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Communiqué d’Aulnay Environnement sur l’abattage des arbres de la Croix Blanche

le 7 mars 2018

La note d’information (Services.mairie) du Directeur Général des Services d’Aulnay-sous-bois, M. Soumy, appelle plusieurs remarques :

1/ Nos communiqués sont rédigés dans un français compréhensible pour tous. Aucune phrase de celui du 26 février ne met en cause le professionnalisme et encore moins l’intégrité des agents des services techniques. Il y est dit : « Je ne doute pas qu’on pourra me fournir tous les documents justificatifs ». M. Soumy a donc mal lu, d’autant que le communiqué était accompagné d’une photo où l’on pouvait constater que les arbres étaient effectivement malades.

2/ Nous ne sommes pas responsables des commentaires postés ici ou là dont nous n’avons par ailleurs pas constaté l’existence dans les blogs.

3/ Nos « méthodes » ne sont ni irrespectueuses, ni insultantes, à la différence de certains élus qui n’ont que dérision pour les propositions d’une association qui compte plus de 160 adhérents, ce qui en fait la plus grosse association environnementale du 93. Or cette association représentative n’a jamais été informée de ces abattages, pas davantage que le Conseil de quartier.

4/ C’est précisément sur l’insuffisance de l’information que portait le communiqué, c’est assez clair. Déposer une lettre dans une boîte aux lettres des seuls riverains dans la semaine qui précède l’abattage ne suffit évidemment pas à nos yeux, surtout lorsqu’il s’agit d’une semaine de vacances scolaires, lorsque certains parents ou grands-parents sont susceptibles de vouloir soustraire quelques jours les enfants ou petits-enfants à l’air vicié de la banlieue parisienne.

5/ En effet, nous avons des rendez-vous assez réguliers avec les différents responsables des services techniques. C’est une raison de plus de s’étonner qu’aucun contact n’ait été pris à temps sur un sujet aussi sensible, au moment où nous mobilisons sur la question des arbres patrimoniaux de l’ex-place Camélinat, et où nos demandes de concertation ne rencontrent de la part des élus que silence, ou pire, commentaires ironiques. Est-ce là autre chose que du mépris ? Il faut comprendre que la coupe est pleine !

6/ J’ai pu rencontrer en effet l’équipe chargée de l’abattage ainsi que le responsable de l’entretien des arbres. Nous avons eu des conversations courtoises et très intéressantes. Mais cela n’a pas rendu caduc le communiqué, car il témoignait avant tout de l’émotion causée par cet abattage.

7/ C’est là le fond du problème. Les personnels des services techniques font leur métier du mieux qu’ils peuvent, et je les crois volontiers lorsqu’ils disent qu’ils n’abattent pas des arbres de gaîté de cœur. Comme eux, je sais qu’un arbre malade peut tuer. Encore une fois, ce n’est pas à eux que s’adressait ce communiqué, mais à nos élus. Ils doivent comprendre que les bouleversements engendrés par l’urbanisme brutal qu’ils mettent en œuvre représentent un véritable traumatisme pour la population du quartier, et qu’il est plus que temps de le prendre en compte. Les arbres peuvent tuer, mais ils sont aussi essentiels à notre qualité de vie. Or cela ne semble pas un instant effleurer l’esprit de nos élus.

8/ En veut-on la preuve par la démonstration a contrario ? Pourquoi ces arbres du terrain de la Croix Blanche ont-ils disparu du nouveau PLU en tant qu’arbres remarquables ? Pourquoi n’a-t-on pris aucune précaution lorsque ce terrain a été transformé en base technique pour les travaux de réfection des réseaux souterrains ? Pourquoi a-t-on laissé des monceaux de matériaux pesant plusieurs tonnes au pied de ces arbres, recouvrant et tassant la terre, asphyxiant peu à peu leur système racinaire et permettant le développement des maladies? Nous savons bien que la responsabilité de ces choix n’incombe pas aux services techniques. Il est temps qu’une politique volontariste de préservation de notre patrimoine arboré soit mise en place.

9/ Si l’on veut aller plus loin, le problème de fond, c’est celui de ce terrain de la Croix Blanche. Pourquoi démolit-on partout des pavillons patrimoniaux, alors que ce terrain est laissé en friche, avec tous les problèmes de salubrité publique que cela induit ? En conclusion des travaux d’un défunt Comité de pilotage, nous avons fait des propositions pour un aménagement équilibré, ménageant le patrimoine arboré et l’édification d’habitations en harmonie avec le quartier. Juste avant les précédentes élections, une vraie concertation avait été promise par le maire actuel. Depuis, pourquoi cette inertie ?

