qui à ce jour n’existe pas : il faudrait partout 2 mètres minimum.

La profondeur de la zone de constructibilité doit revenir à 14 mètres (au lieu de 19 mètres depuis 2009) en zone UD (franges du centre ville) pour préserver le cadre de vie des riverains (vue, ensoleillement etc.).

Les surfaces minimum : elles doivent être spécifiées pour toutes les zones. En zone UG (pavillonnaire) il faut limiter à 200 ou 250 m2, aussi bien pour la préservation de la biodiversité des espaces verts et boisés, que pour restreindre la largeur en façade. Le règlement doit également trouver une parade à la suppression du COS. Le multi-logement qui se développe (souvent des « marchands de sommeil ») doit être limité ou empêché.

Les parkings : En zone UG (pavillonnaire) il faut interdire les parkings souterrains et imposer 1, 2 ou 3 places au sol perméable en fonction de la SDP (surface de plancher). Il faut des puisards pour les eaux de pluies en plus des 40% d’espaces verts et limiter au maximum les rejets à la rue. Les parkings souterrains, très coûteux, doivent être limités aux zones les plus denses. En zone UD (franges centre ville) : un seul niveau maximum et une place minimum par logement  (un mode de calcul en % de la SDP est souhaitable). On doit encourager les parkings en rez-de-chaussée qui diminueraient le coût des logements.

Une nécessaire ambition

Un PLU n’est pas un document circonstanciel. C’est un projet à long terme pour la ville. Il doit offrir des perspectives séduisantes, l’expression d’un dynamisme, et non pas se recroqueviller sur des positions défensives. Mais s’il doit donner aux responsables communaux les moyens d’orienter le développement, il doit aussi leur donner tous les moyens de le maîtriser sur des bases parfaitement claires pour tous les habitants. C’est là que le règlement jouera un rôle fondamental, car il est vrai aussi que les belles intentions des PADD qui font souvent consensus ne pèsent pas lourd face aux réalités sonnantes et trébuchantes qui sont fonction des droits à construire définis par les règlements.

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Nos Actions, Place Abrioux

Sur l’ex-place Camélinat, le promoteur est roi !

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Il bénéficie :

  • D’une révision du PLU qui lui permet de construire un étage de plus !

  • D’un vote du conseil municipal qui s’engage à lui vendre à moitié prix un legs fait à la commune pour des usages scolaires

  • D’un parking souterrain pour la 2e voiture et les invités de ses clients

Tout cela au détriment des Aulnaysiens !

  • qui voient une place pleine de charme défigurée par un bâtiment (en pierre de taille, s’il vous plaît !) hors de proportion avec les autres immeubles

  • qui vont assister à l’abattage de tilleuls centenaires

  • dont la sécurité des enfants (maternelles, primaires, collégiens) sera mis en péril car ils devront circuler devant une entrée et sortie de parking

  • qui vont devoir endurer de longs mois de travaux, de bruit et de désagréments de toutes sortes

  • qui vont voir la disparition des derniers commerces de moins en moins rentables en raison de toutes ces perturbations 

  • qui vont voir les voitures-ventouse de la place encombrer encore plus les rues adjacentes pour éviter un parking devenu payant

  • qui vont enfin voir disparaître des services à la population pour pouvoir dégager les 5 millions d’Euros que va coûter ce parking entièrement à la charge de la commune !

Cela suffit !

Que la Municipalité entende les vœux des Aulnaysiens !

Respectez votre promesse électorale de mettre fin au bétonnage !

Oui à la suppression du parking en surface !

Non au parking souterrain !

Oui à un parking à 3 niveaux à la place de l’ancienne perception,

beaucoup moins onéreux !

Écoutez enfin les Aulnaysiens, pas les promoteurs !

Aulnay, le 6 octobre 2017

Nos Actions, Nouvelles Constructions

lettre au maire Fresque « Coté Parc » 01/10/2017

Aulnay, le 1er octobre 2017

Monsieur le Maire,

Par l’intermédiaire de Maître Ramain, notre avocat dans le dossier du programme immobilier « Côté parc » du groupe Nafilyan, je viens de prendre connaissance du projet de fresque destiné au pignon aveugle de l’immeuble donnant route de Bondy.

Par un protocole transactionnel signé le 6/11/2015 par Aulnay Environnement et les sociétés engagées dans le programme, il était bien spécifié que la fresque devait représenter « l’immeuble en brique qui serait détruit et l’acacia qui serait abattu » (page 4 du protocole). Or le projet communiqué à notre avocat n’est en rien conforme avec ce protocole.

Aux dires de l’avocat de la partie adverse, il semblerait que vos services aient validé ce projet. J’entends bien que n’étant pas au courant du protocole, vous ne pouviez juger de sa non-conformité.

Je vous serais en revanche reconnaissant de bien vouloir faire savoir au promoteur que votre accord sur le projet présenté ne peut être invoqué comme validation effective, le contenu du protocole ne vous ayant pas été communiqué.

Vous trouverez ci-joint le projet que j’ai remis lors de la signature du protocole en mains propres à M. Nafilyan qui a clairement indiqué qu’il l’appréciait, d’où mon étonnement et ma vive contrariété, car le protocole précisait : «  Le projet définitif sera soumis 6 mois avant sa réalisation à l’Association Aulnay Environnement qui devra le valider ».

Vous conviendrez, je l’espère, que le projet présenté par Aulnay Environnement mérite d’être réalisé, en raison de sa dimension de mémoire d’un patrimoine architectural et de son ambition décorative et attractive.

Comptant sur votre compréhension et votre soutien dans cette affaire, je vous prie, Monsieur le Maire, de croire à ma haute considération.

René-Augustin BOUGOURD

Président d’Aulnay Environnement

P.J. 2 projets de fresque

FresqueII

 

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Discours des Journées du Patrimoine : 16 septembre 2017

Chers Aulnaysiennes, chers Aulnaysiens, chers concitoyens

Il nous a semblé particulièrement pertinent d’organiser cette manifestation à l’occasion des Journées du Patrimoine. Car c’est bien pour le patrimoine que nous sommes mobilisés aujourd’hui, un patrimoine vivant, cette place que nous fréquentons les uns comme moi depuis 10 ou 20 ans, les autres depuis leur enfance. Certains d’entre vous ont fait leurs études dans ce collège, beaucoup sont venus ou viennent encore quotidiennement chez les commerçants de la place, autrefois à la charcuterie, au pressing, à la maison de la presse, ou encore au café. Vous reconnaissez là la liste des commerces disparus. Ne restent aujourd’hui qu’une boulangerie, un restaurant italien (un peu plus loin, un restaurant japonais) un kebab, une épicerie et un chauffagiste. Il est clair que cette place est en train de mourir à petit feu et qu’il est légitime de chercher à y remédier.

Cette place, ce n’est pas seulement des commerces, c’est aussi un décor. Un décor qui a son charme. Certes ce n’est ni la place des Vosges de Paris, ni la place Navone de Rome. Mais c’est chez nous. C’est notre paysage urbain, nous l’aimons, et nous avons de bonnes raison pour cela. S’il lui fallait un label de qualité, nous avons celui du bureau de l’inventaire et de la recherche urbaine du département de Seine-Saint Denis, qui en 2008 a classé la place comme « ensemble urbain d’intérêt patrimonial ». Certes, l’annexe du collège n’est pas vraiment une réussite, mais jusqu’à ce jour, le reste de la place « est resté dans son jus », avec ce collège qui fleure bon sa 3e république, et quelques beaux exemples de l’architecture vernaculaire du tournant du XIXe au XXe siècle, du côté nord de la place. Notons la belle réalisation de la municipalité précédente qui a réhabilité le plus petit de ces immeubles. Et puis, rue Paul Langevin, un bel immeuble « art nouveau » dont le pignon est l’un des plus beaux ornements de la place. Enfin, les tilleuls, diversement épanouis contribuent évidemment à l’agrément de la place, en nous faisant penser à Rimbaud

« On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans.

Et qu’on a des tilleuls verts sur la promenade. »

Nul ne contestera qu’avoir laissé cette jolie place devenir un parking  fut regrettable et que vouloir la rendre intégralement aux piétons soit une bonne idée. Mais la bouleverser et abattre les tilleuls pour installer un parking souterrain à deux niveaux est une mauvaise idée.

Une mauvaise idée car tout le monde sait que les parkings souterrains coûtent très cher et sont ensuite sous-utilisés, en particulier à Aulnay, ou le parking de la Grande Nef est toujours à moitié vide, même les jours de marché.

Une mauvaise idée tout particulièrement dans des terrains où la nappe est très proche de la surface : il est clair que le 2e sous-sol de ce parking sera régulièrement inondé, comme tous ceux des immeubles qui en ont été dotés. Il est clair que cette nappe, en partie détournée par un énorme cuvelage, se déversera dans le sous-sol des constructions voisines et affectera les fondations, pour autant que ces immeubles en aient. A terme, c’est tout le quartier qui sera affecté : nous avons affaire à des apprentis-sorciers.