10 / Le communiqué disait : « L’élimination des chênes du terrain de la Croix Blanche a commencé. » M. Soumy répond : sur les 8 chênes, 3 seulement ont été abattus ! C’est peu en effet : à peine la moitié ! Les deux qui restent de l’alignement initial font piètre figure, et l’on ne donne pas cher de l’avenir des trois autres, collés à une habitation, également étouffés par les dépôts de matériel. Encore un peu de patience, et l’on pourra faire tout ce que l’on veut de ce terrain : il n’y aura plus d’arbres à préserver.

arbres

Abattage des Chênes Croix blanche

Aulnay, le 26 février 2018

L’élimination des chênes du terrain de la Croix Blanche a commencé. Retour de congé, je découvre dans ma boîte l’annonce que le champignon lignivore a encore frappé, et que les services techniques lui emboîtent le pas. Tôt ce matin, le quartier résonne du chant des tronçonneuses.

Aucune analyse scientifique n’est invoquée, mais je ne doute pas qu’on pourra me fournir tous les documents justificatifs dûment estampillés. Je tiens cependant à dire toute amertume à constater qu’à propos d’arbres magnifiques et patrimoniaux plus que centenaires, aucune concertation (au sens municipal, c’est-à-dire, où l’on vous réunit pour vous dire ce qui a été décidé) n’a été proposée à une association connue pour défendre les arbres, en lui communiquant les documents qui justifient cette action. C’est une fois de plus, l’éloquente démonstration du mépris dans lequel on tient les Aulnaysiens et leurs associations.

La mandature Beschizza, qui ne fait guère de distinction entre arbres malades et en bonne santé (voir place ex-Camélinat) sera sans aucun doute mémorable, non seulement par le massacre de notre paysage urbain, mais aussi par la plus grande hécatombe d’arbres patrimoniaux.

R-A Bougourd,

Président d’Aulnay Environnement

 

Etudes

Une proposition pour le terrain de croix blanche

En 2011, dans une réunion publique l’ancienne municipalité a présenté un projet pour des constructions sur le terrain dit « de la Croix Blanche ». Face à la réaction hostile des riverains, un « comité de pilotage » a été mis en place.

Dès 2012, un climat de pré-campagne municipale a rendu tout débat constructif impossible, et le comité de pilotage s’est séparé début 2014 sans que lui ait été communiqué de nouvelles propositions. Les projets rendus publics par la suite n’ont pas été mis en œuvre avant les nouvelles élections.

Ce que demandaient les riverains dans leur ensemble (voir les CR des réunions):

  • le maintien de la mairie annexe

  • la présence d’équipements collectifs, dont une salle de réunion

  • le rejet absolu d’une volumétrie qui ne soit pas en harmonie avec celle d’un quartier pavillonnaire

  • un nombre de logements inférieur aux préconisations de l’équipe municipale (34 à 52)

  • la préservation des chênes centenaires

  • l’étude de la faisabilité d’un bassin de rétention, le quartier étant particulièrement exposé aux inondations

Ce que l’on peut retirer des différentes réunions ( principalement celle du 24/04/2013):

  • quel que soit le projet retenu, l’équilibre financier ne peut être atteint, le projet évoqué de création de 8 à 10 pavillons nécessitant l’ouverture d’une nouvelle voie s’avérant sans doute le plus coûteux.

  • tout autre projet vient sur un point ou un autre, en contradiction avec le règlement du PLU de 2008-2009. Par exemple, en cas de logement collectif un consensus s’est dégagé pour la limitation à un seul niveau de sous-sol, soit une seule place par logement.

Ce que l’on peut envisager:

  • Le terrain de la Croix Blanche peut être l’occasion d’une opération visant à répondre à l’une des lacunes de l’offre de logement à Aulnay, le déficit en logements de type T1-T2, pour des jeunes en début de parcours résidentiel et pour des personnes âgées qui ne sont plus en mesure d’entretenir un pavillon. Cette offre répondrait en particulier au désir des jeunes et des seniors qui ne souhaitent pas quitter un quartier qu’ils apprécient.

  • Cette dimension sociétale pourrait seule justifier l’effort financier imposé à l’ensemble de la collectivité.

  • Ce genre de logement, partie locatif, partie en accession à la propriété, pourrait facilement s’adapter à la volumétrie du quartier, sous la forme de « maisons de ville » ou « habitat intermédiaire », avec des projets soumis à concours et présentés aux riverains.

  • Un bassin de rétention souterrain pourrait être aménagé sous les zones de stationnement

  • Il serait souhaitable de ne construire que le long de la rue de la Croix Blanche et dans la parcelle avenue Jean Jaurès: une grande partie de l’espace, aménagé en espace vert restant collectif, ce qui serait la seule garantie sérieuse que les chênes soient préservés et maintiendrait les capacités d’absorption des eaux pluviales.

  • Sur cet espace collectif, pourraient être prévus des « jardins partagés ».

  • On peut insister sur le caractère intergénérationnel du projet en proposant aux habitants une charte d’entraide intergénérationnelle, d’autant plus qu’une association d’entraide et de formation permanente a son siège dans cet îlot et qu’une salle de réunion serait présente.

Ce projet devrait ainsi apparaître comme un projet « pilote » dont la commune pourrait à juste titre s’enorgueillir.

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