Une mauvaise idée encore car ce projet implique la disparition des tilleuls.

Une mauvaise idée enfin parce que le premier nom de cette place était « Place des écoles ». Des années durant, près de 1200 élèves ont parcouru la place. Ils sont moins aujourd’hui, mais d’ici 2 ou 3 ans, l’annexe Barrault accueillera une école primaire et peut-être une maternelle : ce sera près d’un millier d’enfants qui se répandront ici aux heures de sortie. Et au milieu de ce flux, on va créer une descente de parking ! Comment peut-on fermer les yeux sur cette aberration ?

On a l’habitude de dénoncer un gouvernement des technocrates qui prennent des décisions sans aucune connaissance des réalités du terrain. Mais quel aveuglement faut-il pour ignorer la réalité, quand on l’a sous les yeux ?

En vérité, c’est la façon de gouverner la commune qui ne va pas. On nous avait promis « une Aulnay respectueuse ». Où est le respect, quand on fait le choix d’un urbanisme brutal, où jamais les riverains et les usagers de la place n’ont étés consultés, où lorsqu’enfin le sujet est évoqué en réunion de quartier, les adjoints au Maire tournent en ridicule un projet alternatif, où l’on se permet de dire d’un contradicteur : « ce monsieur fait son cirque » ? Où est le respect du citoyen dans ces réunions qui ne sont que des sortes de conférences de presse, où l’on ne fait qu’informer de ce qui a été décidé ? Où est le respect du patrimoine arboré et du paysage urbain ?

Enfin, où est le respect d’un légateur qui donne son terrain à la commune, pour un usage scolaire et sportif ? Où est le respect lorsqu’on promet ce terrain à un promoteur qui n’a cure de l’urbanisme, qui ne vise qu’à maximiser son profit en exploitant le terrain au maximum et en construisant le plus haut possible, au passage grâce à une municipalité qui vote un nouveau PLU permettant de construire ici des immeubles d’un étage de plus qu’auparavant.

Où est le respect du commerce, lorsqu’on ferme les yeux sur la disparition du café ? En vérité, c’est le dépérissement programmé du commerce qui est en route. Déjà la boulangerie connaît une perte de chiffre d’affaire, car les anciens clients du café vont ailleurs. Et qu’en sera-t-il lorsque les travaux auront commencé ? Qui aura envie de venir chercher son pain au milieu des machines et des camions, dans le bruit des pelleteuses et des marteau-piqueur ? Et l’on prétend vouloir faire revivre le commerce ? Mais ce petit commerce, il est bien plus facile de le tuer que de le faire revivre ! Cela ne se décrète pas par un arrêté municipal.

Et qu’en est-il du respect du confort de vie des riverains, lorsqu’on lance ce chantier en même temps que les travaux d’assainissement certes nécessaires rue Jean-Jacques Rousseau, à deux pas de la place, et qui vont durer un an ? Quel enfer va devenir la circulation dans le quartier ! Et lorsque l’on croira enfin pouvoir respirer, ce sera la construction de l’immeuble « Trevi » qui commencera ! Puis celui de son jumeau, sur le terrain qui aurait dû être consacré à l’amélioration des locaux du collège, en particulier de la cantine en sous-sol. Et qui en hiver privera la place de soleil.

Et croit-on que les propriétaires des véhicules qui encombrent la place, dont certains sont des « voitures-ventouses » utiliseront tous un parking payant, habitués qu’ils sont à la gratuité sur la place ? Croit-on que le personnel féminin de l’hôpital aura envie de s’aventurer dans un sous-sol aux heures tardives qu’impose parfois leur planning ? Ce sera encore plus de voitures sur les trottoirs, encore moins de place pour les piétons, et encore plus de dangerosité.

Ce quartier vit sur des équilibres précaires. Il fallait du doigté, de la prudence pour agir sur ce paysage urbain. Certes, il peut changer, car il faut bien de nouveaux logements. Selon le diagnostic délivré par un organisme indépendant, la ville perd des habitants des catégories à revenu moyen. C’est pour eux qu’il faut construire, et pas seulement le long de la rue Jules Princet, dont nul n’ignore qu’il s’agit d’un axe de circulation intense. Ces ménages ont aussi le droit de choisir le sud. Or ce qui va se faire ici, c’est du logement pour les hauts revenus. Et pour lesquels une seule place de parking est prévue ! Et où mettront-ils leur deuxième voiture, je vous le demande ? Où viendront se garer leurs amis et invités ? En vérité, c’est pour cette clientèle-là qu’est construit ce parking, pour offrir un argument de plus au promoteur !

C’est tout un projet de ségrégation sociale qui est en route : au nord les pauvres, au centre les revenus moyens, au sud les riches, bien plus riches que nous ne le sommes aujourd’hui!

On comprend ainsi pourquoi on refuse absolument d’étudier une autre possibilité de rendre la place aux piétons. Certes, on ne savait pas, lorsque le projet de parking souterrain a été lancé, peu après les élections, que le terrain de la perception serait libéré, que la possibilité d’un parking en silo, à 3 niveaux permettrait de remplacer avantageusement les 42 places du parking actuel. Mais saisir cette opportunité bien mois coûteuse, faire preuve de souplesse intellectuelle et changer de cap, cela ne peut pas être envisagé par nos dirigeants ! Sont-ils psychorigides ou aveuglés par l’ivresse du pouvoir ? Ou la raison est-elle ailleurs ?

En vérité, je pense qu’ils n’ont jamais aimé ce que nous aimons, ce paysage fait d’un subtil mélange entre maisons individuelles et immeubles collectifs, où les jardins des premiers apportent la lumière qu’occultent les seconds. C’est cela Aulnay, c’est cela que les promoteurs vendent à leurs clients.

Avant de tout transformer en couloirs étroits et sombres entre deux parois de béton.

Au fait, qui avait fait campagne contre le bétonnage ?

En attendant, admirons nos tilleuls. C’est leur dernier automne.

Nos Actions, Place Abrioux

Lettre ouverte à M. Bruno BESCHIZZA, Maire d’Aulnay-sous-bois

Aulnay, le 20 juillet 2017 8

Monsieur le Maire,

Vous avez pour projet de « réhabiliter » l’ex place Camélinat que vous avez rebaptisée « Jean-Claude Abrioux » et la rendre aux piétons en y interdisant le stationnement des automobiles. C’est une bonne idée.

Vous voulez creuser sous la place pour y installer un parking souterrain. C’est une très mauvaise idée.

  • Cela perturbera l’écoulement d’une nappe phréatique très peu profonde dans cette partie de la commune et affectera toutes les constructions environnantes.

  • Cela entraînera la destruction des tilleuls qui ont encore devant eux plusieurs siècles d’espérance de vie, qui sont un des ornements de la place et une source de fraîcheur en période de chaleur.

  • Cela coûtera très cher : 5 millions d’Euros sur le budget de la commune.

Or vous le savez, le nouveau gouvernement va demander de nouveaux efforts financiers aux collectivités, 11 milliards d’euros sur les 50 milliards d’économies publiques prévues sur 2015-2017, sous la forme d’une baisse des concours financiers que leur verse l’État.

L’association des maires de France vient d’alarmer le gouvernement qui va leur imposer de faire des « arbitrages douloureux entre les services rendus aux populations, y compris les plus fragiles, et une diminution massive de leurs investissements. »

Nous vous prions instamment de faire le bon choix : renoncer à un investissement inutilement coûteux plutôt qu’aux services rendus à la population.

On peut renoncer au parking souterrain sans abandonner l’idée de libérer de la place.

  • Un investissement moins coûteux est possible : la transformation de l’ancienne perception de la Rue des Écoles en parking à trois niveaux, qui pourra contenir autant de véhicules, sinon plus, que la place. Ce parking peut être construit sans détruire une façade typique des années 30 et sans défigurer le quartier. Les architectes ont démontré qu’ils sont capables de reconstruire en conservant une façade.

  • Ce choix aurait l’immense avantage de faire entrer et sortir les véhicules loin du passage des enfants du collège et des écoles maternelles et élémentaires qui vont être installées dans l’ancienne annexe Barrault. Aménager les accès d’un parking souterrain en pleine zone de passage de centaines d’enfants est une aberration.

Choisir cette solution alternative aura donc de multiples avantages : elle contribuera à préserver l’équilibre financier de la commune et la sécurité de nos enfants.

Il faudrait saisir l’occasion de ces nouvelles contraintes budgétaires pour consulter la population du quartier, riverains et parents d’élèves, ce qui n’a jamais été fait, malgré la pétition que nous vous avons présentée. Les conseils de quartier doivent fonctionner comme une institution démocratique, et non plus comme une sorte de conférence de presse où les représentants de la municipalité sont seuls maîtres du débat, refusent le micro aux contradicteurs et tournent en ridicule les défenseurs d’un projet alternatif.

Ainsi vous pourrez faire de l’aménagement de la place J-C Abrioux une vitrine positive de votre mandature.